Jacques Poitou
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180 termes français perçus plus ou moins comme "latins"


voirAccès direct à la liste des termes

A a contrario | a fortiori | alinéa | a minima | aparté | a posteriori | a priori | ab ovo | ad gloriam | ad hoc | ad hominem | ad libitum | ad nauseam | ad patres | ad personam | ad vitam æternam | addenda | agenda | album | aléa | alias | alibi | alter ego | aqua simplex | aquarium | argus | auditorium
B bis | bonus
C campus | casus belli | ceteris paribus | confer | consensus | consortium | continuum | credo | curriculum vitæ | cursus
D de facto | de jure | de visu | decorum | de profundis | desiderata | détritus | deux ex machina | dixit | duo | duplex | duplicata |
E ego | errata | et alii | et cetera | ex abrupto | ex æquo | ex cathedra | ex nihilo | exit
F facsimilé | factotum | forceps | forum
G gratis | grosso modo
H hiatus | hic | hic et nunc | homo | honoris causa
I ibidem | id est | idem | illico | in absentia | in abstracto | in extenso | in extremis | in fine | in folio | in memoriam | inpromptu | in situ | in vitro | in vivo | incognito | index | infra | intérim | intra muros | ipso facto
L laïus | lapsus | lavabo | libido | loco citato
M magnum | manu militari | maximum | mea culpa | média | mémento | mémorandum | minimum | minus | modus operandi | modus vivendi | mordicus | motus | muséum | mutatis mutandis
N nec plus ultra | nolens volens | nota bene | numerus clausus
O olibrius | omnibus | opéra | opere citato | optimum
P palmarès | passim | pater familias | pax romana | peccata | pedibus | pensum | per capita | persona grata | placébo | plénum | podium | post mortem | post-scriptum | primus inter pares | pro domo | pro forma | pro patria | processus | prospectus
Q quasi | quid | quiproquo | quidam | quitus | quorum | quota
R rasibus | récépissé | recto | référendum | rictus
S sanatorium | satisfecit | sénior | sq. | sic | sine die | sine qua non | statuquo | stricto sensu | sui generis | summum | supra
T tabula rasa | terminus | terra incognita
U / V vadémécum | ultimatum | ultra | urbi et orbi | verso | véto | via | vice-versa | vidéo | villa | visa | vulgum pecus

Un certain nombre de termes utilisés en français – mots seuls ou expressions constituées de plusieurs mots – sont perçus comme étant directement empruntés au latin. Il ne s'agit pas de "mots latins" ou d'"expressions latines" à proprement parler, contrairement à une idée reçue, véhiculée dans différents ouvrages disponibles sur le marché : ce sont des éléments de l'inventaire lexical français comme beaucoup d'autres, qu'ils soient d'origine latine ou non. Les dictionnaires du français les recensent avec les autres unités lexicales. Simplement, ces termes ont subi moins de transformations que la plupart des autres termes français, très nombreux, issus du latin.

Ces termes ont tous des histoires différentes. Certains apparaissent comme des scories de l'usage ancien du latin par un monde lettré, d'autres constituent une réappropriation tardive de termes qui étaient sortis de l'usage pendant des siècles, d'autres encore ont été adoptés d'abord dans une autre langue européenne (anglais, allemand, italien) avant d'être intégrés en français. Voir notamment Compère & Chervel (1997) sur l'usage du latin en liaison avec les "humanités".

Ces termes français à aspect latin se distinguent des citations d'œuvres anciennes en latin (aurea mediocritas [Horace]), des proverbes en latin (in vino veritas), des devises ou formules en latin (fluctuat nec mergitur, requiescat in pace) ou des termes concernant spécifiquement l'histoire romaine (ab urbe condita, panem et circenses), qui tous relèvent aussi peu du lexique français que des citations dans d'autres langues (to be or not to be). – Ils constituent l'essentiel des célèbres pages roses du Petit Larousse. Pierre Larousse (1874) les avait d'ailleurs collectées dans un ouvrage spécifique – Fleurs latines des dames et des gens du monde – où figurent aussi quelques expressions françaises à aspect latin.

voirPages roses

La perception de ces termes comme directement empruntés au latin peut être due à l'une ou l'autre de leurs propriétés :

– la  finale -us, -a ou -um, désinences caractéristiques des trois genres des premières déclinaisons (modèles dominus, rosa et templum), prononcées rspectivement [ys], [a] et [ɔm] ;
– l'absence d'accent aigu sur la voyelle <e>, notamment à la finale, prononcée [e], ou d'accent grave sur [a] isolé et perçu comme une préposition – et les hésitations à ce sujet ;
– les hésitations sur leur forme de pluriel (les média ou les médias ?) ou, pour les expressions constituées originellement de plusieurs mots, sur l'écriture en un mot ou plusieurs ;
– le fait que les mots qui figurent dans ces expressions ne sont pas employés autrement, etc.

Ces propriétés ne sont pas en soi des critères de latinité, mais de simples indices d'une possible origine latine. Tous les termes ayant l'une ou l'autre de ces propriétés ne sont pas d'origine latine (blocus, d'origine germanique), et certains mots d'origine latine ne sont pas perçus comme spécifiquement "latins" même s'ils n'ont pas subi d'altération importante de leur forme (animal, tribunal).

Cette perception de latinité varie selon la fréquence d'emploi des termes (plus un terme est fréquent, moins il tend à être considéré comme "latin"). Elle est aussi variable d'un locuteur à un autre : elle est certainement conditionnée par la connaissance qu'un locuteur a du latin – ou par les souvenirs qu'il conserve d'une fréquentation ancienne du latin au collège ou au lycée. Et de toute façon, elle a tendance à s'effacer au fur et à mesure que ces termes sont adaptés aux systèmes du français.

En typographie traditionnelle, les expressions perçues comme "étrangères" doivent être écrites en italiques. Particularité d'autant moins utilisée que les termes en question ne sont plus perçus comme "étrangers". D'où des flottements dans l'usage, au moins pour certains termes.

Mais ces termes à aspect plus ou moins latin se distinguent tous plus ou moins des termes latins dont ils sont issus, et ce sur différents plans :

Différences avec les termes latins correspondants

Forme graphique

L'alphabet latin classique ne connaissait ni <J> ni <U>. Aux <I> et <V> du latin correspondent en français respectivement <I> et <J>, <U> et <V>, distinctions introduites au XVIe siècle. Dans les éditions scientifiques des textes latins, il est actuellement d'usage d'employer <i> et <u> en minuscules, <I> et <V> en majuscules, mais rappelons que la distinction minuscules~majuscules était inexistante à l'époque du latin classique. Par ailleurs, les diphtongues [ae] et [oe] n'étaient pas représentées par les ligatures <æ> et <œ>, introduites suite à leur monophtongaison dans la prononciation du latin au Moyen Age.

voirEcriture du latin
voirEcriture latine : genèse et évolutions

A cela s'ajoute, pour les termes de deux mots (ou plus), trois réalisations possibles : en deux mots séparés par un espace, en deux mots joints par un trait d'union ou en un seul mot. La réalisation en plusieurs mots correspond à l'état originel… à ceci près que l'espace entre les mots ne s'est généralisé dans l'écriture des textes latins que bien après l'époque classique.

Forme phonique

Tous ces termes sont prononcés "à la française", c'est-à-dire à peu près comme le français, avec seulement quelques particularités : traitement des consonnes, toujours prononcées alors qu'en français standard, certaines sont muettes, la finale <um> prononcée [ɔm] (comme dans rhum… qui n'est pas d'origine latine), etc. Cette prononciation "à la française" est distincte de la prononciation à l'allemande ou à l'italienne (cette dernière utilisée par l'église catholique) et surtout, elle diffère sensiblement de la prononciation du latin classique telle qu'on peut la restituer et qui est pratiquée au lycée à partir de 1960 (aux questions d'accent et de quantité des voyelles près).

voirPrononciation du latin

Marouzeau (1943 : 29-30), qui œuvra au XXe siècle pour l'utilisation de la prononciation restituée dans l'enseignement, donne l'exemple suivant des différentes prononciations du nom de l'écrivain latin Marcus Tullius Cicero, prononcé [ki.ke.ʁo] : "Kikéro nous paraît drôle ? Que dire alors de Cicéron (si c'est rond) ? Et de Tchitchéro des Italiens, qui fait penser à Tchitchérine* ? et du Tsitséro des Allemands, qui fait penser à "tsé-tsé" ? Au reste, tant mieux si Kikéro est drôle, c'est bien ce qu'a voulu le malicieux inventeur de ce surnom (fabriqué d'après cicer = le pois chiche, pour qualifier quelqu'un que marque une verrue malencontreuse)." On peut ajouter cette plaisanterie de potaches : Cicéron, c'est pas carré

* Tchitchérine (Georgij Vasil'evič Čičerin), diplomate soviétique, fut commissaire du peuple aux Affaires étrangères de 1918 à 1930.

Forme morphologique

Ces mots ou expressions ne sont plus fléchis – ni déclinés ni conjugués – comme en latin. Substantifs et adjectifs ont une forme unique au singulier, et leur pluriel se forme, quand il n'est pas identique au singulier, le plus souvent en -s (on ne dit pas des alba, mais des albums…). L'emploi d'un pluriel latin relève soit d'un archaïsme, soit de pédantisme, soit de dérision (voir plus bas les citations d'Alphonse Allais à propos de aquarium, modus videndi et sanatorium.)

Forme syntaxique et valeur sémantique

Sur ce plan aussi, les changements sont nombreux, mais variables d'un terme à l'autre : changements de catégorie morphosyntaxique, changements sémantiques. Voir le détail pour chaque terme.

Bilan

Les changements qui affectent les termes issus du latin sont un processus prolongé. Entre ceux qui sont entièrement intégrés, dont l'origine latine, bien que réelle, n'est plus perçue (comme doigt < digitus), il y a un continuum, et une coupure nette entre termes intégrés et non intégrés est d'autant plus impossible qu'elle dépend des compétences linguistiques des locuteurs. C'est une difficulté évidente dans l'établissement d'un inventaire.

Certains de ces termes ont un synonyme sans aspect latin (ex. : de facto / de fait, de jure / de droit) et font donc double emploi avec eux, d'autres non (ex. : curriculum vitæ, facsimilé). Dans le cas de synonymes, le terme à aspect latin relève souvent d'une langue de spécialité ou d'une langue savante.

– Sur la question de la synonymie, voir (par exemple) Poitou (2008), en allemand…

Langue commune et langues de spécialités

Nombre de ces termes relèvent de langues de spécialités. Ils témoignent de l'usage séculaire du latin dans certaines sphères sociales, et tout particulièrement en liaison avec quatre domaines : la médecine, la biologie (et spécialement la botanique), le droit et la religion catholique.

Aussi bien en médecine qu'en droit, il s'agit de termes anciens, et l'ensemble des termes à aspect latin ne semble guère susceptible d'extension. En botanique et plus généralement en biologie, les noms scientifiques des espèces nouvellement découvertes doivent toujours être données en latin, même si la description des végétaux peut, depuis 2011, être rédigée en anglais. Dans les institutions catholiques, le latin étant toujours langue officielle au Vatican, des néologismes ont été créés pour désigner les choses de la vie moderne qui n'existaient pas à l'époque romaine (salon de thé, ordinateur, etc.). Mais leur usage ne dépasse pas le cercle restreint de la hiérarchie catholique.

Les frontières entre langues de spécialités et langue commune ne sont pas imperméables : un certain nombre de termes issus de l'une ou l'autre de ces spécialités passent dans la langue commune, selon leur influence dans la vie courante. Voir par exemple certains termes employés par l'église catholique, qui a longtemps imprégné la société française (mea culpa), ou bien des termes – nombreux – de botanique (géranium).


180 termes français perçus plus ou moins comme latins

Seuls figurent dans la liste ci-dessous des termes en usage dans la langue commune. Mais vu le continuum entre langue commune et langues de spécialités et le continuum du processus de francisation, le choix de ces termes comporte une part inévitable de subjectivité.

Pour chaque terme, mentionné sous sa forme latine, sont indiquées des précisions sur la valeur de ces termes en latin et en français d'aujourd'hui : pour le français, graphies (avec variantes usuelles) si nécessaire et prononciation, date de la première attestation recensée dans le lexique français ou de la première entrée dans un dictionnaire, valeurs sémantiques, exemples ou citations (parfois décalées…). Les termes marqués d'un astérisque n'existent pas en latin. Les précisions apportées sont issues des dictionnaires de référence mentionnés dans la bibliographie : surtout Freund, Littré et le TLFi, mais aussi, ponctuellement, Gaffiot et Rey (ce dernier pour la date d'intégration). En ce qui concerne les sens de ces termes, ne sont mentionnés que les plus importants ou les plus significatifs du point de vue de leur évolution. Les définitions reprises telles quelles de l'un ou l'autre de ces ouvrages sont placées entre guillemets.

    latin     français
a contrario préposition a(b) indiquant la provenance et régissant l'ablatif + adjectif substantivé contrarius (= opposé) < contra  ; Freund mentionne ex contrario, mais pas a contrario, plus tardif. a contrario / à contrario, [a.kɔ̃.tʁa.rjo] ; = inversement (à partir d'hypothèses opposées, un même raisonnement aboutit à des résultats opposés)
a fortiori préposition a(b) indiquant la provenance et régissant l'ablatif + fortior, comparatif de l'adjectif fortis (= fort), désinence -i au lieu de -e (ablatif)
a fortiori / à fortiori, [a.fɔʁˑsjɔ.ʁi] ; = à plus forte raison ("terme de logique emprunté au latin. D'après un rapport du plus au moins" [Littré])
a linea préposition a(b) indiquant la provenance et régissant l'ablatif + linea, substantif féminin (= fil, cordon > ligne d'écriture que l'on trace au calame)
alinéa, [a.li.ne.a], substantif masculin, pl. -s ; XVIIe siècle ;  = "ligne nouvelle dont le premier mot rentre sur les autres lignes" [Littré], "en dictant, on disait autrefois alinéa pour indiquer qu'il faut quitter la ligne pour en commencer une autre" [Littré] > paragraphe (délimité par deux alinéas)
a minima < a minima poena = à partir de la plus petite peine
a minima / à minima, [a.mi.ni.ma] ; = réduit au minimum (alors qu'on attendait plus, qu'on aurait souhaité plus), minimal < "appel à minimâ, appel que le ministère public interjette, quand il croit que la peine appliquée est trop faible" [Littré]
– exemple : un accord a minima
a parte préposition a(b) indiquant la provenance et régissant l'ablatif + substantif féminin pars ; a parte sua (latin classique : pro parte sua, mentionné par Freund) = pour sa part
aparté [a.paʁ.te] (a parte attesté au XXe siècle chez Proust), substantif masculin, pl. -s ; peut-être emprunt à l'italien, XVIIIe siècle ; = "ce qu'un Acteur dit, de manière à être entendu des Spectateurs, mais qu'on suppose n'être pas entendu des autres Acteurs" [Académie, 4e édition, 1762] > "conversation particulière entre quelques personnes, à l'écart des autres, et qui ne doit pas être entendue" [TLFi] (XIXe siècle) ; également, mais rare, locution adverbiale ("Ce vers doit être dit aparté" [Littré])
a posteriori préposition a(b) indiquant la provenance et régissant l'ablatif + posterior, comparatif de l'adjectif posterus (= qui vient après), désinence -i au lieu de -e (ablatif)
a posteriori / à postériori, [a.pɔs.te.ʁjɔˑʁi] ; = après examen
a priori préposition a(b) indiquant la provenance et régissant l'ablatif + prior, comparatif de l'adjectif primus (= qui est premier, avant autre chose), désinence -i au lieu de -e (ablatif)
a priori / à priori, [a.pri.jɔ.ʁi] ; XVIIe siècle ; = au premier abord, avant examen > avec préjugé ; > apriori, substantif masculin ; = jugement à priori
ab ouo prépsoition a(b) indiquant la provenance et régissant l'ablatif + substantif neutre ouum (= œuf)
ab ovo, [a.bo.vo] ; création savante ou résurgence d'une expression employée par Horace ; XVIIe siècle ; = dès le début, dès l'origine
ad gloriam préposition ad indiquant la direction et régissant l'accusatif + substantif féminin gloria (= gloire) [ad.ɡlɔ.ʁjam] ; = pour la gloire
ad hoc préposition ad indiquant la direction et régissant l'accusatif + pronom démonstratif hic au neutre ; = pour cela
[a.dɔk] ; XVIIIe siècle ; = adapté à une fonction ou un usage donné (et éventuellement pas à un autre)
– exemples : un argument ad hoc, un comité ad hoc
– "Il s'agissait, j'aurais dû commencer par là, de la création d'une garnison et de la construction, naturellement, d'une caserne ad hoc." (Allais 1989 : 701)
ad hominem préposition ad indiquant la direction et régissant l'accusatif + substantif masculin homo (= homme) [a.dɔ.mi.nɛm] ; XVIIe siècle ; = (argument) adapté à l'interlocuteur ("cet argument consiste à retourner contre l'adversaire, en vue de le confondre, ses propres actes et ses propres paroles" [TLFi]), souvent confondu avec ad personam
ad libitum préposition ad indiquant la direction et régissant l'accusatif + participe parfait substantivé au neutre < libere (= il plaît [de])
[ad.li.bi.tɔm] ; expression moderne selon TLFi, XVIIIe siècle ; = comme on veut (à volonté, au choix)
– "ces événements se déroulent par une torride après-midi de juillet, à Montpaillard, de nos jours, dans une luxueuse villa donnant sur un vaste jardin ou un pas très grand parc, ad libitum." (Allais 1990 : 424)
ad nauseam préposition ad indiquant la direction et régissant l'accusatif  + substantif féminin nausea (= nausée)
[ad.no.ze.am] ; = jusqu'au dégoût, jusqu'à en dégoûter quelqu'un (public, interlocuteur…)
ad patres préposition ad indiquant la direction et régissant l'accusatif + substantif masculin pater (= père) au pluriel (= ancêtres)
[ad.pa.tʁɛs] ; XVIIe siècle ; aller ad patres = mourir, envoyer ad patres = tuer
ad personam préposition ad indiquant la direction et régissant l'accusatif + substantif féminin persona (= masque de l'acteur > personnage) [ad.pɛʁ.sɔ.nam] ; = (attaque) contre la personnalité de quelqu'un
ad uitam aeternam préposition ad indiquant la direction et régissant l'accusatif + substantif féminin uita (= vie) + adjectif aeternus (= éternel) ad vitam æternam,  [ad.vi.ta.me.tɛʁ.nam] ; = pour toujours ; < expression figurant dans le texte de confession des catholiques, Confiteor (v. aussi mea culpa) : "Misereatur nostri ominipotens Deus, et dimissis peccatis nostris, perducat nos ad vitam æternam." (Que Dieu tout-puissant nous fasse miséricorde, et qu'après nous avoir pardonné nos péchés, il nous conduise à la vie éternelle. [Petit Paroissien : VI])
addenda adjectif verbal à valeur d'obligation, substantivé au neutre pluriel < addere (= faire) ; = ajouter
[a.dẽ.da] ; substantif masculin, pl. identique au sing. ; XVIIIe siècle ; = liste des ajouts à la fin d'un livre
agenda adjectif verbal à valeur d'obligation, substantivé au neutre pluriel < agere (= faire) ; = les choses qui doivent être faites
[a.ʒẽ.da] ; substantif masculin, pl. -s ; XVIe siècle ; = "petit livret destiné à noter les choses qu'on doit faire." [Littré], "petit carnet, réservant chaque page à un ou plusieurs jours de l'année dans l'ordre du calendrier pour inscrire ce que l'on a à faire ou ce qu'on a fait, et qui comprend éventuellement un répertoire d'adresses et divers renseignements pratiques." [TLFi] > ordre du jour, programme
album substantif neutre, pl. alba < adjectif albus (= blanc) ; = blanc (substantif) > tableau blanc recouvert d'une couche de plâtre sur lequel on inscrit quelque chose
[al.bɔm], substantif masculin, pl. -s ; emprunt à l'allemand, XVIIe siècle ; = "livre sur lequel les voyageurs consignent leurs observations. cahier sur lequel on prie d'inscrire quelques lignes de prose, quelques vers, un dessin." [Littré] > "livre où prédominent les illustrations" [TLFi]
alea substantif féminin, pl. aleae ; = jeu de dés, de hasard > hasard, risque
aléa, [a.le.a], substantif masculin, pl. -s (employé généralement au pluriel) ; XIXe siècle ;  = "risque, inconvénient que l'on envisage sans pouvoir l'imaginer avec précision ou le situer avec exactitude dans le temps" [TLFi] < "terme de banque. La chance de gain ou de perte courue dans une entreprise ou une spéculation." [Littré]
– exemple. : les aléas de la vie
alias adverbe < accusatif féminin pluriel de l'adjectif alius ; = à un autre moment, dans un autre lieu, d'une autre manière
[a.ljas] ; XVe siècle ; (suivi d'un nom propre) = appelé autrement > substantif alias = petit fichier pointant vers un autre fichier, raccourci (sur Mac)
– exemple : Georges Remi, alias Hergé
alibi adverbe ;  = ailleurs
[a.li.bi], substantif, pl. en -s ; XIVe siècle ; "présence d'une personne dans un autre lieu que celui où a été accompli le crime ou le délit dont on l'accuse" [Littré] "moyen de défense d'une personne invoquant le fait qu'elle s'est trouvée ailleurs que sur le lieu d'un crime ou d'un délit au moment où celui-ci a été commis. Excuse, justification (d'une conduite jugée répréhensible ou inhabituelle, etc.) [TLFi]
alter ego adjectif alter (= autre) + pronom personnel ego (= moi) [al.tɛ.ʁe.ɡo] ; XIXe ; = "personne à laquelle un particulier accorde sa confiance et qu'il charge d'agir en son nom" [TLFi], âme sœur
aqua simplex aqua, substantif féminin (= eau) ; simplex, adjectif (= non composé)
[a.kwa.sɛ̃.plɛks] ; = eau du robinet ou d'une pompe (cf. château-la-pompe)
aquarium substantif neutre ; = réservoir ; < adjectif aquarius au neutre singulier (= relatif à l'eau)
[a.kwa.ʁjɔm], pl. en -s ; = "petit réservoir ou vase même vase dans lequel on entretient des plantes ou des animaux d'eau douce ou de mer" [Littré]
– "Au pluriel, n'en déplaise à certains messieurs, je n'hésite pas à écrire "sanatoriums", et mon attitude, à cet égard, ne changera qu'au jour improbable où, généralisant leur pédanterie, certains messieurs diront des "aquaria", des "harmonia", etc." (Allais 1990 : 1126)
Argus nom propre ; = personnage mythologique qui avait, selon une légende, un grand nombre d'yeux
[aʁ.ɡys] ; substantif masculin ; XXe siècle ; = "publication fournissant des renseignements spécialisés et à qui rien n'est censé échapper dans son domaine" [TLFi]
– exemple : l'argus de l'automobile
auditorium substantif neutre, pl. auditoria < auditorius (= relatif à l'audition ou à l'écoute) = "lieu où l'on écoute quelque chose" [Freund]
[o.di.tɔ.ʁjɔm], substantif masculin, pl. -s ; XIXe siècle ; = "salle spécialement aménagée pour les auditions d'œuvres (musicales ou théâtrales), les émissions (radiophoniques ou télévisées), les enregistrements" [TLFi]
bis adverbe ; = deux fois, doublement [bis] ; XVIIe siècle ; adverbe = répété une seconde fois (ex : numéro 47bis) ; interjection à valeur injonctive = "une seconde fois, c'est-à-dire recommencez, répétez ce qui vient d'être dit ou chanté" [Littré]
bonus adjectif bonus au masculin singulier
[bɔ.nys], substantif masculin ; emprunt à l'anglais, XXe siècle ; = "rémunération supplémentaire représentant une participation aux bénéfices de l'entreprise et récompensant certains mérites, services, etc." [TLFi], "réduction du montant d'une police d'assurance automobile, obtenue notamment par l'absence de sinistre au cours d'une période déterminée" [TLFi] (N.B. Dans un cas, un bonus est une addition, dans l'autre une soustraction, mais dans les deux cas, l'effet bénéfique pour le porte-monnaie est le même…)
campus substantif masculin, pl. campi ; = plaine, campagne
[kɑ̃.pys], substantif masculin, pl. identique au sing. ; emprunt à l'anglais, XXe siècle ; = "ensemble de bâtiments édifiés sur de vastes espaces verts et comprenant locaux d'enseignements, restaurants et résidences universitaires" [TLFi]
casus belli substantif masculin casus, pl. casus (= cas, occasion) + substantif neutre bellum (= guerre) au génitif
[ka.zys.bɛl.li], substantif masculin, pl. identique au sing. ; XVIIe siècle ; = acte susceptible d'entraîner le déclenchement d'une guerre (au sens propre) ou une réaction hostile (sans que ce soit une action armée)
ceteris paribus expression à l'ablatif de l'adjectif substantivé au neutre pluriel cetera (= les autres choses) + adjectif pares (= semblable) [se.te.ʁis.pa.ʁi.bys] ; = toutes choses égales par ailleurs
confer verbe conferre à l'impératif 2e sing. ; = diriger vers
[cɔ̃.fɛʁ], généralement abrégé cf. ; = "comparez, reportez-vous à" [TLFi]
consensus substantif masculin < participe parfait du verbe consentire (= être d'accord) ; = accord
[kɔ̃.sẽ.sys], substantif masculin, pl. identique au sing. ; XIXe siècle ; = accord entre plusieurs personnes sur une question particulière
consortium substantif neutre, pl. consortia < adjectif consors (= qui partage quelque chose avec quelqu'un) < cum (= avec) + sors (= sort) ; = communauté de biens
[kɔ̃.sɔʁ.sjɔm], substantif masculin, pl. -s ; emprunt à l'anglais ou à l'allemand, XXe ; = groupement d'entreprises juridiquement indépendantes
continuum adjectif continuus (= continu) au neutre singulier [kɔ̃.ti.nɥɔm], substantif masculin ; XXe siècle ; = suite continue d'éléments dont deux éléments contigus ont des propriétés communes (terme utilisé dans différentes spécialités)
credo verbe credire à l'indicatif présent 1ère sing. = croire quelque chose < croire quelqu'un < se fier à quelqu'un < confier à quelqu'un < donner en prêt, (langue commerciale, cf. crédit) [kʁe.do], substantif masculin ; XVIIIe siècle ; = "principes que l'on estime essentiels (en littérature, en politique) et sur lesquels on fonde son opinion ou règle sa conduite" [TLFi] ; < profession de foi des catholiques : "Credo in unum Deum, Patrem omnipotentem, factorem cœli et terræ, visibilium omnium, et invisibilium." (Je crois en un seul Dieu, Père tout-puissant, qui a fait le ciel et la terre, et toutes les choses visibles et invisibles. [Petit Paroissien : 6])
curriculum uitae substantif neutre curriculum, pl. curricula (= course, carrière, < currere = courir) + substantif uita = vie au génitif
curriculum vitæ, [ky.ʁi.ky.lɔm.vi.te], substantif masculin, généralement abrégé CV et oralisé [se.ve] ; XXe siècle ; = "ensemble des indications concernant l'état civil, les diplômes et l'expérience professionnelle d'un candidat" [TLFi]
cursus substantif masculin ; = action de courir (< verbe currere) > mouvement, cours, direction [kyʁ.sys], substantif masculin, pl. identique au sing. ; XXe siècle ; = suite d'enseignements et de diplômes dans une filière d'enseignement supérieur
de facto préposition de indiquant l'origine et régissant l'ablatif + factum (= fait) < participe du verbe facere (= faire) au neutre
[de.fak.to] ; = de fait
de iure préposition de indiquant l'origine et régissant l'ablatif + substantif neutre ius (= droit) de jure, [de.ʒy.ʁe] ;  = de droit
de profundis préposition de indiquant le détachement et régissant l'ablatif + adjectif substantivé au neutre profundus (= profond) [de.pʁo.fɔ̃.dis], mot-phrase et substantif masculin ; = "deuil, expression verbale de deuil, de tristesse à la suite d'un décès" [TLFi] ; < psaume CXXIX utilisé par les catholiques pour l'office des morts : "De profundis clamavi ad te, Domine" (Seigneur, je m'écrie vers vous du profond abyme où je suis [Petit Paroissien : 37])
– exemple : titre d'une célèbre chanson paillarde, De profundis morpionibus, dont l'origine est un poème attribué à Théophile Gautier (1811-1872) : La mort, l'apparition et les obsèques du capitaine Morpion ; morpionibus < français morpion + finale d'ablatif pluriel -ibus.
de uisu préposition de indiquant l'origine et régissant l'ablatif + visus (= action de regarder, vue) < verbe videre (= voir) de visu, [de.vi.zy] ; XVIIIe siècle ; = pour l'avoir vu, après l'avoir vu
decorum adjectif decorus substantivé au neutre ; = ce qui convient décorum, [de.kɔ.ʁɔm] ; XVIe siècle ; = "ensemble des règles de bienséance qu'il convient d'observer dans une bonne société ou dans certaines circonstances" [TLFi]
desiderata participe parfait substantivé au neutre pluriel de desiderare (= désirer) désidérata / desiderata / désidératas, [de.zi.de.ʁa.ta], substantif pluriel ; XVIIIe siècle ; = choses désirées
detritus participe parfait de deterere (= user, broyer)
détritus [de.tʁi.tys] > [de.tʁi.ty] (cette seconde prononciation, de plus en plus courante, est encore parfois présentée comme "moins bonne" selon TLFi), employé souvent au pluriel (identique au singulier) ; XVIIIe siècle = "résidu, amas des débris d'une substance ou d'un corps quelconque défait, désorganisé" [Littré] > déchets
– "Une ville sans concierges, ça n’a pas d’histoire, pas de goût, c’est insipide, telle une soupe sans poivre ni sel, une ratatouille informe. Oh ! savoureuses raclures ! Détritus, bavures à suinter de l’alcôve, de la cuisine, des mansardes, à dégouliner en cascades par chez la concierge, en plein dans la vie, quel savoureux enfer !" (Céline 1981 : 211)
deux ex machina substantif masculin deus (= dieu) + préposition ex exprimant la sortie + substantif féminin machina (= machine) à l'ablatif [de.ys.ɛks.ma.ki.na] ; = personne ou événement inattendu grâce auquel une situation délicate peut connaître un heureux dénouement < terme issu du théâtre antique où une machine faisait apparaître une divinité qui apportait subitement un dénouement à l'intrigue
dixit verbe dicere à l'indicatif parfait 3e sing. ; = il a dit
[dik.sit] ; = a dit (suivi du nom d'une personne)
– "Monsieur le Président, / […] aujoud'hui je reçois, imprimée, votre allocution de Noël aux Français ! admirable ! Je suis ému. Quels termes ! "– Que nous soyons calmes, justes et courageux…" (Bidault dixit)." (Lettre à Georges Bidault, président du Conseil, 2 janvier 1950 – Céline 2009 : 1269)
duo adjectif numéral au singulier ; = deux
[dy.o], substantif maculin, pl. -s ; emprunt à l'italien, XVIIIe siècle ; = "morceau de musique fait pour être chanté par deux voix ou exécuté par deux instruments." [Littré] > "ensemble de deux êtres ou de deux choses étroitement lié(e)s" [TLFi]
– exemple : (sur un menu) duo de fromages
duplex adjectif ; = double
[dy.plɛks], substantif masculin, XIXe siècle ; = "procédé permettant qu'un programme [télévisé] soit émis simultanément à partir de deux stations différente" [TLFi], "appartement qui s'étend sur deux étages réunis par un escalier intérieur" [TLFi]
– exemple : une émission télévisée en duplex
duplicata participe parfait au féminin singulier < duplicare (= multiplier par deux) ; duplicata [littera] = copie (latin médiéval) [TLFi]
[dy.pli.ka.ta], susbtantif masculin, pl. -s ; XVIe siècle ; "double d'un acte, d'une quittance, d'une dépâche." [Littré]
ego pronom personnel de la 1ère personne au nominatif ego / égo, [e.ɡo], substantif, pl. -s ou identique au singulier ; XIXe siècle ; = moi, en tant que personne, personnalité ou représentation que l'on a de soi
– exemple : un ego surdimensioné
errata (et corrigenda) participe parfait substantivé au neutre pluriel < errare (= errer > se tromper) + adjectif verbal à valeur d'obligation, substantivé au neutre pluriel < corrigere (= corriger) ; = choses erronées et à corriger
[e.ra.ta.ɛt.kɔ.ʁi.ʒɛ̃.da], substantif masculin, pl. identique au sing. ; = "liste des fautes reconnues dans l'impression d'un livre et signalées sur les dernières pages imprimées" [Littré] et des corrections à apporter
et alii conjonction de coordination + adjectif substantivé alius (= autre) au masculin pluriel = d'autres personnes
[ɛ.ta.li.i], souvent abrégé et al. pour la mention d'auteurs d'une œuvre (utilisé dans les références bibliographiques) ; = et d'autres personnes
– exemple : Dupont, Durand et al.
et cetera conjonction de coordination + adjectif substantivé ceterus au neutre pluriel ; = et d'autres choses
et cœtera / et cætera / et cetera, généralement abrégé (au terme d'une énumération) etc. (anciennement &c) et précédé d'une virgule,  autre graphie (familière) : tsétéra (utilisée notamment par Céline), [et.se.te.ʁa] / [ek.se.te.ʁa] ; parfois répété (etc. etc.), parfois suivi d'un point de suspension (même si les "bons ouvrages" prohibent ces deux façons de faire) ; = et autres (vaut aussi pour les personnes, à la différence du latin)
– "Il y avait là [suit une énumération de divers combustibles]. / (Le mot et cœtera me paraît bien pâle pour donner une idée du reste, mais, me trouvant en ce moment à la campagne, je n'en ai point d'autre à ma disposition.)" (Allais 1989 : 425)
– "Ce miracle [de la multiplication des livres] a lieu, le plus tranquillement du monde, à la "foire d'empoigne", ou avec quelques façons, par les cabinets de lecture, etc... etc..." (Céline 1983 : 10)
ex abrupto préposition ex (= hors de) et régissant l'ablatif + adjectif substantivé abruptum (= escarpement) < participe parfait abruptus de abrumpere (= détacher brusquement) [ɛk.sa.bʁyp.to] ; XVIIIe siècle ; = brusquement, sans préparation
ex aequo préposition ex (= hors de) et régissant l'ablatif = adjectif aequus (= égal) ex æquo, [eg.ze.ko] ; XIXe siècle = à égalité (< "peut-être utilisée dans les collèges aux distributions des prix proclamés autrefois en latin" [TLFi]) ;
– exemple : premiers ex æquo
ex cathedra préposition ex (= hors de) et régissant l'ablatif + substantif féminin cathedra (= siège, chaire d'un professeur, siège épiscopal) [ɛks.ka.te.dʁa] ; XVIIe siècle ; = sur un ton professoral, dogmatique ; "Cette locution, par allusion sans doute à la chaire des prédicateurs et des professeurs qui parlent avec autorité en dominant leur auditoire, s'emploie le plus souvent par ironie, à propos de l'homme qui parle d'un ton dogmatique et tranchant, avec morgue et pédantisme : Les demi-savants parlent toujours ". (Larousse 1886 : 77)
ex nihilo préposition ex (= hors de) et régissant l'ablatif + nihil (= rien)
[ɛks.ni.i.lo] ; = à partir de rien
exit verbe exire à l'indicatif présent 3e sing. (< ex ire); = il/elle sort
[eɡ.zit] ; (suivi d'un syntagme nominal en fonction sujet, au singulier ou au pluriel) = sort / sortent, disparaît / disparaissent ; utilisé seul ou avec son contraire dans l'expression "exit X, bonjour Y"
– "Exit les rennes, bonjour les chiens" [pour le traineau du père Noël] (La Nouvelle République, 2015-12-26)
fac simile impératif 2e sing. du verbe facere (= faire) + similis (= semblable) adjectif substantivé à l'accusatif neutre singulier ; = fais une chose semblable
fac-similé / facsimilé (pas encore d'accent aigu chez Littré), [fak.si.mi.le], substantif masculin, pl. -s ; XIXe siècle ; = "imitation exacte, soit imprimée, soit gravée, d'une écriture, d'un dessin" [Littré]
fac totum impératif 2e sing. du verbe facere (= faire) + totus (= tout entier) adjectif substantivé à l'accusatif neutre singulier ; = fais tout
factotum [fak.to.tɔm] (en concurrence avec factoton [fak.to.tɔ̃] jusqu'au XIXe siècle), substantif masculin, pl. -s ; XVIe siècle ; = "employé subalterne, sans fonction précise, qui assume des charges multiples et variées." [TLFi]
forceps substantif masculin ou féminin ; = tenaille, pince
au forceps, [o.fɔʁ.seps] : caractérise une décision prise ou un processus déclenché malgré de fortes réticences < substantif masculin = "instrument destiné à embrasser la tête du fœtus et à l'extraire de la matrice" [Littré]
forum substantif neutre, pl. fora ; = place publique, marché
[fɔ.ʁɔm], substantif masculin, pl. -s ; XVIIIe siècle ; = "les lieux où se discutent les affaires publiques" [Littré], > aire commerciale, "réunion et débat publics" [TLFi] > site de discussion sur Internet
gratis adverbe < gratiis = substantif gratia (= bienveillance, bonnes grâces) à l'ablatif pluriel ; = par complaisance, pour rien, gratuitement [gʁa.tis] ; XVIIe siècle ; = gratuitement
grosso modo expression à l'ablatif singulier constituée de l'adjectif grossus (= gros, en bas-latin) + substantif masculin modus (= manière) [ɡʁo.so.mo.do] ; XVIe siècle ; = en gros, sans préciser plus
hiatus substantif masculin ; = contiguité de deux voyelles (< ouverture, fente, < verbe hiare = fendre ; "être béant, parce que la bouche s'ouvre dans l'hiatus" [Littré])
[ja.tys] ; XVIe s. ; même sens qu'en latin > distance, différence entre deux choses ou principes
hic adverbe ; = ici
[ik], substantif masculin, pluriel inusité ; XVIIe siècle ; = "le nœud ou la principale difficulté d'une affaire." [Littré] < "ce sens est issu de son usage "dans la marge d'un acte, pour attirer l'attention et afin d'éviter la lecture de l'acte tout entier" [TLFi]
– exemple : voilà le hic !
hic et nunc adverbe hic (= ici) + conjonction de coordination + adverbe nunc (= maintenant)
[i.kɛt.nœ̃k] ; XIXe s. ; = "ici même et sur-le-champ; sans délai" [TLFi]
– "[Turandot] revient au problème concret et présent, à la liquette ninque, celle qu'il n'est pas si facile de laver." (Queneau 1959 : 40)
homo substantif masculin ; = homme (au sens de "être humain")
[o.mo] ; XVIIIe s. ; utilisé avec un adjectif qualificatif latin ou à aspect latin pour désigner un type humain : 1. homo sapiens [o.mo.sa.pjɛ̃s] (et dˈautres termes spécialisés) pour désigner différents types d'hommes préhistoriques, pluriel inusité ; 2. homo sovieticus [o.mo.sɔˑvje.ti.kys] = habitant de l'URSS, caractérisé par des mœurs considérées comme spécifiques et déterminées par le système soviétique ; nombreuses autres formations sur le même modèle (homo œconomicus, homo religiosus, etc.) ; à distinguer du substantif masculin à pluriel en -s homo < troncation de homosexuel.
honoris causa expression à l'ablatif constituée du substantif neutre honos au génitif (= honneur) + substantif féminin causa (= cause) [hɔ.nɔ.ʁis.ko.za] ; = à titre honorifique, dans l'expression docteur honoris causa (= personne qui a reçu d'une université, lors d'une cérémonie solennelle, le titre de docteur, à titre honorifique, pour quelque raison que ce soit)
ibidem adverbe ibidem ; = en ce même endroit [i.bi.dɛm], généralement abrégé ibid. ; XVIIIe siècle ; = au même endroit (utilisé dans les références bibliographiques)
id est pronom démonstratif is au neutre + verbe esse (= être) à l'indicatif présent 3e sing. ; = c'est [i.dɛst], généralement abrégé i.e. ; emprunt à l'anglais ; = c'est-à-dire
idem pronom idem au neutre = la même chose [i.dɛm], adverbe, abréviation : id. ; XVIe siècle ; = même chose, de même
– "Témoin ce monsieur qui achetait, hier soir, le Temps en même idem que moi." (Allais 1989 : 725)
illico adverbe (< in loco)  ; = tout de suite
[il.li.ko] ; XVe siècle ; même sens
in absentia préposition in (= dans) régissant ici l'ablatif (indiquant la situation) + substantif féminin absentia (= absence) [i.nap.sɛ̃.sja] ; = en absence de l'intéressé
in abstracto préposition in (= dans) régissant ici l'ablatif (indiquant la situation) + participe parfait substantivé au neutre (= abstrait) de abstrahere (= arracher, enlever) [i.nap.stʁak.to] ; = abstraitement
in extenso préposition in (= dans) régissant ici l'ablatif (indiquant la situation) + adjectif verbal substantivé au neutre extensusextendere (= étendre) [i.nɛk.stɛ̃.so] ; = intégralement
in extremis préposition in (= dans) régissant ici l'ablatif (indiquant la situation) + adjectif substantivé au neutre pluriel extremus (= extrême, placé tout au bout), superlatif de exter (= extérieur) [i.nɛk.stʁe.mis] ; = au dernier moment, juste avant qu'il ne soit plus possible ; < = à l'article de la mort
in fine préposition in (= dans) régissant ici l'ablatif (indiquant la situation) + substantif masculin finis (= limite, fin) [in.fi.ne] ; XIXe siècle ; = à la fin, en fin de compte
in folio préposition in (= dans) régissant ici l'ablatif + substantif neutre folium (= feuille)
in-folio / infolio, [in.fɔˑljo], substantif masculin, pl. -s ; XVIe siècle ; = livre de format in-folio, = de la dimension d'une feuille de papier d'imprimerie pliée en deux, = de très grand format
in memoriam préposition in régissant ici l'accusatif (valeur directive) + substantif féminin memoria (= mémoire) = en mémoire, à la mémoire de quelqu'un [in.me.mɔ.ʁjam] ; même sens
in promptu préposition in (= dans) régissant ici l'ablatif (indiquant la situation) + promptus (< promere [= faire voir], substantif masculin (= "action de rendre visible, de montrer, d'étaler […], d'être tout prêt" [Freund] ; seulement dans l'expression in promptu impromptu, [ɛ̃.pʁɔ̃p.ty], adjectif et substantif masculin (pl. -s) ; XVIIe siècle ; = "qui est fait sur-le-champ et sans préparation" [TLFi]
in situ préposition in (= dans) régissant ici l'ablatif (indiquant la situation) + substantif masculin situs (= position, situation) < verbe sinere (= poser ; laisser faire en latin classique [in.si.ty] ; = "dans son cadre naturel, à sa place normale, habituelle" [TLFi]
in uitro préposition in (= dans) régissant ic l'ablatif (indiquant la situation) + substantif neutre uitrum (= verre) in vitro, [in.vi.tʁo] ; = en éprouvette, en laboratoire
in uiuo préposition in (= dans) régissant ic l'ablatif (indiquant la situation) + adjectif substantivé au neutre uiuus (= ce qui vit) in vivo, [in.vi.vo] ; = sur un organisme vivant
incognito adjectif incognitus < participe parfait cognitus de cognoscere (= connaître)
[ɛ̃.kɔ.ŋi.to], adverbe ; emprunt à l'italien, XVIe siècle ; = sans faire connaître sa véritable identité (pour quelque raison que ce soit)
index substantif masculin, pl. indices ; = celui qui indique > catalogue, liste, index (doigt)
[ɛ̃.dɛks], substantif masculin, pl. -s ; XVIe siècle ; catalogue, liste, index (doigt) > "liste officielle (établie d'abord par la congrégation de l'Index, puis par le Saint-Office) des livres dont la lecture est interdite aux catholiques en raison des dangers qu'ils peuvent représenter pour la foi ou les mœurs" [TLFi] > mettre à l'index = interdire
infra adverbe < infera parte ; = en bas
[ɛ̃.fʁa], adverbe ; XIXe siècle ; = plus bas (utilisé dans un texte pour renvoyer à un passage qui s'y trouve plus loin)
interim adverbe ; = pendant ce temps
intérim, [ɛ̃.te.ʁim], substantif masculin ; XVe siècle ; = "l'entre-temps" [Littré], "action de gouverner, d'administrer, de remplir une fonction pendant l'entre-temps, c'est-à-dire dans le temps où le gouverneur, l'administrateur, le fonctionnaire est absent" [Littré] > "travail dont la durée est limitée et fixée par contrat" [TLFi]
– exemple : assurer l'intérim de quelqu'un
intra muros préposition intra (= à l'intérieur de) régissant l'accusatif + substantif masculin murus (= mur) au pluriel intra muros / intra-muros / intramuros, [ɛ̃.tʁa.my.ʁos] ; = à l'intérieur de la ville, la ville proprement dite (sans le reste de l'agglomération) ;
– exemple : Paris intra-muros
ipso facto expression à l'ablatif constituée de l'adjectif ipse (= lui-même) + factum (= fait) < participe parfait de facere (= faire) [ip.so.fak.to] ; XVIIe siècle ; = de ce fait même, automatiquement
Laius nom propre ; = roi de Thèbes, époux de Jocaste, père d'Œdipe
laïus, [la.jys], substantif masculin, pl. identique au sing. ; XIXe siècle ; = discours ; < argot de l'Ecole polytechnique : "Cette locution vient de la fidélité rare avec laquelle le professeur de littérature Arnault revenait sur Œdipe et sur les malheurs de Laïus, roi de Thèbes. "Allons bon !", se disait-on, aussitôt que la leçon commençait, roulant toujours sur les tragédies grecques, "voilà le laïus qui recommence !" (Lévy 1894 : 183)
lapsus substantif masculin < participe parfait de laborere (= tomber, faillir) ; = chute, erreur
[lap.sys], substantif masculin, pl. identique au sing. ; XVIIe siècle ; = faute que l'on commet involontairement en parlant
lauabo verbe lavare à l'indicatif futur 1ère sing. ; = je vais laver
lavabo, [la.va.bo], substantif masculin, pl. -s ; XIXe ; = "meuble de toilette pour se laver, garni d'une cuvette et d'un pot à eau" [Littré] > "appareil sanitaire fixe comportant une cuvette alimentée en eau par des robinets et muni d'un dispositif de vidange, qu'on utilise pour faire sa toilette [TLFi] ; < terme prononcé en se lavant les mains par un prêtre lors de l'office catholique < psaume XXVI "lavabo inter innocentes manus meas" (je lave mes mains en état d'innocence [Bible II, 942])
libido substantif féminin ; = désir (violent, sensuel) [li.bi.do], substantif féminin, XXe siècle ; = "énergie psychique vitale ayant sa source dans la sexualité au sens large, c'est-à-dire incluant génitalité et amour en général (de soi, des autres, des objets, des idées)" [TLFi]
loco citato expression à l'ablatif constituée de locus, substantif masculin (= lieu) + participe parfait de citare (= citer)
[lɔ.ko.si.ta.to], abréviation loc. cit. ; = à l'endroit déjà cité d'un ouvrage (utilisé dans les références bibliographiques)
magnum adjectif magnus au neutre = grand
[maɡ.nɔm] ; XIXe siècle ; = "grosse bouteille de contenance généralement égale au double d'une bouteille normale, variant entre un litre et demi et deux litres" [TLFi]
manu militari expression à l'ablatif constituée du substantif féminin manus (= main) + adjectif militaris (= militaire) < miles (= soldat) [ma.ny.mi.li.ta.ʁi] ; XIXe siècle ; = avec recours à la force armée > par la force
– "[…] l'intervention du concierge soucieux du bon renom de son immeuble et qui associe ses efforts à ceux de Mitouflet pour expulser Blanc-Mitron "manu militari", si j'ose m'exprimer ainsi, étant donné que le pied d'un concierge n'a rien de commun avec une main militaire." (Christophe 1965 : 47)
maximum adjectif maximus au neutre, superlatif supplétif de magnus (= grand) ; = très grand, le plus grand possible.
[mak.si.mɔm], substantif masculin (pl. -s, également maxima), également adjectif ; XVIIIe siècle ; = "le plus haut point où une chose puisse être portée" [Littré]
mea culpa adjectif possessif 1ère sing. + substantif féminin culpa (= faute)
[me.a.kyl.pa] ; mot-phrase = je me suis trompé, c'est ma faute  > substantif masculin = reconnaissance de sa faute ; < Confiteor, texte de la liturgie catholique : "Confìteor Deo omnipotenti, beatæ Mariæ semper virgini, beato Michaeli Archandelo, beati Joanni Baptistæ, sanctis Apostolis Petro et Paulo, et omnibus Sanctis, et tibi, Pater, quia peccavi nimis cogitatione, verbo et opere : mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa." (Je me confesse à Dieu tout-puissant, à la bienheureuse Marie toujours vierge, à saint Michel Archange, à saint Jean-Baptiste, aux saints Apôtres Pierre et Paul, et à tous les Saints, et à vous mon Père, parce que j'ai péché, en pensées, en paroles, et en œuvres ; je les avoue, je m'en sens coupable, je m'en reconnais très-coupable. [Petit Paroissien : VI])
– exemple : faire son mea culpa (plus moderne : faire son autocritique)
– "MEA CULPA [titre] / C'est ma faute / C'est ma faute / C'est ma très grande faute d'orthographe / Voilà comment j'écris / Giraffe" (Prévert 1992 : 831)
media adjectif medius (= qui est au milieu) substantivé au neutre (= moyen), au pluriel [me.dja], substantif masculin média, pl. -s ; < mass-media < anglais, XXe siècle ; moyen de communication et éventuellement d'information
memento impératif 2e sing. du verbe memini ; = souviens-toi mémento, [me.mɛ̃.to], substantif, pl. -s ; XVIIe siècle ; "marque destinée à rappeler le souvenir de quelque chose" [Littré] > "ouvrage élémentaire où sont consignées les notions essentielles d'une science, d'une technique" [TLFi]
memorandum adjectif verbal à valeur d'obligation, substantivé au neutre singulier < memorare (= rappeler quelque chose à quelqu'un) mémorandum, [me.mo.ʁɑ̃.dɔm], substantif, pl. -s ; XVIIIe siècle ; = note présentant sommairement l'état d'une question (d'abord dans le domaine diplomatique)
minimum adjectif minimus au neutre, superlatif supplétif de paruus (= petit) ; = très petit, le plus petit possible, minime.
[mi.ni.mɔm], substantif masculin, également adjectif, pl. -s, également minima, voire aussi minimas ; XVIIe siècle ; = "en général, ce qu'il y a de moindre dans une chose" [Littré]
– exemple : les minimas sociaux
minus comparatif supplétif de parvus (= petit) ; = moins
[mi.nys], substantif masculin, pl. identique au sing. ; XIXe sicèle ; = "personne incapable ou peu intelligente" [TLFi] ; < minus habens (= ayant moins)
– "M. Chabert me croyait un minus habens et est resté dans cette abominable opinion." (Stendhal 1913 : 278)
modus operandi modus, substantif (= manière < juste mesure < mesure de quelque chose) + operandi, adjectif verbal à valeur d'obligation au génitif < operari (= s'occuper de quelque chose) [mɔ.dy.sɔ.pe.ʁɑ̃.di] ; XIXe siècle ; = "manière caractéristique d'un criminel, qui peut aider à l'identifier" [TLFi] > mode opératoire (sans rapport nécessaire avec un criminel)
modus uiuendi modus, substantif (= manière < juste mesure < mesure de quelque chose) + uiuendi, adjectif verbal à valeur d'obligation au génitif < uiuere (= vivre) modus vivendi, [mɔ.dys.vi.vɛ̃.di], pl. identique au sing. ; XIXe siècle ; = "transaction mettant d'accord deux parties en litige ou permettant d'éviter un conflit entre deux groupes, deux nations, sans résoudre l'opposition sur le fond" [TLFi] > mode de vie (résultant d'un compromis)
– "A cette époque, bien humble était ma tenue, insuffisantes mes ressources, indélicats parfois mes modi vivendi, chimérique mon mobilier, illusoire mon crédit." (Allais 1989 : 238-239)
mordicus adjectif ; = en mordant avec les dents > sans vouloir en démordre ; < verbe mordere = mordre [mɔʁ.di.kys] ; XVIIe siècle ; "avec ténacité, opiniâtreté" [Littré]
*motus * [mɔ.tys] ; français mot + finale à aspect latin -us ; mot-phrase ; = silence à ce sujet
– exemple : motus et bouche cousue
Museum nom propre = lieu consacré aux muses
museum / muséum, [my.ze.ɔm], substantif masculin ; = établissement d'exposition et de recherche consacré aux sciences naturelles
mutatis mutandis expression à l'ablatif pluriel constituée de mutatis, participe parfait de mutare (= changer), substantivé + mutandis, adjectif verbal à valeur d'obligation du même verbe ; = les choses qui doivent être changées étant changées [my.ta.tis.my.tɑ̃.dis] ; XVIIe siècle ; même sens
nec plus ultra particule négative nec + plus = comparatif supplétif de multus (= nombreux) + adverbe ultra (= au delà, plus loin) [nɛk.ply.zyl.tʁa], substantif masculin, pl. inusité ; XVIIIe siècle ; = ce qu'il y a de mieux
– "A Chambéry, le premier de la classe était le mec plus ultra." (Waquet 1998 : 138)
nolens uolens participe présent du verbe nolle (= ne pas vouloir) + participe présent du verbe uelle (= vouloir) [nɔ.lɛ̃s.vɔ.lɛ̃s] ; = bon gré mal gré
nota bene verbe notare à l'impératif 2e sing. + adverbe (< adjectif bonus au neutre)
[nɔ.ta.be.ne], abréviation usuelle N. B. ; = à bien noter
numerus clausus numerus, substantif masculin (= nombre) + clausus, participe parfait de claudere (= fermer) [ny.me.ʁys.klo.zys], substantif masculin ; XXe siècle ; = limitation du nombre de personnes pouvant être admises à une formation (en particulier à l'université), une fonction
olibrius "Olybrius, gouverneur des Gaules, qui, daprès une vieille légende, fit mourir sainte Reine, et qui figurait dans une foule de mystères où il était représenté comme un fanfaron, un glorieux, il a vécu vers le milieu du cinquième siècle" [Littré] [ɔ.li.bʁi.jys] ; XVIIe siècle ; = "celui qui fait le méchant garçon ou l'entendu, et qui n'est le plus souvent que ridicule" [Littré], "homme sot et prétentieux, importun par son comportement bizarre et ridicule" [TLFi]
omnibus omnis (= tout, tous) au datif/ablatif pluriel = pour tous
[ɔm.ni.bys], substantif masculin, pl. identique ; "voiture qui parcourt une ville, et où chacun peut monter pour une somme modique." [Littré] >= "train qui dessert toutes les stations situées sur son parcours." [TLFi] (valeur locative de omnibus ?), autobus = "grand véhicule automobile destiné au transport en commun à l'intérieur d'une agglomération" [TLFi] > (par troncation) bus
– "
Mes filles, dit M. Fenouillard, ces véhicules se nomment omnibus, parce que peu de personnes peuvent en profiter. – Ces demoiselles ne comprennent pas cette judicieuse et philosophique réflexion." [Lesdits omnibus parisiens affichaient souvent complet.] (Christophe 1893)
opera substantif neutre opus au pluriel ; = œuvre
opéra, [ɔ.pe.ʁa], substantif masculin, pl. -s ; emprunt à l'italien opera, XVIIe s. ; = "œuvre dramatique lyrique entièrement chantée, interprétée avec accompagnement d'orchestre et mêlée éventuellement de ballets" [TLFi]
opere citato expression à l'ablatif constituée du substantif neutre opus (= œuvre) + participe parfait de citare (= citer)
[ɔ.pe.re.si.ta.to], abréviation op. cit. ; = ouvrage déjà cité (utilisé dans les références bibliographiques)
optimum adjectif optimus substantivé au neutre, superlatif supplétif de bonus (= bon) [ɔp.ti.mɔm], substantif masculin, pl. -s ou optima ; état idéal de quelque chose
palmares substantif palmaris au pluriel ; = qui méritent la palme < palma (= palme) palmarès, [pal.ma.ʁɛs], substantif masculin, pluriel identique au singulier ; XIXe siècle ; = liste des meilleurs dans une compétition, un concours < "nom qui désigne le programme d'une distribution des prix dans les lycées et collèges" [Littré]
passim adverbe = ça et là < passus = participe du verbe pandere (= éparpiller) [pa.sim] ; XIXe siècle ; = à différents endroits (utilisé dans les références bibliographiques)
pater familias subtantif pater (= père) + substantif familia (= famille) au génitif (forme archaïque) pater familias / paterfamilias, [pa.tɛʁ.fa.mi.ljas], substantif masculin ; XIXe siècle ; = père de famille (parfois : autoritaire)
pax romana subtantif féminin pax (= paix) + adjectif romanus (= romain) ; également dans l'ordre inverse romana pax ; = domination romaine (souvent traduit également "paix romaine") Utilisé comme modèle pour désigner des hégémonies postérieures à l'empire romain, avec le même substantif et des adjectifs à forme latine : pax americana [pak.sa.me.ʁi.ka.na], féminin ; = hégémonie et hégémonisme américains ; sur le même modèle pax britannica (britannique), pax sinica (chinoise), pax sovietica (soviétique), etc.
peccata substantif neutre peccatum (< verbe peccare) au pluriel = fautes, péchés
[pe.ka.ta], substantif masculin, pl. -s ; XVIIIe siècle ; = 1. "âne dans les combats publics d'animaux" [Littré], 2. "Un homme stupide, un sot" [Littré] ; à l'origine, un verset de l'Evangile de Jean (I, 29) : "Le lendemain il regarde venir Jésus et il dit : Voici l'agneau de Dieu qui enlève le péché du monde." (Bible, Nouveau Testament, 273) > fragment de la liturgie catholique : "Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, Parce nobis, Domine. / Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, Exaudi nos, Domine. / Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, Miserere nobis." (Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, Pardonnez-nous, Seigneur. / Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, Exaucez nous, Seigneur. / Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, Ayez pitié de nous." [Petit Paroissien, 45]) ; de là, peccata mundi > peccata a désigné l'âne, "réputé supporter patiemment les fardeaux" [TLFi], puis le sot ; terme vieilli, selon le TLFi.
pedibus substantif masculin pes à l'ablatif pluriel ; = pieds
[pe.di.bys], adverbe ; XIXe siècle ; = à pied
pensum substantif neutre, pl. pensa < participe du verbe pendere (= peser) ; = "ce qui a été pesé pour l'ouvrage de la journée, certain poids de laine qu'une escalve doit filer en un jour, tâche d'un jour ; de là en génér., tâche, devoir, fonction" [Freund]
[pɛ̃.sɔm], substantif masculin ; XIXe siècle ; = "surcroît de travail imposé à un élève comme punition" [Littré] > "travail (surtout de lecture ou d'écriture) qui ennuie et que l'on fait sans intérêt" [TLFi]
per capita préposition per régissant l'accusatif (indique l'instrument, par + substantif caput (= tête) au pluriel [pɛʁ.ka.pi.ta] ; = par tête
persona (non) grata substantif féminin persona (= personne < personnage < masque de l'acteur), pl. personae (+ négation non) + adjectif gratus (= bienvenu) [pɛʁ.sɔ.na.nɔn.ɡʁa.ta] ; XIXe siècle ; = "personne qui est en faveur/n'est pas ou plus en faveur auprès de quelqu'un, qui a ses entrées ou non, dans un milieu officiel ou fermé" [TLFi] (d'abord dans le domaine diplomatique)
placebo verbe placere à l'indicatif futur, 1ère sing. ; = je plairai
placebo / placébo, [pla.se.bo], pl. -s ; XXe siècle ; = "substance sans principe actif mais qui, en raison de son aspect, peut agir par un mécanisme psychologique sur un sujet croyant prendre une substance thérapeutique" [TLFi]
plenum adjectif plenus au neutre singulier ; = plein
plenum / plénum, [ple.nɔm], substantif masculin, pluriel en -s ; = "réunion plénière d'une institution" [TLFi] < "employé pour signifier ce qui est arrivé à son plein" [Littré] >
podium substantif neutre, pl. podia ; = lieu élevé, "petit mur formant une espèce de galerie autour de l'arène, dans les amphithéâtres" [Littré] [pɔ.djɔm] ; XVIe siècle ; "planche surélevée, estrade de petites dimensions" [TLFi], estrade sur laquelle montent les trois lauréats d'une compétition sportive
post mortem préposition post (= après) régissant l'accusatif + substantif féminin mors (= mort) [pɔst.mɔʁ.tɛm]; = posthume, après la mort de celui dont il est question
post scriptum préposition post (= après) régissant l'accusatif + participe parfait au neutre scriptum < adjectif verbal < scribere (= écrire) post-scriptum, [pɔst.skʁip.tɔm] / [pɔ.skʁip.tɔm], généralement abrégé P.-S. ; signale l'ajout d'une remarque en bas d'une lettre
primus inter pares adjectif primus au nominatif masculin singulier (= premier) + prépsoition inter (= parmi) régissant l'accusatif + adjectif substantivé par au pluriel (= égaux)
[pʁi.mys.ɛ̃.tɛʁ.pa.ʁɛs] ; = premier entre ses pairs (connotations éventuellement ironiques)
pro domo préposition pro (= en faveur de) régissant l'ablatif + substantif féminin domus (= maison) [pʁo.dɔ.mo] ; = pour sa propre cause ;
– exemple. : un pladoyer pro domo
pro forma préposition pro (= en faveur de) régissant l'ablatif + substantif féminin forma (= forme) [pʁo.fɔʁ.ma] ; = pour la forme
pro patria préposition pro (= en faveur de) régissant l'ablatif + substantif féminin patria (= pays de ses pères ; < adjectif patrius [= relatif au père] < substantif pater [père])
[pʁo.pa.tri.ja] ; = pour la patrie
processus substantif masculin ; = "action de s'avancer, de marcher en avant, marche, progrès" [Freund] ; < verbe procedere (= avancer) < préposition pro (= en avant) + verbe cedere (= marcher) [pʁɔ.sɛ.sys], substantif masculin, pl. identique au sing. ; XVIe siècle (d'abord en anatomie) ; = "suite continue de faits, de phénomènes présentant une certaine unité ou une certaine régularité dans leur déroulement" [TLFi]
prospectus substantif masculin ; = vue, perspective ; < verbe prospicere (= regarder en avant, attentivement) < préposition pro (= en avant) + spicere (= regarder) [pʁɔs.pɛk.tys], substantif masculin, pl. identique au sing. ; XVIIIe siècle ; = "vue anticipée qu'on donne d'un ouvrage qui n'est point encore publié, et qui doit l'être, soit par souscription, soit par la voie commune" [Littré] > imprimé (feuille volante ou brochure) faisant connaître les services ou possibilités offertes par un établissement, une ville, une région
quasi conjonction et adverbe ; = comme si, presque [ka.zi] ; XVe siècle ; = quasiment, presque
quid pronom interrogatif quis au neutre singulier
[kwid], pronom interrogatif ; locution quid de X = qu'en est-il de X
quid pro quo pronom indéfini quis au nominatif neutre (= quelle chose) + préposition pro (= à la place de) + pronom indéfini quis à l'ablatif quiproquo, [ki.pʁo.ko], pl. en -s ; XIVe siècle ; "méprise consistant à prendre une persobbe pour une autre, une chose pour une autre" [Littré]
quidam pronom indéfini au nominatif masculin singulier ; = un certain [ki.dam], substantif masculin, pl. -s ; XIVe siècle ; = personne dont on ignore le nom ou que l'on ne veut ou peut pas nommer, (avec valeur péjoriative) type
– "L'effroyable aspect de ce quidam nous glaça les sangs et prévint notre fuite. Ce quidam demeura quelques instants immobile, puis s'agita en grommelant comme s'il repoussait le voisinage d'autres quidams invisibles mais à lui sensibles." (Queneau 1992 : 73)
quitus adjectif latin médieval quitus ; = "libéré de toute charge, exonéré, libéré de toute dette" [TLFi] ; < adjectif quietus (= qui est en repos) [ki.tys] ; XVe siècle ; "décharge donnée à un comptable de ses comptes, à un gérant, à un administrateur ou encore à un liquidateur de sa gestion" [TLFi], employé également en dehors du domaine financier
quorum pronom relatif qui au génitif pluriel masculin ou neutre ; = qui
[ko.ʁɔm], substantif masculin, pl. -s ; emprunt à l'anglais, XVIIe siècle ; = "mot latin dont les Anglais se servent pour désigner le nombre de membres suffisant pour délibérer" [Littré], Le sens actuel vient d'expressions médiévales comme quorum maxima pars (dont la plus grande part) (selon TLFi)
quota adjectif quotus (= combien) au féminin, épithète de quota pars (= quelle part) [kɔ.ta] ; emprunt à l'anglais, XXe siècle ; = "contingent, pourcentage déterminé, imposé ou autorisé" [TLFi]
*rasibus * [ra.zi.bys], préposition et adverbe rasibus < ras (< latin rasus) + finale d'ablatif pluriel -ibus ; XVIIe siècle ; = "tout près de" [Littré] (préposition), "à ras, très court" [TLFi] (adverbe)
recepisse verbe recipere à l'infinitif parfait ; = avoir reçu ; dans la locution cognosco me recepisse
récépissé, [ʁe.se.pi.se], substantif masculin, pl. -s ; XIVe siècle = "écrit par lequel on reconnaît avoir reçu en communication ou en dépôt des papiers, des pièces, etc." [Littré]
recto expression à l'ablatif = participe rectus (= droit, en face) du verbe regere (= diriger) + substantif folium (= feuille) élidé [ʁɛk.to] ; XVIIe siècle ; première page d'un feuillet
referendum préposition élidée ad régissant l'accusatif (indique la direction) + adjectif verbal à valeur d'obligation, au neutre singulier < referre (= porter à nouveau) referendum / référendum, [ʁe.fe.ʁɛ̃.dɔm], substantif masculin, pl. -s ; XVIIIe siècle ;  ; = vote du corps électoral sur une question précise qui lui est posée
rictus substantif masculin = "bouche ouverte (surtout pour rire), bord,contours de la bouche" [Freund] < verbe ringi (= "ouvrir la bouche, grincer des dents" [Freund]) [rik.tys], substantif masculin, pl. identique au singulier ; XIXe siècle ; = "rire forcé et silencieux ou sourire grimaçant et silencieux traduisant souvent des sentiments comme la jalousie, la colère, la méchanceté, la douleur" [TLFi]
sanatorium adjectif substantivé au neutre sanatorius (= propre à guérir) < verbe sanare (= soigner) [sa.na.tɔ.ʁjɔm], substantif masculin, pl. -s ; emprunt à l'anglais, XIXe siècle ; = "établissement spécialisé dans le traitement de la tuberculose sous ses différentes formes, situé dans un climat propice" [TLFi]
– "Au pluriel, n'en déplaise à certains messieurs, je n'hésite pas à écrire "sanatoriums", et mon attitude, à cet égard, ne changera qu'au jour improbable où, généralisant leur pédanterie, certains messieurs diront des "aquaria", des "harmonia", etc." (Allais 1990 : 1126)
satisfecit verbe satisfacere à l'indicatif parfait 3e sing. ; = il a satisfait
[sa.tis.fe.sit], substantif masculin, pl. -s (identique au sing. chez Littré) ; XIXe ; ="billet de satisfaction donné par le maître à son élève" [Littré] > "approbation, compliment" [TLFi]
senior comparatif de senex (= vieux), adjectif également employé comme substantif ; valeur d'atténuation par rapport à senex : on est senior (de 45 à 60 ans) avant d'être senex (au delà de 60 ans) senior / sénior, [se.njɔʁ] ; emprunt à l'anglais, XIXe siècle ; senior, adjectif après un nom de personne = le plus âgé des deux ; sénior, substantif masculin, pl. -s = personne d'âge avancé (limite variable : soixante ans plus ou moins quinze)
sequitur / sequuntur verbe sequi à l'indicatif présent 3e sing. (pl.) ; = suit (suivent)
[se.kɥi.tyʁ], [se.kwœ̃.tyʁ], généralement abrégé sq. (également sqq. au pluriel) ; = et suivant(e)(s) (utilisé dans les références bibliographiques, après l'indication d'un numéro de page)
sic adverbe ; = ainsi [sik] ; XVIIIe siècle ; = comme cela a été écrit ou dit (terme utilisé pour indiquer que ce que l'on rapporte est exactement ce qui a été écrit ou dit, contraitement à ce que l'on pourrait penser ; figure à l'écrit entre parenthèses ou entre crochets)
– "Que fais-tu-z-en (sic) ces lieux ?" (Allais 1989 : 972)
– "Votre programme, ajouta-t-il, mon cher monsieur Bernard, me botte comme un gant (sic)." (Allais 1989 : 959)
sine die préposition sine (= sans) régissant l'ablatif + substantif dies (= jour) [si.ne.dje] ; XIXe siècle ; = sans préciser aucune date
– exemple : reporter une décision sine die
sine qua non expression constituée de la préposition sine (= sans) régissant l'ablatif + pronom relatif quis à l'ablatif féminin + négation ; = (condition) sans laquelle non [traduction littérale], condition indispensable [si.ne.kwa.nɔn] ; XVIe siècle ; même sens
statu quo (ante) expression prépositionnelle in statu quo ante : préposition in régissant l'ablatif + substantif masculin status (= situation) + pronom relatif qui + adverbe ante (= auparavant), construction elliptique = dans la situation où [nous étions] aurapavant
statu quo / statuquo, [sta.ty.kwo] / [sta.ty.ko], substantif masculin  ; XVIIIe siècle ; statu quo ante = situation antérieure, statu quo = situation actuelle ; "Dans le langage ordinaire, statu quo signifie état d'immobilité, de stagnation; c'est le contraire du progrès." (Larousse 1886 : 203)
– "Le rapport sur la statue de Fauconnier est lu par M. Lauth ; la commission, après mûre délibération, s'est prononcée pour le maintien du "statu quo". (Constatons, en passant, cette petite anomalie de la langue française : le mot statue, généralement féminin, devient masculin quand il est suivi du mot quo. On dit le maintien de la statue et le maintien du statu quo. Je me demande comment les étrangers peuvent s'y reconnaître.)" (Allais in Wolff 1991 : 406)
stricto sensu expression à l'ablatif constituée du participe parfait strictus du verbe stringere (= serrer) + substantif masculin sensus (= sens) < verbe sentire (= sentir) [stʁik.to.sɛ̃.sy] ; XIXe siècle ; = au sens strict
sui generis expression au génitif constituée de l'adjectif possessif de 3e personne suus + substantif neutre genus (= genre) [sy.i.ʒe.ne.ʁis], XVIIIe siècle ; = spécifique, unique en son genre
– "L'averse étant devenue rivière, Mme Bélazor, qui est veuve d'un pharmacien, cherche à déterminer expérimentalement la nature du liquide. Elle lui trouve un goût singulier qu'elle qualifie de "sui generis", comme l'eût fait son époux regretté lui-même." (Christophe 1965 : 40)
summum adjectif summus (= superlatif de superus) au neutre ; = le plus élevé
[sɔm.mɔm], substantif masculin (pl. inusité) ; XIXe siècle ; = le degré le plus élevé, ce qu'il y a de mieux (connotations positives) > le comble (connotations négatives)
supra adverbe ; = au-dessus [sy.pʁa] ; XIXe siècle ; = plus haut dans le texte
tabula rasa susbtantif féminin tabula (= planche, tablette à écrire) + participe parfait rasusradere (= râcler, gratter) [ta.by.la.ra.za] ; = table rase = esprit ou situation vide de toute empreinte ou influence ; la version francisée est la plus utilisée dans l'expression faire table rase.
terminus substantif masculin ; = borne, limite [tɛʁ.mi.nys] ; emprunt à l'anglais, XIXe siècle ; = dernière station d'une ligne de transport (d'abord et surtout terrestre : chemin de fer, métro, bus, etc.)
– exemple : Terminus ! Tout le monde descend !
terra incognita substantif féminin terra (= terre) + adjectif incognitus < participe parfait cognituscognoscere (= connaître) [te.ʁa.in.kɔɡ.ni.ta], substantif féminin (pluriel inusité) ; = partie du monde inexploré, domaine de connaissance inexploré
uade mecum impératif 2e sing du verbe vadere (= aller) + préposition cum (= avec) soudée au pronom personnel de la 1ère sing. vade mecum / vade-meum / vadémécum, [va.de.me.kɔm], substantif, pluriel en -s ; XVe siècle ; = livre contenant les notions principales d'un art, d'une discipline ou d'une technique
uerso expression à l'ablatif = participe parfait versus de vertere (= tourner) + substantif folium (= feuille) élidé verso, [vɛʁ.so], substantif masculin, également utilisé comme adverbe  dans l'expression recto-verso (imprimer recto-verso) ; XVIIe siècle ; = seconde page d'un feuillet
ueto verbe uetare à l'indicatif présent 1ère sing. ; = je m'oppose
véto, [ve.to], substantif masculin, pluriel en -s  ;  XVIIIe siècle ; = opposition
– exemple : mettre son véto à quelque chose
"madame Véto" = surnom donné à Marie-Antoinette d'Autriche, femme de Louis XVI, auquel l'Assemblée constituante avait accordé un droit de véto suspensif sur les décisions du corps législatif (en cas de "refus suspensif", terme utilisé dans la constitution de 1791, le Roi devait l'exprimer par la formule Le Roi examinera – au lieu de Le Roi consent et fera exécuter en cas d'accord). Mais le peuple chantait La Carmagnole : "Madam' Véto avait pormis / De faire égorger tout Paris / Mais son coup a manqué / Grâce à nos canoniers. / Dansons la Carmagnole / Vive le son du canon."
uia substantif féminin uia  (= voie) à l'ablatif singulier ; = par la voie de
via, [vja], préposition ; XIXe siècle ; = en passant par, par l'intermédiaire de ;
– exemples : de Paris à Marseille via Lyon, recrutement via les réseaux sociaux
uice uersa expression à l'ablatif constituée du substantif féminin *uix (= alternative) + participe parfait < verbe uertere (= tourner) vice versa / vice-versa, [vis.vɛʁ.sa] ou [vi.se.vɛʁ.sa] ; XVe siècle ; = inversement
– "je la [= ma fortune] laisserai toute entière à celle de mes deux nièces chez qui je ne mourrai pas. Ainsi, une comparaison : je claque chez Irma, c'est Constance qui a le magot, et vice versa." (Allais 1990 :148)
uideo verbe uidere à l'indicatif présent 1ère sing. ; = je vois
vidéo, [vi.de.o], substantif féminin, pl. -s ; emprunt à l'anglais, XXe siècle ; = "technique ou ensemble de techniques permettant la formation, l'enregistrement, le traitement, la transmission ou la reproduction d'images de télévision ou d'images analogues ou de signaux occupant une largeur de bande comparable sur un écran de visualisation." [TLFi] > film réalisé par des moyens numériques
uilla substantif féminin, pl. uillae ; = maison à la campagne, ferme villa, [vil.la], substantif féminin, pl. -s ; emprunt à l'italien, XVIIIe siècle ; = "maison de campagne élégante, de construction nouvelle et moins étendue qu'un château" [Littré] > habitation individuelle entourée d'un jardin et présentant un certain standing > voie souvent privée bordée de maisons individuelles
uisa neutre pluriel du participe parfait uisus du verbe uidere (= voir) ; = choses vues
visa, [vi.za], substantif, pl. -s ; XVIe s. ; = "formule qui se met sur un acte, et qui doit être signée par celui dont la signature est nécessaire pour que l'acte soit authentique ou valable" [Littré] > cachet apposé sur un passeport (ou document collé dans un passeport) certifiant qu'un étranger est autorisé à entrer dans un pays, à y séjourner ou à en sortir
ultimatum participe du verbe ultimare (= toucher à sa fin) < ultimus (= le plus éloigné), superlatif de ulter (= "qui se trouve au delà, de ce côté-là" [Freund] [yl.ti.ma.tɔm], substantif masculin, pl. -s ; XVIIIe siècle ; = "exigence que l'on met en demeure d'accepter, sans la possibilité de discuter" [TLFi] (d'abord dans le domaine de la diplomatie)
ultra adverbe ; = au delà, plus loin [yl.tʁa], substantif masculin, pl. -s ; XVIIIe siècle ; partisan acharné de conceptions considérées comme extrémistes
urbi et orbi expression au datif constituée du substantif féminin urbs (= la ville = Roma) + coordonnant et + substantif masculin orbis (= cercle, globe terrestre, monde) [yr.bi.e.tɔʁ.bi], XIXe siècle ; = partout (à propos de la diffusion de propos ou d'autres activités) ; < bénédiction donnée par le chef de l'église catholique à la ville de Roma (Rome), dont il est également évêque, et aux croyants venus sur la piazza San Pietro pour voir et écouter leur "très saint Père" : "Et benedictio Dei omnipotentis, Patris et Filii et Spiritus sancti descendat super vos et maneat semper." (Et que la bénédiction de Dieu tout-puissant, du Père et du Fils et du Saint-Esprit descende sur vous et y reste à jamais.) ; Larousse (1886 : 226) rapproche cette expression de Crier une chose par-dessus les toits (également : crier sur tous les toits). Du fait de la prononciation traditionnelle de la conjonction et ([ɛt] en latin au lieu de [e] sans liaison avec ce qui suit en français), cette expression est parfois orthographiée urbi et torbi (comme le dimanche de Pâques 2016 sur un bandeau de la chaîne iTélé : "Bénédiction "urbi et torbi" du pape François").
– "La Nuit blanche urbi et orbi" (Le Monde, 2011-09-30)
*uulgum pecus substantif neutre uulgum (= foule) ; substantif neutre pecus (= troupeau) vulgum pecus, [vyl.ɡɔm.pe.kys], singulier uniquement ; XIXe siècle, formé sans doute sur le modèle d'une expression employée par Horace (seruum pecus) avec remplacement de l'adjectif par une latinisation du français vulgaire (cf. le vulgaire) ; = le commun des mortels
    voirvulgum pecus
– "– Tu devrais courir après la gamine, qu'il conseille à Gabriel. – Pour qu'il m'arrive la même chose qu'à toi ? pour que je me fasse linnecher par le vulgue homme Pécusse ?" (Queneau 1959 : 40-41)

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