Jacques Poitou
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Références bibliographiques



Dans un article, un livre, sur quelque sujet que ce soit, on peut distinguer trois types d'informations selon leur origine :

– les premières sont le produit du travail de l'auteur lui-même ;
– les secondes peuvent être considérées comme des connaissances partagées ;
– les troisièmes sont l'œuvre d'auteurs particuliers et identifiables qui les ont publiées antérieurement.

Question d'honnêteté : à la fois pour faire ressortir l'apport spécifique de l'auteur et pour rendre à César ce qui appartient à César, il est nécessaire de distinguer nettement ces trois sources d'information et d'indiquer clairement quelles sont ses sources. Mais la façon de le faire dépend du type de texte.

Les textes à caractère scientifique ont pour but de faire avancer la science par rapport à son état actuel. Il en découle deux règles. La première consiste à s'appuyer sur les résultats des recherches antérieures en la matière. La seconde consiste à bien distinguer ce qui a déjà été élaboré et publié et l'apport spécifique et nouveau de l'auteur. Pour cela, il est nécessaire de citer explicitement les travaux sur lesquels on s'appuie et de marquer explicitement tout emprunt, toute citation à un travail antérieur – y compris à ses propres travaux. C'est une règle déontologique de base pour tout travail scientifique. Le non-respect de cette règle équivaut à du plagiat.

voirPlagiat : définitions, copier-coller et plagiat

Les textes de vulgarisation sont destinés à des non-spécialistes, qui n'ont pas pour but principal de mesurer la contribution spécifique de tel ou tel à la science, mais plutôt de s'informer sur l'état des connaissances en la matière. Les lecteurs n'ont donc pas le même intérêt à savoir précisément et immédiatement les références des travaux sur lesquels s'appuie l'auteur du texte de vulgarisation. Ce ne leur est pas nécessairement indifférent, mais ce n'est pas aussi important que dans le cas de travaux scientifiques.

Le traitement des références bibliographiques ne peut pas être le même dans ces deux types de textes. Dans les textes scientifiques, les références bibliographiques doivent être immédiatement repérables, tandis que dans les textes de vulgarisation, elles doivent se faire plus discrètes, pour ne pas gêner la lecture du texte lui-même.

Le traitement des références bibliographiques a beaucoup évolué ces dernières décennies en liaison avec les progrès technologiques. L'interconnexion des bibliothèques et la consultation à distance de vastes catalogues nécessitent une standardisation et une précision des références bibliographiques qui concernent certes au premier chef les bibliothécaires et les documentalistes, mais incitent tous les utilisateurs (éditeurs, auteurs, lecteurs) à la même rigueur.

Les normes citées dans ce qui suit sont les normes ISO 690:1987 et ISO 690-2:1997 (normes AFNOR Z 44-005 et Z 44-005-2), telles quelles figurent dans Normes de catalogage.


Citation des références bibliographiques

Les usages concernant la citation des références bibliographiques dans le texte de l'auteur sont divers. On peut en distinguer deux grands types : soit les références bibliographiques sont intégralement contenues dans le texte ou dans les notes, soit elle n'y sont l'objet que d'une mention partielle et elles ne sont présentes sous leur forme développée que dans une partie spécifique de la publication, baptisée "Bibliographie" ou "Références bibliographiques", placée après le texte lui-même. On peut également trouver une combinaison, redondante, de ces deux procédés : références complètes dans le texte ou dans les notes et bibliographie récapitulative détaillée. Dans les travaux scientifiques, et notamment dans les travaux universitaires, la présence d'une bibliographie est obligatoire.

Références bibliographiques dans le texte

Cet usage ne peut convenir, en tout état de cause, que si les références bibliographiques sont très peu nombreuses ou même quasi-exceptionnelles.

Références bibliographiques dans les notes

Une référence bibliographique complète, avec indication de la page, figure en note (de bas de page ou de fin de chapitre ou de volume) la première fois que la publication concernée est citée dans le texte. Les fois suivantes, elle est reprise par une abréviation la plupart du temps latine (en italique), avec indication de la page :

ibid. = ibidem (au même endroit)
loc. sit. = loco citato (à l'endroit cité)
op. cit. = opere citato (dans l'ouvrage cité)
id. = idem (le même)

Ces conventions, traditionnelles et encore en usage dans certaines disciplines, présentent l'avantage de fournir au lecteur les indications bibliographiques sur la même page (pour autant qu'il s'agisse de notes de bas de page !) sans qu'il ait besoin de se référer à la bibliographie (dite alors récapitulative). Mais elles présentent aussi deux inconvénients majeurs. Le premier est la multiplication des notes, les notes de contenu étant noyées dans une masse de notes de références. Second inconvénient : dans le cas d'une lecture non linéaire de la publication, la seule mention op. cit. ou ibid. oblige le lecteur à chercher, dans les pages précédentes, où l'auteur a bien pu citer cette publication la première fois.

Renvois à une bibliographie

La méthode de plus en plus utilisée, voire même parfois obligatoire, consiste à ne faire figurer dans le texte qu'une indication dont la seule fonction est de renvoyer à la bibliographie et, le cas échéant, la page. Il existe plusieurs systèmes de renvois possibles. La méthode présentée ci-dessous est la plus courante (au moins dans certaines disciplines comme la linguistique). C'est la méthode dite "du premier élément et de la date" :

Cette analyse est défendue dans plusieurs travaux récents (Dupont 2004, Durand 2005, Martin 2003).
Cette analyse est défendue entre autres par Dupont (2004 : 47), qui estime que...

Mentionnons juste une autre méthode, citée par la norme ISO 690 : la publication est citée par un seul numéro (avec indication éventuelle de la page), auquel cas les références bibliographiques doivent être ensuite présentées dans l'ordre de ces numéros (c'est là l'inconvénient majeur de cette méthode dans la perspective d'une consultation autonome de la bibliographie).


Format des références bibliographiques

Une simple comparaison entre les bibliographies de travaux anciens (quand elles existaient) et celles de travaux récents suffit à montrer l'évolution qui a eu lieu en la matière. Si les références du type (a) ci-dessous étaient fréquentes il y a quelques décennies, elles sont de plus en plus remplacées par des références du type (b), c'est même un usage obligatoire dans toute publication à caractère scientifique.

(a)
Dupont, P., Traité de philosophie, Paris.
Dupont, P., Traité de philosophie, 1938.
Dupont, P., Traité de philosophie, Editions Lambda.

(b)
Dupont, Pierre, 1938. Traité de philosophie. 4e édition. Paris : Lambda.

Mais il n'existe pas à l'heure actuelle de norme unique qui serait unanimement et intégralement respectée par toutes les parties concernées (éditeurs, bibliothèques, auteurs). Les normes internationales existantes (ISO 690:1987 et ISO 690-2:1997) constituent une référence... qui est ensuite plus ou moins adaptée ou modifiée par éditeurs et auteurs. En outre, elles ne portent que sur la nature des éléments qui doivent figurer dans une référence bibliographique et sur l'ordre dans lequel ils doivent y figurer, et non sur les questions de typographie ou de ponctuation.

Cependant, il y a un consensus assez large au moins sur quelques points :

– toutes les références bibliographiques doivent avoir le même format (principe de cohérence) ;
– doivent absolument figurer dans chaque référence au moins le nom de l'auteur, le prénom ou au moins son initiale, le titre de l'ouvrage ou de l'article (le cas échéant le titre de la publication dans laquelle se trouve l'article avec indication des pages), la date et les indications des pages concernées s'il s'agit d'une partie d'une publication (monographie ou périodique) ;
– les références bibliographiques sont écrites en romain, sauf le titre de l'ouvrage ou de la publication dans laquelle se trouve l'article, qui est en italique (le soulignement était employé en dactylographie – avec une machine à écrire – à la place de l'italique) ;
– chaque référence se termine par un point.

Remarques

1. Le premier point peut paraître évident, il est moins évident de s'y tenir strictement, à partir du moment où l'on récupère des données bibliographiques à droite et à gauche. Mais les seuls éléments faisant foi sont ceux qui se trouvent sur la publication elle-même.
2. Le dernier point peut aussi paraître évident. Mais l'expérience prouve qu'il ne l'est pas toujours... D'ailleurs, les références bibliographiques de l'Encyclopædia universalis se terminent sans point...

Les divergences portent essentiellement sur :

– la précision et le nombre des indications requises ;
– l'usage des séparateurs entre les différents éléments de la référence (point, virgule, deux-points, tirets, crochets) ;
– le types de caractères adopté pour le nom de l'auteur : minuscules (avec majuscule initiale), capitales, petites capitales.

La diversité des usages (et le travail nécessaire pour changer le format des références bibliographiques) sont tels que différents logiciels ont été développés pour la mise en forme de la bibliographie en fonction des contraintes de tel ou tel éditeur.

Ordre des références

Deux types d'usages, ici aussi. Soit on présente toutes les références bibliographiques en ordre alphabétique (c'est-à-dire classées selon le premier élément de la référence), soit on distingue plusieurs catégories, variables selon les disciplines. Les catégories peuvent correspondre à des types différents de texte (dictionnaires, sources principales, littérature secondaire, etc.) ou à des thèmes différents (philosophie, linguistique, ésotérisme, etc.). Chacun des deux types de classement a ses avantages et ses inconvénients.

En revanche, il est fréquent de séparer les références des documents papier et celles des documents numériques (CD-Rom, documents en ligne).


Documents papier

Les conventions présentées ci-dessous sont une synthèse d'usages différents requis par des éditeurs de travaux scientifiques. Elles sont conformes à la norme ISO, à ceci près que la norme ISO prescrit aussi l'indication obligatoire du numéro ISBN ou ISSN.

N.B. "conformes à la norme ISO" ne signifie pas que d'autres conventions, notamment concernant le nombre des éléments à mettre dans une telle référence, ne le seraient pas.

Ouvrage d'un auteur

Nom, prénom, année de parution. Titre de l'ouvrage. Numéro de l'édition si différente de la première. Lieu de parution : éditeur. (Collection et numéro dans la collection.)

Exemple : Dupont, Pierre, 1938. Traité de philosophie. 4e édition. Paris : Editions Lambda.

Certains éditeurs préconisent de mettre le nom de l'auteur en petites capitales, mais leur emploi avec un logiciel de traitement de texte et une police standards est problématique.

voirPetites capitales

N.B. Cette norme vaut dans le cas de renvois à la bibliographie par la "méthode du premier élément et de la date". Dans le cas des autres méthodes, la date figure après l'indication de l'éditeur.

Recueil collectif

Nom, prénom (dir.), année de parution. Titre de l'ouvrage. Lieu de parution : éditeur. (Collection et numéro dans la collection.)

Exemple : Dupont, Pierre (dir.), 1938. Traité de philosophie. 4e édition. Paris : Editions Lambda.

A la place de "dir." (= directeur), on peut employer aussi "ed." (et "eds." si le recueil a été dirigé par plusieurs personnes), usage issu du monde anglo-américain (editor).

Article figurant dans un recueil collectif

Nom, prénom, année de parution. Titre de l'article. in : Nom, prénom [de l'auteur de ce recueil] (dir.), Titre du recueil. Lieu de parution : éditeur, année, pages.

Exemple : Martin, Albert, 1938. Théorie de l'Etre. in : Dupont, Pierre (dir.). Traité de philosophie. 4e édition. Paris : Editions Lambda, 1938, 125-158.

Le titre de l'article est parfois écrit entre guillemets (mais le fait que le titre de l'article ne soit pas en italique indique à lui seul clairement que ce n'est pas le titre de l'ouvrage.

A la place de "in" (ou "In"), qui a l'avantage d'être international, on trouve aussi "dans".

Article figurant dans un périodique

Nom, prénom, année de parution. Titre de l'article. Titre du périodique. Année, volume, numéro : pages.

Exemple : Martin, Albert, 1939. Remarques sur la théorie de l'Etre. La Revue 1939, 14, 1 : 47-58.

N.B. Avec des méthodes de renvois autres que celle "du premier élément et de la date", l'indication de l'année après le nom de l'auteur peut être supprimée.


Documents numériques

Les usages sont ici encore plus divers que dans le cas de documents papier. En tout cas, les deux points les plus importants sont l'indication du type de support et, pour les documents en ligne, la date de consultation (pour la simple raison que les sites internet sont susceptibles de changer rapidement : la présente page, p. ex., n'est plus la même que la veille de son actualisation et elle sera peut être aussi différente dans une heure ou dans un jour).

Les documents électroniques sont généralement séparés de la bibliographie proprement dite (où ne figurent donc que les références à des documents papier). L'ensemble des références à des documents électroniques en ligne est le plus souvent appelé "webographie". L'Office québécois de la langue française avance deux arguments forts contre le terme de sitographie, utilisé quelquefois : a) "sito- ne suffit pas à caractériser sans équivoque l'idée de « site Web »" et b) il "est l'homophone du préfixe cyto- utilisé dans les sciences de la santé"
(http://www.olf.gouv.qc.ca/ress/bibliotheque/dictionnaires/Internet/fiches/8391499.html – lien caduc).

Site internet et document figurant sur un site internet

N.B. Les indications ci-dessous représentent une version très simplifiée de la norme ISO 690-2.

Voici un exemple de référence (référence de cette page) :

Poitou, Jacques, 2009. Références bibliographiques. Document en ligne, consulté le 2009-01-30. <http://j.poitou.free.fr/pro/html/typ/biblio.html>.

S'il s'agit d'un document papier numérisé, on peut indiquer :

Dupont, Pierre, 1938. Traité de philosophie. 4e édition. Paris : Editions Lambda. Document en ligne, consulté le 2009-01-02. <http://www.site.com>.

L'adresse du site doit être scrupuleusement reproduite ; les crochets (utilisés ci-dessus) sont un moyen de l'isoler du reste de la référence ; on peut aussi utiliser un style typographique différent (par exemple, sur des pages internet, la couleur bleue de la police et le soulignement suffisent à indiquer qu'il s'agit d'un lien).

Comme pour les publications papier, les seules indications utilisables sont celles figurant sur le site ou sur la page elle-même ; tout ajout doit figurer entre crochets.

CD-Rom, DVD-Rom

Les références à un CD-Rom (ou DVD-Rom) ou à un document figurant sur un tel support ne se distinguent des références à une publication papier que par la mention, obligatoire, du type de support (p. ex. CD-Rom) après le titre de la publication.


Précisions

Auteurs multiples, publications multiples d'un même auteur, etc.

L'ouvrage a deux ou trois auteurs :

Nom1, Prénom1, Nom2, Prénom2 & Nom3, Prénom3

L'ouvrage a plus de trois auteurs :

Nom1, Prénom1, (Nom2, Prénom2) et al. [= et alii = et autres]

Si l'indication de la date manque sur l'ouvrage, on écrit : [s.d.] (= sans date) ; si l'indication du lieu d'édition manque, on écrit : [s. l.] (= sans lieu).

Si deux travaux du même auteur ont été publiés la même année, on les distingue par des lettres de l'alphabet : p. ex. Dupont, Albert, 2005a, Dupont, Albert, 2005b, etc. ; les indications bibliographiques dans le corps du texte prennent alors la forme : Dupont 2005a, Dupont 2005b, etc.

Les ajouts à ce qui figure sur la publication elle-même peuvent être indiqués entre crochets.

Publications en langues à écritures non-latines

voirTranscription et translittération
voirTranscription et translittération du cyrillique
voirTranscription du chinois


Références bibliographiques

Boulogne, Arlette, 2002. L'usage des références et des notices bibliographiques : historique et pratiques actuelles. Documentaliste–Science de l'information 39, 4-5 : 174-180. Document en ligne sur le site Cairn, consulté le 2009-03-31.
http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=DOCSI&ID_NUMPUBLIE=DOCSI_394&ID_ARTICLE=DOCSI_394_0174.

Normes de catalogage. Notions fondamentales. Tome I. Formation des bibliothécaires et documentalistes. Paris : AFNOR en, 2005.


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