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Jacques Poitou
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La féminisation et ses avatars


 

Cher(e)s personnels, cher(e)s collègues, cher(e)s étudiant(e)s
    Formule d'appel dans des mails reçus en 2008 d'Olivier Christin, président de l'université Lumière Lyon 2.

Cher (chère) Jacques
    Formule d'appel dans un mail reçu en 2008 d'Adobe.

Chère/Cher Jacques Poitou
    Formule d'appel dans des mails reçus en 2017 d'Apple.

Depuis les années quatre-vingt-dix du siècle dernier, la féminisation des noms de professions et des titres se développe en France. Le gouvernement Jospin (1997-2002) fut le premier à comprendre plusieurs personnes que l'on a appelées "madame la ministre". A vrai dire, les premières initiatives gouvernementales en la matière étaient antérieures : "circulaire du 11 mars 1986 relative à la féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre", signée du Premier ministre de l'époque, Laurent Fabius, juste avant les élections législatives qui amenèrent le retour de la droite au pouvoir… Mais trente ans plus tard, les usages restent flottants. Ainsi – un exemple parmi quantité d'autres –, les courriers officiels des maires de Lille et de Paris portent les mentions "Le Maire" pour Martine Aubry à Lille et "La Maire de Paris" pour Anne Hidalgo – deux femmes de même appartenance politique ; mairesse semble moins utilisé en France qu'au Québec.

La féminisation recouvre trois questions :

– la création et l'emploi de termes féminins pour des noms de métiers (au sens large) exercés par des femmes ;
– la représentation des deux sexes dans les syntagmes désignant des personnes. Le terme d'"écriture inclusive" est employé actuellement par ses défenseurs pour désigner un ensemble de conventions linguistiques et surtout graphiques qui s'inscrit dans cette seconde problématique. Ces conventions sont destinées, selon leurs défenseurs, à assurer dans la langue une représentation équitable des individus des deux sexes, représentation qui ne serait pas assurée dans l'usage habituel de la langue dénoncé comme "sexiste".
– la question de l'accord : un homme et une femme âgés/âgées/âgée ? – question complexe qui dépasse largement le cadre de la féminisation et concerne également la question du nombre (un bureau et une chaise anciens/anciennes/ancienne ?) – et que nous n'aborderons pas ici.

Sur cette dernière question, on peut se reporter au Grevisse pour un état des lieux. Les problèmes que pose l'accord de l'adjectif sont bien sériés dans un ouvrage ancien de Léon Clédat (1894 : 120-122), qui fut professeur à la faculté des lettres de Lyon.

La question de la féminisation est l'objet de vives polémiques dont le niveau laisse trop souvent à désirer : on ne s'amusera pas ici à réunir un gros bêtisier. A l'écart de toute polémique, seuls les aspects linguistiques seront examinés, indépendamment des dimensions économiques, ethnologiques, idéologiques, politiques, psychologiques, sociologiques, etc. de la question. Il ne s'agit pas ici de dire ce qu'il conviendrait de faire, mais simplement d'analyser les pratiques diverses dans le cadre du fonctionnement de la langue.

– Précision terminologique : dans ce qui suit, le mot genre est utilisé exclusivement au sens de genre grammatical.


Préliminaires : remarques succinctes sur le genre grammatical

Le genre est, pour les substantifs français, une propriété syntaxique : il conditionne la flexion d'autres éléments des syntagmes nominaux dans lesquels ils figurent, ainsi que des adjectifs qui s'y rapportent, et leur anaphorisation. Ainsi, le fait que thé un substantif masculin et tasse est un substantif féminin implique que les déterminants et adjectifs qui s'y rapportent soient au masculin dans le cas de thé et au féminin dans le cas de tasse : le bon thé, la petite tasse ; le thé est bon, la tasse est petite ; il est bon, elle est petite.

Tout substantif a un genre et un seul. Un substantif se fléchit en nombre (singulier, pluriel), pas en genre, à la différence de l'adjectif. Les cas particuliers relèvent de trois types :

hésitations sur le genre d'un substantif : un/une parka ? un/une astérisque ? un/une après-midi ?
– substantifs épicènes désignant des êtres animés et acceptant les deux genres : un/une camarade, un/une élève, un/une enfant…
homonymes : chaque genre correspond à deux signifiés différents ; il s'agit alors de deux substantifs différents : garde, mort, moule, voile
– quelques substantifs ont un fonctionnement à part : amour (masculin au singulier, féminin au pluriel), gens (les petites gens, des gens sérieux), etc.

La répartition des substantifs selon le genre est en français fondamentalement arbitraire, mais aussi partiellement motivée. Motivation qui peut être de deux types : motivation sémantique et motivation morphologique, phonique ou graphique.

Motivation sémantique. – C'est en partie le cas des êtres animés, avec une correspondance entre le genre grammatical et le sexe des individus ; voir par exemple l'emploi des pronoms il et elle pour désigner des êtres humains. Mais cette motivation n'est pas absolue.
– Pour les animés non-humains, elle n'est que très partielle : souris, girafe – pour ne prendre que ces deux exemples – désignent aussi bien le mâle que la femelle.
– Pour les animés humains, certains termes masculins peuvent désigner des individus de l'un ou l'autre sexe : assassin, bébé, escroc, être humain, génie, individu, mannequin, membre, personnage, témoin. Il en va de même de certains termes féminins : connaissance, personne, personnalité, recrue, sentinelle, star, vedette, victime ; de même les appellations honorifiques (Altesse, Eminence, Excellence, Grandeur, Majesté, Sainteté) et certaines insultes (crapule, fripouille, merde, ordure). A cela s'ajoute l'emploi de l'un des deux termes – le masculin – pour représenter l'espèce commune ou, au pluriel, un ensemble d'animés humains de quelque sexe qu'ils soient – c'est l'emploi générique du masculin (analysé plus bas).
– Dans le vaste domaine du non-animé, il n'y a pas de motivation sémantique générale du genre : cf. couragegrandeur, automobilevéhicule, satelliteétoile. Il peut cependant y avoir motivation dans certains champs particuliers (p. ex., les noms de voitures sont féminins : une 4L, une Mercédès, une Espace, etc.)

Motivation morphologique, phonique ou graphique. – Certains suffixes sont utilisés exclusivement pour former des substantifs de l'un ou l'autre genre (-teur/-trice, -euse, -ette, -ation, etc.). Nombre de substantifs féminins sont terminés par un -e muet (< latin -a : rosa > rose), que celui-ci modifie la prononciation (avocateavocat) ou non (députéedéputé). Etc.

L'arbitraire du genre selon Marcus Terentius Varro (Varron, Ier siècle avant notre ère). De lingua latina, IX, 42.

Sic dici virum Perpennam, ut Alfenam, muliebri forma ; et contra parietem, ut abietem, esse forma similem, quom alterum vocabulum dicatur virile, alterum muliebre, et utrumque natura neutrum. Sic itaque ea virilia dicimus, non quae virum significant, sed quibus proponimus hic et hi, et sic muliebria, in quibus dicere possumus hæc aut hæ.

Ainsi Perpenna et Alphena ont une forme féminine, quoique le premier soit un nom d'homme et le second un nom de femme; et les mots paries (mur) et abies (sapin), quoique semblables quant à la forme, diffèrent quant au genre (car le premier est masculin et le second féminin), et désignent deux choses qui ne sont ni du genre masculin ni du genre féminin. C'est pourquoi nous disons qu'un mot est masculin, non parce qu'il désigne un être de nature mâle, mais parce qu'il peut être précédé de hic ou de hi ; et pareillement nous disons qu'un mot est féminin, non parce qu'il désigne un être féminin, mais parce qu'il peut être précédé de hæc ou de hæ.

   Macrobe Varron, 1850 : 559

Remarque : Varron emploie les adjectifs virilis (< vir = homme par opposition à la femme) et muliebris (< mulier = femme) pour caractériser les genres.

Ces quelques remarques, faut-il le préciser ?, sont loin d'épuiser le sujet… Elles visent simplement à montrer que le rapport entre genre grammatical et sexe des individus désignés ne peut pas être conçu comme le reflet automatique de l'identité sexuelle sur le genre grammatical.

Un mot d'histoire

Le français est, comme on sait, issu du latin, qui avait trois genres distincts : masculin, féminin, neutre. C'est là une caractéristique des langues indo-européennes anciennes. Pour le grec, Denys le Thrace (IIe siècle avant notre ère), auteur de la première grammaire (grecque) qui nous soit parvenue, précise qu'outre ces trois genres, on peut en distinguer aussi deux autres : un genre commun (ϰοινόσ, substantifs à deux genres, masculin et féminin, comme hippos = cheval, jument) et un genre épicène (ἐπίϰοινόσ, substantifs certains masculins, d'autres féminins, aptes à représenter des individus de l'un ou l'autre sexe, comme khelidṓn = hirondelle (féminin) ou aetós = aigle (masculin). (Lallot 1998 : 50-51)

Selon les spécialistes de l'indo-européen ancien, "on s'accorde pour attribuer à l'I.E. [indo-européen] le plus ancien une opposition de genre animé/inanimé où se serait reflétée une mentalité animiste" (Serbat 1975 : 79). La distinction masculin/féminin au sein du genre animé, avec la création de termes féminins spécifiques, serait postérieure, comme l'attestent à la fois l'existence, dans un état ancien, de substantifs uniques pour les deux sexes (ex. : hippos en grec et en latin bos = bœuf, vache) et le caractère dérivé de termes désignant des êtres de sexe féminin (v. Serbat [1975 : 75-79] pour le détail). Ainsi, le terme anglais woman est composé de wo- < wif = femme (cf. allemand Weib) et man (cf. allemand Mann), qui désignait en indo-européen ancien l'être humain (et non l'homme par opposition à la femme). D'après les hypothèses étymologiques, il signifiait soit l'être pensant, soit l'être qui avance debout.

Du latin au français, les substantifs neutres fusionnent en majorité avec les masculins (p. ex. templum > temple), mais certains aussi, plus tardivement, avec les féminins (p. ex. folium, pl. folia > feuille).

Par ailleurs, dès les langues indo-européennes anciennes, la répartition des substantifs en genres ne correspondait plus au principe initial et était devenue largement arbitraire.

Etymologie des termes masculin et féminin

– féminin < latin femininus < femina = femme < indo-européen *dhē- = sucer, têter : la femme est donc celle qui allaite, qui est sucée ; de la même famille relèvent felix (heureux), fellare (sucer), fecundus (fécond), etc. (selon Rey 1998 : 2, 410).

masculin < latin masculinus < mas = homme (par opposition à la femme) ; Freund (1924 : 2, 445) indique les valeurs métaphoriques suivantes : "mâle, viril, fort, puissant, etc.". mas se distingue de homo, = être humain, qui peut désigner des individus de l'un ou l'autre sexe (voir plus bas).

Représentations idéologiques

Dans des traités anciens, les représentations idéologiques et sociales associées aux deux sexes sont transférées aux genres grammaticaux du masculin et du féminin. Les hommes étant considérés comme supérieurs aux femmes, cette supériorité est allègrement attribuée au masculin, mais aussi aux rimes masculines, par opposition aux rimes féminines (sont appelées féminines les rimes se terminant par un -e muet, finale caractéristique de nombreux substantifs féminins). Voici trois exemples de ces transferts :

N.B. Dans les textes anciens, au <s> actuel correspondent un s rond (uniquement en fin de mot) et un s long : ſ.

Thomas Sébillet (vers 1512-1589 ; Sébillet [1548 : 13v, 14r]) à propos de la différence entre le -e muet [ə], appelé par lui "é femenin", et [e] <é>, appelé par lui "é masculin" : "Car ceſt é vulgairement appellé fémenin, eſt auſsi faſcheus a gouuerner qu'vne femme, de laquéle il retient le nom. […] l'é maſculin eſt celuy qui ha le plein ſon de l'é, et emplit la bouche en prononçant, de meſme ſorte que lés autres quatre voiéles, a, i, o, u […] L'é femenin ſe congnoiſtra plus aiſément conféré avecques ſon maſle : car il n'ha que demy ſon, et eſt autrement tant mol et imbécille, que ſe trouuant en fin de mot & de ſyllabe, tombe tout plat, et ne touche que peu l'aureille."
Claude Favre de Vaugelas (1585-1650 ; Vaugelas 1880), à propos de l'accord de l'adjectif avec des substantifs de genres différents : "le genre masculin estant le plus noble, doit predominer toutes les fois que le masculin et le feminin se trouuent ensemble" (1, 163) "Parce que le genre masculin est le plus noble, il preuaut tout seul contre deux feminins, mesme quand ils sont plus proches du regime […] Le travail, la conduite, et la fortune joints ensemble, et non pas jointes." (2, 90-91)
Nicolas Beauzée (1717-1789) ; Beauzée 1767 : 358), à propos du latin : "Le genre maſculin eſt réputé plus noble que le féminin, à cauſe de la ſupériorité du mâle ſur la femelle ; le maſculin & le féminin ſont plus nobles que le neutre, à cauſe de la ſupériorité des êtres animés ſur ceux qui ne le ſont pas.
    Pater & mater mortui, ſuppl. ſunt (Ter.)
    Agros villasque Civilis intactos ſinebat, (Tacit.) Il laiſſoit entiers les champs & les maiſons de campagne de Civilis, c'eſt-à-dire, il épargnoit les terres & les maiſons de campagne de Civilis."

Cela correspond à la façon dont les hommes et les femmes sont perçus dans la société pendant des siècles. Voici ce qu'en dit le Dictionnaire françois de 1770 :

Les hommes par la prérogative de leur sexe, de par la force de leur tempéremment, sont naturellement capables de toutes sortes d'emplois & d'engagemens, au lieu que les femmes, soit à cause de la fragilité de leur sexe, ou de leur délicatesse naturelle, sont excluses de plusieurs fonctions, & incapables de certains engagemens. (Tome 2, 331)

Il ne s'agit pas là de propriétés des genres grammaticaux, mais simplement de l'imagerie qui leur a été associée : la noblesse, le tempérament, la fragilité et la délicatesse ne sont pas des propriétés pertinentes en morphosyntaxe. Un genre grammatical n'est pas "plus noble" qu'un autre : simplement, chacun a des conditions d'emploi spécifiques.


Formation de termes représentant des personnes de sexe féminin

– Présentation détaillée dans Grevisse & Goose (2011 : 672-690).

1. Dérivation à l'aide de suffixes féminins spécifiques, substitutifs pour les deux premiers, additifs pour les trois autres.

– -eur/-euse : acheteur, acheteuse ; danseur, danseuse ; vendeur, vendeuse. – -euse < forme féminine d'adjectifs (odieux, odieuse) < latin -osus, -osa.
– -teur/-trice : acteur, actrice ; directeur, directrice ; sénateur, sénatrice. – -trice
< latin -tor-ix.
– -e/-esse : maitre, maitresse ; poète, poétesse
 ; Suisse, Suissesse ; traitre, traitresse. – -esse = suffixe d'origine grecque.
– -e/-ine : héros, héroïne ; tsar, tsarine ; speaker, speakerine
– -/-ette : beur, beurette. – -ette < latin -itta ; suffixe à valeur diminutive, péjoratif ou mélioratif.

En français d'aujourd'hui, la productivité effective de ces suffixes apparait réduite : les locuteurs recourent plus fréquemment à un procédé de dérivation plus simple et plus discret.

2. Le substantif féminin est dérivé à partir du substantif masculin par l'adjonction d'un <e> graphique. C'est là l'utilisation, pour la formation de substantifs, du procédé à l'œuvre dans la flexion en genre des adjectifs (bon ~ bonne), ce -e étant issu du -a latin (bonus ~ bona). Ce procédé est déjà l'œuvre dans les adjectifs et participes substantivés : supérieur, étudiant, député.

Le terme de "double flexion" est parfois invoqué à propos de paires comme auteur/auteure, mais considérer ce mode de formation, pour les substantifs, comme relevant de la "flexion" nécessiterait de distinguer dans la classe des substantifs une sous-classe de désignations d'être animés qui fléchiraient non seulement en nombre, mais également en genre comme les adjectifs, à la différence de tous les autres substantifs. En outre, on ne peut parler strictement de "double flexion" que dans le cas où une même unité lexicale relève de deux classes flexionnelles en concurrence. – Sur la différence entre flexion et dérivation, v. Dressler (1989).

Selon l'effet produit, on peut distinguer deux types de formations féminines en -e :

Premier type : les termes féminins diffèrent des termes masculins uniquement à l'écrit, par la présence d'un <e> ("e muet") ajouté au terme masculin.

apprenti, apprentie ; député, députée

Ces dernières décennies ont été créés de nouveaux termes féminins en -e : auteure, professeure, cheffe, etc. Entreront-ils dans l'usage ? L'avenir le dira. En tout cas, il s'agit là de la féminisation la plus discrète possible, puisqu'à l'oral, elle n'apparait au maximum que dans les co-constituants du substantif (une nouvelle professeure ~ un nouveau professeur ; les professeures ~ les professeur). A comparer avec autrice, professeuse, cheffesse…

Deuxième type : les termes féminins diffèrent des termes masculins à l'écrit et à l'oral. A l'écrit est ajouté un <e>, "e muet" comme dans la premier type, mais sa présence entraine une modification de la prononciation ː dénasalisation, oralisation de la consonne graphique finale du terme masculin, modification vocalique ou consonantique.

– artisan, artisane ([aʁ.ti.zɑ̃], [aʁ.ti.zan]) ; chirurgien, chirurgienne ([ʃi.ʁyʁ.ʒjɛ̃], [ʃi.ʁyʁ.ʒjen]) ; écrivain, écrivaine ([e.kʁi.vɛ̃], [e.kʁi.vɛn]) ; vigneron, vigneronne ([viŋ.ʁɔ̃], [viŋ.ʁɔn])
Japonais, Japonaise ([ʒa.pɔˑnɛ], [ʒa.pɔ.nɛz])
– avocat, avocate ([a.vɔ.ka], [a.vɔ.kat]) ; étudiant, étudiante ([e.ty.djɑ̃], [e.ty.djɑnt])
– couturier, couturière ([ku.ty.ʁje], [ku.ty.ʁjɛʁ]), ouvrier, ouvrière ([u.vʁi.je], [u.vʁi.jɛʁ])
sportif, sportive ([spɔʁ.tif], [spɔʁ.tiv]) ; veuf, veuve ([vœf], [vœv])

3. Le terme usité sert pour la désignation des personnes des deux sexes et peut être associé à un déterminant masculin ou féminin ; on appelle ces termes épicènes. Ce sont des termes terminés le plus souvent sur le plan graphique par un <e>, non prononcé à l'oral.

adversaire, anarchiste, camarade, collègue, dentiste, élève, enfant, fonctionnaire, juge, ministre, prof, secrétaire…

L'acceptation de deux genres pour ces termes n'est généralement pas d'origine ancienne : ils ont existé d'abord comme masculins, et l'utilisation du féminin s'est développé suite aux évolutions économico-sociales et au besoin de désigner par ces termes des individus de sexe féminin.

Exemple : secrétaire est enregistré comme masculin jusqu'à la fin du XIXe siècle = "Celuy dont l'employ eſt d'eſcrire pour ſon maiſtre, de faire des lettres, des depeſches pour ſon maiſtre, pour celuy dont il dépend." (Dictionnaire de l'Académie 1694 : 2, 453) Issu du bas-latin secretarius (= confident) < latin secretum (substantif) = secret < secretus, participe passé de secernere = séparer, distinguer. – Mais à partir de la fin du XIXe siècle, avec le développement de l'économie, l'arrivée des machines à écrire et le développement de la sténographie, les métiers du secrétariat sont massivement investis pas des femmes. D'où l'emploi de ce terme également au féminin (enregistré en 1835 dans la 8e édition du dictionnaire de l'Académie).

4. Dernier procédé qui peut tendre à disparaitre au profit des trois premiers – employer le nom de métier et lui accoler femme (ou homme) : un professeur femme, une femme professeur.

Quelques remarques

– Du fait de la pluralité de modes de dérivation possibles résultent des hésitations : une auteur/autrice/auteure/?auteuse, une professeur/professeure/professeuse, une chercheure/chercheuse
– La création de termes féminins selon l'un ou l'autre de ces procédés peut aboutir à l'obtention non souhaitée d'homonymes : cafetière, chauffeuse, dépanneuse, marine, médecine, etc. – mais est-ce rédhibitoire ? L'emploi de cusinière (appareil et personne) ne semble pas plus pâtir d'une telle homonymie que, p. ex. cadre ou facteur.
– Au suffixe -esse est souvent attachée une connotation de désuétude, peut-être véhiculée par des termes comme abbesse, chanoinesse, comtesse, déesse, duchesse, princesse, mais au moins hôtesse et maitresse ne semblent pas affectés de la même connotation.

Deux témoignages littéraires sur le suffixe -esse

Alphonse Allais (2005 : 25). – "C'est la première fois que j'écris le mot "Suissesses" et je suis épouvanté de la quantité d'"s" absorbée par ce simple mot (6 s pour 10 lettres)."

Marcel Proust (sd : 23-24). – ""Mais on peut bien dire que c'est un vrai feignant que cet Antoine, et son "Antoinesse" ne vaut pas mieux que lui", ajoutait Françoise qui, pour trouver au nom d'Antoine un féminin qui désignât la femme du maître d'hôtel, avait sans doute dans sa création grammaticale un inconscient ressouvenir de chanoine et chanoinesse. Elle ne parlait pas mal en cela. Il existe encore près de Notre-Dame une rue appelée rue Chanoinesse, nom qui lui avait été donné (parce qu'elle n'était habitée que par des chanoines) par ces Français de jadis, dont Françoise était, en réalité, la contemporaine. On avait d'ailleurs, immédiatement après, un nouvel exemple de cette manière de former les féminins, car Françoise ajoutait :
– Mais sûr et certain que c'est à la Duchesse qu'est le château de Guermantes. Et c'est elle dans le pays qu'est madame la mairesse. C'est quelque chose."

– Le suffixe -euse sert aussi à la formation de noms de machines (agrafeuse, friteuse, moissonneuse, pelleteuse, perceuse), ce qui peut défavoriser son utilisation pour la création de désignations d'animés humains féminins, mais celles-ci sont nombreuses dans le lexique actuel.
– La productivité actuelle de la féminisation par -e est certainement favorisée par sa facilité d'emploi : rares sont les mots qui ne s'y prêtent pas, comme ceux terminés par une voyelle (kiné, soprano).

la générale et la veuve Clicquot

Dans le cas de quelques hautes fonctions assumées par des hommes, le terme féminin a été employé pour désigner la femme de l'homme ayant telle fonction ou tel titre : la maréchale, la générale, la colonelle, la préfète. Mais cet usage tombe en désuétude : hormis dans des références au passé, ces termes ne sont pratiquement plus employés que pour désigner des femmes occupant elles-mêmes les fonctions en question.

En revanche, en ce qui concerne les noms propres, des femmes mariées prennent encore souvent le nom de leur mari comme nom d'usage ou accolent le nom de famille de leur mari à leur propre nom de famille : Marie Dupont mariée à Pierre Durand peut se faire appeler Marie Durand, Marie Dupont, Marie Dupont-Durand ou Marie Durand-Dupont. Ces trois derniers types semblent en nette progression, mais le type Marie Durand (nom du mari) a très longtemps dominé ; voir aussi les expressions comme madame Pierre Durand (= la femme de Pierre Durand), M. et Mme Pierre Durand, la veuve Clicquot (= Barbe-Nicole Ponsardin, mariée à un certain François-Marie Clicquot, décédé après le mariage, elle-même décédée en 1866 ; employé au masculin avec majuscule initiale, un Veuve Clicquot désigne un champagne produit dans cette entreprise longtemps dirigée par la veuve Clicquot), etc.

personne

Par rapport à cette problématique, le terme personne est fort commode. Aussi bien au singulier qu'au pluriel, il peut désigner des individus de l'un ou l'autre sexe ou des deux à la fois. Mieux encore, il peut ne représenter aucun individu et change alors de genre : substantif féminin s'il représente un ou des individus de l'un ou l'autre sexe, il est masculin avec valeur de pronom dans le cas de zéro individu. Voyez les exemples suivants de Molière :

Figurez-vous donc premierement que la Scene est dans l'antichambre du Roy, car c'est un lieu où il se passe tous les jours des choses assez plaisantes. Il est aisé de faire venir là toutes les personnes qu'on veut, & on peut trouver des raisons mesme pour y authoriser la venuë des Femmes que j'introduis.
    (L'Impromptu de Versailles, 3 ; Molière 1947 : 4, 35)

Arnolphe : Mais il me semble, Agnés, si ma mémoire est bonne,
Que j'avois défendu que vous vissiez personne.
    (L'Escole des Femmes, II, 6 ; Molière 1947 : 3, 128)

Uranie : Quoy, Cousine, personne ne t'est venu rendre visite ?
Elise : Personne du monde.
    (La Critique de l'Escole des Femmes, 1 ; Molière 1947 : 3, 219)

persona personne vient du latin persona, terme d'origine étrusque, qui désignait le masque porté par les acteurs, de là, le personnage joué par l'acteur, et de là, "le rôle, le caractère, le personnage que quelqu'un joue dans le monde", "l'homme qui remplit une fonction quelconque, la personne qui joue un rôle, le personnage" (Freund 1924 : 2, 775).

Gaffiot (1964 : 1160) donne l'exemple ex persona ardent oculi histrionis (Cicero), les yeux de l'acteur lancent des flammes à travers le masque, – ainsi que l'illustration ci-contre de personae.


Expressions représentant des groupes d'individus des deux sexes

Une recherche rapide sur Internet (et d'abord dans les mails que l'on reçoit) révèle la multiplicité des variantes. Exemple des formules d'appel figurant dans des mails ou des courriers papier adressés à des collègues :

Chers collègues
Cher(e)s collègues
Cher(es) collègues
Cher-e-s collègues
Cher.e.s collègues
Cher-es collègues
Chère collègue, cher collègue
Cher collègue, chère collègue
Chère et cher collègue
Cher et chère collègue

N.B. Ne sont pas relevées ici les variantes (également nombreuses) concernant l'usage de la majuscule sur le mot collègue et sur la seconde occurrence de l'adjectif cher.

voirCourrier administratif

Sont analysées ci-dessous les différentes solutions pratiquées. En ce qui concerne l'emploi de ces expressions, il faudrait distinguer les situations de discours dans lesquelles elles sont produites : selon que l'on s'adresse aux personnes en question – ce qui correspond à la deuxième personne de la morphologie verbale : pronoms personnels tu, vous – ou que l'on parle de personnes absentes dans la situation de discours – troisième personne de la morphologie verbale, que Benveniste (1966 : 225 sq.) qualifie de "non-personne".

Utilisation du masculin à valeur générique

Le masculin fonctionne comme terme générique, c'est-à-dire comme le terme usuel de neutralisation de l'opposition de genre. Cet usage implique que les propriétés sexuelles des individus désignés ne sont pas pertinentes dans le contexte.

les enseignants sont invités à...
chers collègues, vous êtes invités à...
le prochain président sera élu en...

– On pourrait paraphraser ainsi cet emploi : qu'ils soient hommes ou femmes, peu importe, les enseignants sont invités à… Mais ce serait forcer le sens, car cela équivaudrait à prendre d'abord en considération l'identité sexuelle, avant de la rejeter comme non pertinente dans le contexte, alors que l'emploi générique du masculin l'ignore totalement.

Cet emploi du genre masculin est parfois qualifié improprement de "neutre". En indo-européen, le neutre, comme indiqué plus haut, est l'un des trois genres à côté du masculin et féminin, mais il ne sert pas pour la neutralisation de l'opposition masculin ~ féminin pour les êtres animés. En anglais, le neutre est – globalement – le genre grammatical des substantifs non-animés.

neutre < latin neuter = "aucun des deux, ni l'un ni l'autre" < ne- (négation) + -uter (l'un ou l'autre) ; Freund (1924 : 2, 564) donne l'exemple suivant : Ita neutris cura prosperitatis (Tacite), ni l'un ni l'autre ne se soucient de la postérité.

La raison pour laquelle, en français, le masculin et non le féminin sert de terme générique est liée à une propriété des substantifs concernés. Le terme féminin apparait généralement comme plus complexe sur le plan morphologique ou phonique que le masculin correspondant, qu'il soit formé par dérivation à partir du masculin (ex. : maitresse) ou que le masculin ait été apocopé (ex. : avocat [a.vo.ka], avocate [a.ko.kat], issus pareillement de latin advocatus, mais la prononciation du -t final a disparu du terme masculin) ; même les termes féminins en -trice (masc. -teur < latin -tor) sont formés avec un suffixe ajouté au masculin : -tor-ix. Dans les paires de termes correspondant aux deux sexes, le féminin en constitue alors le terme morphologiquement marqué. Cette caractéristique formelle correspond à une propriété sémantique : dans le terme féminin est nécessairement présente une caractéristique sexuelle [+ féminin], alors que le terme masculin correspondant peut, dans ses emplois, en être dépourvu.

marqué vs non-marqué : ces concepts linguistiques (anglais markedness, allemand Markiertheit) sont issus des travaux de l'école de Prague créée au lendemain de la première guerre mondiale (R. Âkobson [Jakobson], N. Trubečkoj [Troubetzkoy] et al.). Utilisés d'abord en phonologie, ces concepts ont été exploités et développés plus tard également en morphologie dans le cadre des théories de la naturalité (v. Poitou 1984) et dans d'autres domaines. Le point important est la correspondance que l'on peut généralement établir entre forme et sens : au terme formellement simple correspond généralement l'absence d'un trait sémantique présent dans le terme marqué : "Formal complexity generally corresponds to conceptual complexity" (Waugh & Lafford 2000 : 273). – Pour une présentation succincte des concepts marqué/non-marqué et neutralisation des oppositions, v. p. ex. Lyons (1970 : 62-63 et 98) – ou tout autre bon ouvrage de linguistique générale –, et Waugh & Lafford (2000).

Quelques autres faits concernant la neutralisation de l'opposition de genre au profit du masculin :
– Les adjectifs possessifs correspondant aux trois personnes du singulier ont, au singulier, deux formes distinctes pour le masculin et le féminin (mon ~ ma, ton ~ ta, son ~ sa), mais devant voyelle, c'est la forme masculine qui est employée depuis le moyen-âge également pour les substantifs féminins : son auto, sa voiture, et au pluriel, la forme est unique quel que soit le genre du substantif : ses autos, ses voitures, ses carosses. Pour les trois personnes du pluriel, une forme unique : notre/votre/leur auto/voiture/véhicule.
– Le pronom personnel de la troisième personne du singulier a des formes distinctes pour le masculin et le féminin (il ~ elle), mais cette opposition est neutralisée pour l'adjectif possessif, qui ne distingue pas entre possesseur masculin et féminin : le chien de Pierre – son chien ; le chien de Marie – son chien ; l'auberge, le restaurant – son menu) – à la différence de l'anglais ou de l'allemand (his dog ~ her dog ; sein Hund ~ ihr Hund).
– La nominalisation transforme un verbe ou un adjectif en un substantif de genre masculin : le boire et le manger, le beau, le vrai, le savoir-faire, etc.
– L'anaphorisation d'un adjectif attribut se fait avec le pronom masculin le au singulier (le singulier étant non-marqué par rapport au pluriel) : Jean est fatigué. Marie et Jeanne sont fatiguées. Marie et Jeanne le sont. – En allemand, c'est le neutre singulier qui est utilisé dans ce cas. Peter ist müde. Anna und Maria sind es auch.

L'emploi du masculin comme terme générique peut prêter à ambiguïté : les enseignants peut signifier l'ensemble des individus exerçant la profession en question quel que soit leur sexe, mais aussi le seul sous-ensemble des individus de sexe masculin exerçant ladite profession. Cet inconvénient est lié à l'aptitude des termes à représenter à la fois une catégorie et une sous-catégorie (usage générique et particulier). Des propositions suggérées parfois et consistant à choisir entre masculin et féminin en fonction de la proportion d'individus de l'un et l'autre sexe nécessiteraient un choix parfois délicat (trois femmes et quatre hommes ? quatre femmes et trois hommes ?). Si l'on veut préciser que seuls les individus de sexe masculin sont concernés, il faut ajouter un terme (p. ex. les enseignants hommes, hommes ne peut être compris que comme désignation d'êtres humains mâles, puisque la valeur générique est comprise dans enseignants) ; dans le cas inverse, il suffit de dire les enseignantes. Mais si cette ambiguïté est théoriquement possible, qu'en est-il en contexte ? Quand on lit, par exemple, "A Paris, les manifestants contre la politique du gouvernement étaient peu nombreux", on se doute bien qu'il y en avait des deux sexes (sinon, cela aurait été dit), mais peu importe.

Une telle ambiguïté entre générique et spécifique est loin d'être un phénomène unique dans la langue, et elle ne vaut pas seulement pour le genre. Un frigidaire peut désigner une armoire permettant de conserver des denrées au froid, de quelque marque qu'elle soit, ou exclusivement une telle armoire de marque Frigidaire. des nouilles (on a mangé des nouilles) peut désigner n'importe quel type de pâtes, ou une variété spécifique (des nouilles, pas des coquillettes). professeur (ou prof) peut désigner dans l'enseignement supérieur tout enseignant, ou bien seulement un enseignant ayant le titre de professeur (la désamiguisation peut être assurée par le redoublement : un prof prof). chat et chien sont employés à la fois comme termes génériques indépendants du sexe des animaux, ou pour désigner uniquement les mâles, avec les oppositions chat ~ chatte et chien ~ chienne. Un coca peut désigner spécifiquement un produit de la marque Coca Cola ou toute autre boisson semblable. – On pourrait multiplier les exemples.

Cas des termes épicènes

Employés au pluriel, les termes épicènes posent un problème semblable. Soit la phrase : Les élèves attendent les vacances. élèves désigne un ensemble déterminé d'individus qui correspondent à la définition suivante, selon le TLFi : "Enfant ou jeune qui reçoit l'enseignement d'un établissement scolaire ou d'une école spécialisée". Nulle autre caractéristique ne leur est attribuée, cela veut dire que l'identité sexuelle n'est pas, en l'occurrence, une propriété pertinente. Si l'on veut préciser qu'il s'agit de garçons, et non de filles, ou l'inverse, cela ne peut se faire que par l'insertion d'un terme spécifique, p. ex. les élèves garçons, les élèves filles ; les élèves fatigués, les élèves fatiguées).

Personne et fonction

Dans le rapport de la Commission générale de terminologie et de néologie relevant de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France, rapport datant de 1998, est proposée une distinction entre les fonctions, qui peuvent être assumées indifféremment par des individus des deux sexes et pour lesquelles l'emploi générique du masculin s'imposerait, et les personnes les occupant :

Cette indifférence juridique et politique au sexe des individus doit être préservée dans la réglementation, dans les statuts et pour la désignation des fonctions. Elle peut s’incliner, toutefois, devant le désir légitime des individus de mettre en accord, pour les communications qui leur sont personnellement destinées, leur appellation avec leur identité propre. Cette souplesse de l’appellation est sans incidence sur le statut du sujet juridique et devrait permettre de concilier l’aspiration à la reconnaissance de la différence avec l’impersonnalité exigée par l’égalité juridique." (p. 2)

En suivant cette distinction, on pourra dire : "Mme Martin, Préfet de région, est la coordinatrice des programmes départementaux d’investissement." (p. 47) ou s'adresser à elle en disant "Madame la Préfète". Comme l'indique ce rapport, la renonciation à la distinction entre fonctions et personnes et à l'emploi générique du masculin obligerait à réécrire tous les textes législatifs et réglementaires, jusqu'à la Constitution.

Dans la Constitution de la République française, on lit p. ex. : "Le Président de la République veille au respect de la Constitution." (art. 5) "Le Président de la République nomme le Premier ministre." (art. 8) – Dans le Code pénal : "Le règlement détermine les contraventions et fixe, dans les limites et selon les distinctions établies par la loi, les peines applicables aux contrevenants." (art. 111-2) – Dans le Code de la route : "Le conducteur d'un véhicule est responsable pénalement des infractions commises par lui dans la conduite dudit véhicule." (art. L121-1) [souligné par moi, JP]

L'homme et les droits de l'homme

homme < latin homo = être humain < racine indo-eruopéenne *ghyom = terre : l'homme est celui qui vient de la terre. L'homme, par opposition à la femme = vir (~ mulier). Le sens d'"être humain" du latin homo apparait bien dans les deux citations ci-dessous :

– Dulcissimum ad hominis camelinum lac (le lait le plus doux après celui de l'homme est celui du chameau) (Pline, in Freund 1924 : 2, 109).
– homo sum, humani nihil a me alienum puto" (je suis homme, j'estime que rien d'humain ne m'est étranger) (Térence, Heautontimorumenos, v. 77 ; Théâtre complet : 61)

De même origine : humain, humanité, humanisme, hommage. En français, le sens de "mari" pour homme apparait dans la langue familière au XIe siècle (mon/ton/son homme), mais homme n'est utilisé avec le sens de "personne adulte de sexe masculin", parallèlement à son sens initial d'"être humain", qu'à partir de la dernière partie du XIVe siècle (Rey 1998 : 1729-1732).

La Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen est adoptée par l'Assemblée nationale le 26 aout 1789.
    – Ci-contre : La Démocrate tenant les Droits de l'Homme. Estampe de 1789.
        http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6948024v, consulté le 2017-11-21.

– "droits de l'homme" ou "droits humains", comme l'anglais human rights ? homme et humain ont la même origine. Mais surtout, l'expression "droits de l'homme" est, comme d'autres, ancrée dans l'histoire de la Révolution française et plus généralement dans l'histoire de l'humanité.

– "droits de l'Homme" ou "droits de l'homme" ? L'utilisation de la majuscule pour distinguer l'emploi générique de l'emploi spécifique est rare, et elle ne vaudrait en tout état de cause que dans ce seul cas.

1789

– En septembre 1791, une certaine Marie Gouze (1748-1793), qui se fait appeler Olympe de Gouges, dédie à la reine Marie-Antoinette une Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne. Voici la fin du préambule : "En conséquence, le sexe supérieur en beauté comme en courage, dans les souffrances maternelles, reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l'Etre suprême, les Droits suivans de la Femme et de la Citoyenne." Et à l'article X : "la femme a le droit de monter sur l'échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la tribune".
    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64848397, consulté le 2017-11-21.

Après la chute de la Gironde (2 juin 1793), Olympe de Gouges, qui en était proche, est arrêtée, non en raison de la dite Déclaration, mais en raison de son combat contre la Convention montagnarde. Voici ce que rapporte le Moniteur universel :

Olympe de Gouges, se disant veuve Aubry, femme de lettres, âgée de trente-huit ans, native de Montauban, convaincue d'être l'auteur d'écrits tendant à l'établissement d'un pouvoir attentatoire à la souveraineté du peuple, a été condamnée à la peine de mort. Elle s'est déclarée enceinte. On a sursis à l'exécution jusqu'à l'examen des gens de l'art. (14 brumaire an II)
L'examen des gens de l'art ayant démontré fausse la déclaration de grossesse faite par Olympe de Gouges, condamnée à mort, le sursis a été levé, et l'exécution a eu lieu le 13 brumaire. (15 brumaire an II)
    Réimpression de l'Ancien Moniteur. Tome 18. Paris : Bureau central, 1841, p. 326 et 343-344. Document en ligne sur le site de Google, consulté le 2017-12-07. http://books.google.fr/

Utilisation conjointe des termes masculin et féminin

Mesdames, messieurs (utilisé seul) / Mesdames et messieurs (complété par l'énoncé de fonctions spécifiques)

Exemples issus de discours officiels d'Emmanuel Macron, président de la République : Mesdames et messieurs les élus, […] Mesdames et messieurs les ambassadeurs (2017-06-09) ; Mesdames et messieurs les académiciens (2017-12-08). Noter l'emploi du masculin pluriel à valeur générique.

ces messieurs-dames
les étudiantes et les étudiants
les passagers et les passagères
le prochain président ou la prochaine présidente
chères collègues, chers collègues
celles et ceux qui…
Françaises, Français !

Formulation utilisée régulièrement par le général de Gaulle dans ses allocutions en tant que président de la République (1959-1969). Elle a été parodiée ainsi par l'humoriste Pierre Desproges : "Françaises, Français, Belges, Belges". – Depuis la présidence de François Mitterrand (1981-1995), c'est la formule "Mes chers compatriotes" qui est utilisée – et orthographiée ainsi sur le site de l'Elysée en 2016.
– Le modèle gaullien a été repris de façon non parodique par Arlette Laguiller, candidate trotskiste à l'élection présidentielle en 1974 et à chaque élection présidentielle ensuite jusqu'en 2007 : "Travailleuses, travailleurs !". Dans sa première intervention télévisée (1974-04-20), elle se présente ainsi : "Eh bien oui, je suis une femme et j'ose me présenter comme candidate à la présidence de cette république d'hommes."

Au pluriel, les deux termes sont reliés par la conjonction et, au singulier, par la conjonction ou.

Si une étudiante ou un étudiant pense que...

Dans quel ordre disposer les deux termes ? – Il n'y en a que deux possibles : masculin en premier ou en second. Mais le choix peut correspondre à plusieurs principes : 1. ordre alphabétique ; 2. le terme le plus court d'abord (c'est généralement le masculin) ; 3. le féminin d'abord comme reflet linguistique de traditions de galanterie à l'égard du "sexe faible" ; 4. le féminin d'abord pour d'accorder l'adjectif épithète situé à droite (quand il y en a un) avec le second terme (masculin), c'est-à-dire au masculin ; 5. le masculin d'abord – reflet linguistique d'une tradition de prédominance masculine dans la société.

Dans certains cas, on fait, quand on le peut, l'ellipse des éléments communs.

chères et chers collègues

Ce procédé fait apparaitre tout ensemble d'individus comme scindé en deux sous-groupes, chacun avec une représentation linguistique spécifique. Le critère de distinction des deux sous-groupes est le sexe, c'est-à-dire l'une des propriétés des référents, considérée dès lors comme étant la plus pertinente : pas de groupe d'individus sans division entre personnes de sexe masculin et personnes de sexe féminin. La féminisation aboutit ainsi à séparer sur le plan linguistique les hommes et les femmes.

Utilisation de démarcatifs : parenthèses, traits d'union, points, barres obliques

Dans la graphie, la marque du féminin est ajoutée au terme masculin et reliée par un trait d'union, un point ou une barre oblique, ou elle est mise entre parenthèses.

les directeurs-trices
les directeur.trice.s
les directeurs/trices
les directeurs(trices)
les candidat-e-s
certains-es étudiants-es inscrits-es
un(e) étudiant(e) nouveau(elle)
un-e étudiant-e nouveau-elle
un/e étudiant/e nouveau/elle
les collègues intéressé-e-s
les directeur-trice-s
Cher(e)s collègues
le/la président/e
du.de la fonctionnaire

Aux démarcatifs attestés dans ces expressions a été ajouté plus récemment le point médian (appelé parfois aussi point milieu par calque de l'anglais middle dot ; U+00B7 dans le standard Unicode) – dernier avatar en date des propositions féminisantes :

les candidat·e·s

– Ce point médian est différent de la puce (U+2022, bullet en anglais), placée à la même hauteur ; ci-après, point médian et puce : · •

Choix entre ces démarcatfs. – Un Guide pratique pour une communication publique sans stéréotype de sexe publié en 2015 par le Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes préconise le point pour deux raisons principales : il serait peu visible et idéologiquement neutre. Voici les arguments :

Le point a l’avantage d’être peu visible pour ne pas gêner la lecture, d’être le plus aisé pour les logiciels adaptés aux personnes malvoyantes, de faciliter l’écriture sur un clavier informatique et d’éviter toute connotation négative à l’inverse des parenthèses (indiquent un propos secondaire), de la barre oblique (connote une opposition), du E majuscule (peut laisser penser que seules les femmes sont désignées). Il prend également moins de place que le tiret, autre forme courante.
    http://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/IMG/pdf/hcefh__guide_pratique_com_sans_stereo-_vf-_2015_11_05.pdf, consulté le 2017-10-07.

– La faible visibilité du point ? (surtout pour les aveugles !). – Comme aurait dit très judicieusement La Palice, la fonction des signes de ponctuation ne peut être remplie que si on les voit (voir p. ex. la supériorité de l'espace inter-mots, bien visible, sur le point médian utilisé parfois dans la Rome antique).
– Les connotations attribuées aux parenthèses ?  – Les parenthèses encadrent une séquence hors syntaxe de la phrase, quels que soient la raison et l'effet de cet ajout. Mais ces connotations supposées semblent véhiculées par le transfert sur cette convention scripturale du sens figuré de l'expression mettre entre parenthèses = "Négliger, exclure, faire abstraction de" (TLFi).
– Une connotation d'opposition dans la barre oblique ? – Où est l'"opposition" dans l'usage standard de la barre oblique avec les unités de mesure : km/s ?

Fonction. – La fonction de ces démarcatifs n'est pas la même dans tous les cas :

– ce peut être le signal qu'il convient de redoubler l'un des segments à gauche (en gras ci-dessous) et de coordonner ce segment successivement avec l'un et l'autre des segments restants séparés par le démarcatif : les directeurs-trices = les directeurs et les directrices

– ce peut être aussi le signal que le segment situé à droite du second démarcatif (en gras ci-dessous) doit être concaténé au segment situé à gauche du premier démarcatif et au segment situé entre les deux démarcatifs : les directeur.rice.s = les directeurs et les directrices

Ordre. – Dans les exemples présentés par les guides de féminisation (voir notamment celui présenté par le secrétariat d'Etat en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes, cité plus haut), le masculin précède toujours le féminin : inspecteur.rice, chroniqueur.euse, banquier.ère, etc. Quel que soit le procédé de formation du terme féminin, sur le plan graphique, cette façon d'écrire fait apparaitre dans tous les cas la forme masculine comme étant la première et la forme de base, à partir de laquelle est créée la forme féminine. Dans une contribution à la liste Typographie le 2017-10-14, Jean Tillie ("diconoma") le résume dans une jolie formule : "Les femmes, d’accord ! mais les hommes d’abord."

On remarquera par ailleurs que dans le cas de "Cher(e)s collègues", les opérations de redoublement et de concaténation doivent s'accompagner du remplacement d'une lettre (en gras ci-dessous) par la même lettre avec diacritique : la représentation des personnes de sexe féminin y gagne un <e> (muet !) et y perd un accent grave ; de toute façon, pas de différence à l'oral entre masculin et féminin : [ʃɛʁ.kɔ.lɛɡ].

Cher(e)s collègues = Chères collègues, Chers collègues

Effets. – Quelle que soit leur fonction, l'usage de ces signes comme démarcatifs représente une modification de l'une des caractéristiques essentielles de l'écriture standard, dans laquelle tout mot est écrit comme une suite continue de lettres. Le trait d'union (à distinguer du tiret cadratin ou demi-cadratin) ne sert qu'à relier deux mots composant un même mot. Le point n'a que deux emplois standard : marquer la fin d'une unité syntaxique (la phrase) et marquer l'abréviation d'un mot (p. = page). Les signes utilisés ici fracturent l'unité graphique du mot. Et tout état de cause, il semble peu problable que l'usage du point ou de tout autre signe à l'intérieur du mot n'ait pas d'impact sur la fluidité de la lecture, mais des tests sérieux devraient être menés avant toute affirmation catégorique.

Oralisation. – Deux cas :

1. L'adjonction d'un e (muet), avec éventuellement redoublement de la consonne graphique finale, ne modifie pas l'oralisation : élu.e [e.ly], chef.fe [ʃɛf]. La réalisation orale pourrait alors faire l'économie du redoublement du même segment s'il n'y avait pas de déterminant distinct comme c'est le cas au singulier : le/la, un/une, ce/cette, son/sa, etc. Au pluriel, par contre, [lɛ.ze.ly] représente correctement <les élu.e.s>.

2. Le segment "féminin" se substitue à un segment "masculin" : citoyen.ne [si.twa.jɛ̃], [si.twa.jɛn] ; banquier.ère [bɑ̃.kje], [bɑ̃.kjɛʁ] ; travailleur.euse [tʁa.va.jœʁ], [tʁa.va.jøz] ; recteur.rice [ʁɛk.tœʁ], [rɛk.tʁis] ; sportif.ve [spɔʁ.tif], [spɔʁ.tiv] ; étudiant.e [e.ty.djɑ̃], [e.ty.djɑ̃t]. Dans ce cas, l'oralisation conjointe des formes masculine et féminine avec leurs déterminants respectifs est nécessaire : <des avocat.e.s> [dɛ.za.vɔˑka.e.dɛ.za.vɔ.kat] ou [dɛ.za.vɔˑka.te.dɛ.za.vɔ.ka]

 

incl
Le Canard Enchaîné, 2017-10-18.

Stratégies d'évitement

Pour échapper aux inconvénients liés à la représentation distincte de personnes des deux sexes, différents guides suggèrent plusieurs stratégies d'évitement qui consistent essentiellement à faire passer à la trappe l'identité sexuelle des personnes ou les personnes elles-mêmes. Plus de séparation entre hommes et femmes ici : escamotage du sexe ou, plus facilement, des personnes ; ni femmes, ni hommes, et le problème est réglé ! Il y a plusieurs méthodes :

– on recourt à des constructions qui ne nécessitent pas de terme différencié selon le genre et à des termes ne variant pas en genre (exemples 1 et 2 ci-dessous) ;
– les constructions à l'actif sont remplacées par l'utilisation du passif sans agent (exemple 3) ;
– les personnes individuelles disparaissent derrière le collectif (exemples 4-9).

1
2
3
4
5
6
7
8
9

il peut / elle peut déposer
les candidats qualifiés
le juge mène l'instruction avec diligence
les employés
les étudiants
un archiviste
les cantonniers
les enseignants
les sauveteurs

il lui est possible de déposer
les personnes candidates aptes
l'instruction est menée avec diligence
le personnel
la population étudiante
le service des archives
le personnel d'entretien des routes
le corps enseignant
les secours


En guise de conclusion

Préconisations… et pratiques

1. Dans le Guide pratique pour une communication publique sans stéréotype de sexe déjà cité, on peut lire p. 14 : "Le HCEfh [= Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes] soutient la réhabilitation de l’usage de la règle de proximité, qui consiste à accorder les mots avec le terme le plus rapproché. / Par exemple : « les hommes et les femmes sont belles » ou « les femmes et les hommes sont beaux ».

Mais… faites ce que je dis et ne faites pas ce que je fais. Page 13, on peut lire en effet : "Jusqu’au XVIIe siècle, tous les noms de métiers, fonctions et dignités exercé.e.s par des femmes étaient nommé.e.s au féminin […]" – Et alors, cette "règle de proximité" ?? Et page 3, la présidente dudit conseil et la rapporteure [sic] écrivent : "Nous savons pouvoir compter sur vous pour utiliser et diffuser ce Guide en interne comme à vos prestataires extérieurs afin qu’il devienne un outil de référence." [souligné par moi, JP] – Tiens ? Que des hommes parmi les prestataires ?

2. Sur le site du secrétariat d'Etat en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes figure la présentation d'un manuel d'écriture dite "inclusive" dont les auteurs indiquent entre autres choses :

"Nous sommes situés à Paris […] Nous sommes déjà intervenus à Paris. […] Nous avons déjà mis en place certains ateliers auprès de professionnels."
    http://www.egalite-femmes-hommes.gouv.fr/initiative/manuel-decriture-inclusive/, consulté le 2017-10-02. Souligné par moi, JP.

– Tiens ? Que des hommes ? Non. Mais… faites ce que je dis et ne faites pas ce que je fais. – Ledit manuel est l'œuvre d'une entreprise privée qui vend divers services, dont la promotion de cette écriture dite "inclusive". Un bon filon commercial ?

3. Dans la profession de foi de l'une des listes qui se porte candidate, en novembre 2017, au bureau exécutif de La République en Marche ! (En Marche #AvecCasta), on peut lire au début : "Cher.e.s ami.e.s, / Engagé.e.s auprès d’Emmanuel Macron, nous sommes des adhérent.e.s, des parlementaires, des référent.e.s, des élu.e.s de collectivités locales […] Tout comme vous, nous sommes avant tout des marcheuses et des marcheurs."

Mais dans la suite du texte, retour à l'écriture standard : "aux penseurs", "les marcheurs", "en lien avec le gouvernement et nos élus", "nous avons chacun une histoire". Et l'une des candidates se présente ainsi : "32 ans, mariée, 1 enfant, chef d'entreprise". – Réaction de Christophe Castaner, délégué général élu de La République en marche, à propos de l'"écriture inclusive" utilisée dans ce texte par ses partisans, le 2017-11-23 : "je trouve ça un peu couillon, comme on dit chez moi."
    https://en-marche.fr/articles/communiques/bureau-executif-liste-4, consulté le 2017-11-14.
    https://www.marianne.net/politique/ecriture-inclusive-castaner-trouve-couillon-le-texte-de-son-propre-futur-bureau-executif, consulté le 2017-11-23.

Pour en finir…

… cette remarque digne de celles que Molière a placées dans la bouche des Femmes savantes et des Précieuses ridicules :

Je trouve ça élégant ; cela forme comme des petits nuages à la fin des mots.

estime Brigitte Grésy, secrétaire générale du Conseil supérieur de l'égalité professionnelle et agrégée de grammaire (!), à propos de l'écriture dite "inclusive". (Libération, 2017-11-05).
    http://www.liberation.fr/france/2017/11/05/ecriture-inclusive-depuis-que-j-ecris-ainsi-je-ne-vois-plus-un-monde-uniforme-mais-riche-des-deux-se_1608014, consulté le 2017-11-13.

Dans le même temps, "Petit Prof", professeur de français en collège, publie sur Twitter cet extrait d'une copie…

excl

… et elle conclut : "Mes élèves préfèrent l'écriture exclusive." (2017-12-03)


Documents

N.B. Les guides de féminisation pullulent actuellement, le plus souvent sans grande originalité. Ne sont mentionnés ici que quelques documents émanant d'institutions officielles.

France

Premier ministre : Circulaire du 21 novembre 2017 relative aux règles de féminisation et rédaction des textes publiés au Journal officiel de la République française, Journal officiel, 2017-11-22. Document en ligne, consulté le 2017-11-23.
https://www.legifrance.gouv.fr/eli/circulaire/2017/11/21/PRMX1732742C/jo/texte

Règles prônées dans cette circulaire :
1. Emploi de formes féminines pour désigner les fonctions d'une personne de sexe féminin (ex. : la ministre, la directrice), conformément au document Femme, j'écris ton nom.
2. Emploi du masculin à valeur générique "pour les termes susceptibles de s'appliquer aussi bien aux femmes qu'aux hommes", sauf pour les avis de recrutement (ex. : le candidat ou la candidate) ; rejet de "l'écriture dite inclusive".
3. Respect des "règles grammaticales et syntaxiques".

Institut national de la langue française : Femme, j'écris ton nom... Guide d’aide à la féminisation des noms de métiers, titres, grades et fonctions, 1999. Document en ligne, consulté le 2010-06-02.
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/994001174/0000.pdf

Commission générale de terminologie et de néologie (Premier ministre) : Rapport sur la féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre, 1998. Document en ligne, consulté le 2017-12-14.
 http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/994000415.pdf

Premier ministre : Circulaire du 6 mars 1998 relative à la féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre.
https://www.legifrance.gouv.fr/jo_pdf.do?numJO=0&dateJO=19980308&numTexte=&pageDebut=03565&pageFin=80398, consulté le 2017-11-22.

Premier ministre : Circulaire du 11 mars 1986 relative à la féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre.
https://www.legifrance.gouv.fr/jo_pdf.do?id=JORFTEXT000000866501, consulté le 2017-11-17.

Belgique

Ministère de la fédération Wallonie-Bruxelles : Mettre au féminin. Guide de féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre. 3e édition, 2014. Document en ligne, consulté le 2017-10-27.
http://www.languefrancaise.cfwb.be/index.php?eID=tx_nawsecuredl&u=0&g=0&hash=ba73a928942b8eddaa12271d0f76165f4b539531&file=fileadmin/sites/sgll/upload/lf_super_editor/publicat/collection-guide/interieur_FWB_brochure_Fem_light.pdf

Québec

Office québécois de la langue française : série d'articles sur "Féminisation et rédaction épicène". Documents en ligne, consulté le 2017-10-27.
http://bdl.oqlf.gouv.qc.ca/bdl/gabarit_bdl.asp?th=1&Th_id=274

Suisse

Chancellerie fédérale : Guide de formulation non sexiste des textes administratifs et législatifs de la Confédération, 2000. Document en ligne, consulté le 2008-10-28.
http://www.unige.ch/rectorat/egalite/files/9414/0353/2732/charte_epicene_Chancelerie_guide_formulation_non_sexiste.pdf


Références bibliographiques

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