Jacques Poitou
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Adresses, numéros de téléphone, mail, adresses internet


Adresses

Les premières lignes de l'adresse indiquent le nom de la personne, du service ou de l'entreprise. Viennent ensuite les lignes consacrées à la localisation du destinataire.

Dans des documents de la première moitié du XXe siècle (guides touristiques en particulier), l'indication de la voie apparaît sous les formes suivantes :

31, Rue Gambetta (forme la plus fréquente)
72, Rue Jeanne d'Arc, 72
Rue Chauvin, 16

N.B. Les adresses et numéros de téléphone indiqués ici sont possibles, mais fictifs.

Actuellement, l'usage dominant est le suivant :

3, rue Philippe de Metz
175, avenue du Général de Gaulle
6, rue César Franck
3, rue du Moulin Joly

Si le nom de la rue comporte plusieurs termes, l'usage prôné par l'Imprimerie nationale (et d'autres) consiste à mettre une majuscule initiale aux substantifs, adjectifs et verbes et à relier tous ces éléments par des traits d'union (rue Victor-Hugo, rue Pierre-Mendès-France, rue du Chat-qui-Pêche, rue Vieille-du-Temple). Mais l'usage du trait d'union ne semble pas très répandu. D'ailleurs, à quoi sert-il ? Sa fonction serait de faire apparaître comme une unité ce qui constitue le nom de la voie, mais c'est aisément décodable sans le trait d'union ; une "rue de Gaule" a pour nom celui d'un pays, une "rue De Gaulle" celui d'une personne.

Adresses destinées aux services postaux

voirCourrier administratif

Pour des raisons liées aux contraintes du tri automatique, les services postaux français recommandent l'écriture de l'adresse sur un maximum de six lignes. Les trois premières lignes servent à l'identification du destinataire et les trois dernières à l'identification du lieu où le courrier doit être acheminé. Dans le cas d'un envoi à un simple particulier, la plupart du temps, trois lignes suffisent.

poste Pour les trois dernières lignes, sur lesquelles repose le tri automatisé du courrier, La Poste demande (mais est-elle suivie ?) des capitales sans signes diacritiques ni ponctuation. Pas de consigne particulière pour les trois premières lignes, mais dans les exemples qu'elle donne, le nom du destinataire est écrit également en capitales.

Cliquez sur la vignette pour voir l'image en grand.

Monsieur Pierre DURAND
72 RUE PIERRE MENDES FRANCE
66700 ARGELES SUR MER

Pour des courriers envoyés dans un pays étranger, le nom du pays doit obligatoirement figurer, selon les instructions de La Poste, sur une ligne en dessous de l'indication de la ville (c'est-à-dire sur une septième ligne) et en majuscules. Exemple :

10709 BERLIN
ALLEMAGNE

Mais les usages sont, sur ce point aussi, flottants. L'Office des publications des Communautés européennes prescrit de faire figurer, devant le code postal de la ville (quand il existe), le code du pays à une lettre pour certains (D (Allemagne), F (France), I (Italie), etc.) et à deux lettres pour les autres (code ISO alpha-2), et le nom de la ville ne doit pas être en capitales.

Comme on peut le voir au travers des usages effectifs, le travail de normalisation internationale n'est pas achevé. Ainsi, sur une lettre envoyée de France à Berlin, le nom de la ville doit figurer, pour les services postaux français, en majuscules, alors qu'en Allemagne, les majuscules sont réservées aux destinations hors d'Allemagne...


Téléphone

Les conventions concernant la mention du numéro de téléphone ont changé au fil de sa diffusion et de l'évolution des techniques.

voirTransmission de l'oral

Dans la première moitié du XXe siècle, l'abréviation initiale la plus courante (d'après les placards publicitaires dans des guides touristiques) est "Téléph.", mais le mot est aussi souvent écrit en toutes lettres. Actuellement, l'abréviation "Tél." est la plus courante. A la place, on trouve parfois un pictogramme. Le standard Unicode lui consacre deux signes :

U+260E (Téléphone noir tel-noir) et U+260F (Téléphone blanc tel-blanc)

Dans la première moitié du XXe siècle, le numéro lui-même avait en France la forme suivante :

Téléph. : 22 (Fernand Raynaud a rendu célèbre le 22 à Asnières)
Téléph. : 22-15
Téléph. : Louvre 22-15

Dans la seconde moitié du XXe siècle, les numéros parisiens changent. On n'écrit plus que les trois premières lettres du standard, et en majuscules :

Tél. : LOU 22-15

Les lettres sont ensuite remplacées par des chiffres :

Tél. : 467-22-15

Au début du XXIe siècle, l'usage dominant consiste, pour les numéros français, en 10 chiffres disposés par groupes de deux chiffres séparés par des espaces :

01 23 45 67 89 (pour les numéros destinés à être appelés de France)
+ 33 1 23 45 67 89 (pour les numéros destinés à un usage international)
+ 33 (0) 1 23 45 67 89 (format destiné à permettre les deux lectures, mais qu'il faut d'abord décoder...)

Mais le trait d'union est toujours utilisé (par exemple par le Journal officiel de la République française). Le point l'est aussi. D'autres groupements des chiffres sont parfois pratiqués (p. ex. 0 800 45 67 89, 0 800 11 2000 ou 08 1000 2000) en fonction de facilités plus ou moins grandes de mémorisation.

Pour ses publications, l'Office des publications des Communautés européennes demande un même format pour les numéros de téléphone quel que soit le pays, selon les principes suivants :

"— mentionner toujours le préfixe du pays et l'éventuel préfixe régional entre parenthèses (ces deux préfixes étant reliés par un trait d'union);
— séparer le numéro principal en groupes de deux à partir de la droite, le dernier groupe comptant trois chiffres si le nombre de chiffres est impair (les groupes sont séparés par une espace fine, et non par un point);
— ne pas séparer les chiffres du numéro de poste;
— utiliser la barre oblique pour séparer des fins de numéros différentes :

(32-2) 220 20 20-43657
(33) 140 63 39 00/01/02/03"

voirAlphabets téléphoniques


Adresse électronique

Le libellé de l'adresse électronique est unique. Quelques variations affectent le terme initial par lequel on l'indique. Plusieurs variantes sont actuellement usitées dans les pays francophones :

– e-mail : xxx@yyy (prononcé [i.mEl])
– E-mail: xxx@yyy
– mail : xxx@yyy (prononcé [mEl])
– Courriel : xxx@yyy
– Mél. : xxx@yyy

Les trois premières correspondent aux usages internationaux et sont d'origine américaine. La seconde correspond précisément aux conventions de l'Office des publications des Communautés européennes.

Le terme courriel, d'origine québecoise, a été adopté officiellement en France en 2003, et de façon (en principe...) contraignante pour les administrations et services publics français (Journal officiel du 2003-06-20). Il peut être remplacé, devant une adresse électronique, par "Mél.", conçu comme abréviation de "Messagerie électronique".

– Critique (acerbe) de "Mél." par Jean-Pierre Lacroux (1997) :
http://users.skynet.be/typographie/faq/Mel.html.

Mais dans les faits, le terme mail reste très nettement plus utilisé en France que le terme courriel ; sur 100 pages issues de France contenant "envoyer un ___" ou "par ___" recensées par Google (consulté le 2007-02-21), 80 contiennent mail ou e-mail contre 20 qui contiennent courriel. Au Canada, la situation est exactement inverse ; 91 avec courriel contre 9 avec mail ou e-mail (pages issues du Canada).

Le même test effectué deux ans et demi plus tard (le 2009-12-15) donne des résultats du même ordre : pour la France, 9 % de courriel contre 87 % au Canada.

De toute façon, le signe @ suffit à signaler qu'il s'agit d'une adresse électronique. Et sur une page web, une couleur différente (bleu par défaut) et le soulignement peuvent suffire à présenter un nom de personne comme un lien activable de messagerie électronique.


Adresse internet

La mention d'adresses internet (= URL = Uniform Ressource Locator) dans un texte pose deux problèmes.

Le premier concerne leur délimitation. Le lecteur doit savoir exactement où se termine l'adresse. Le début est généralement moins problématique si l'adresse commence par la mention du protocole : http:, ftp:, etc.

Il existe deux sortes de moyens pour y parvenir :

– le recours à des caractéristiques typographiques spécifiques ; police spécifique, couleur spécifique, style spécifique. C'est le procédé utilisé sur les pages web ; les liens sont par défaut en bleu et soulignés (comme sur ce site s'il s'agit de liens non encore visités).
– le recours à des signes qui la délimitent à droite et à gauche. On emploie le plus souvent les crochets : <http://www.moi.com>.

Le second problème concerne les adresses longues, assimilées par l'ordinateur à un mot unique et qu'il ne sait donc pas couper. Si l'adresse ne tient pas entièrement jusqu'à la fin de la ligne, elle est rejetée sur la ligne suivante et du coup, les espaces entre les mots sont étirés pour permettre la justification. On peut distinguer plusieurs cas.

Sur papier, le problème n'est soluble que par une coupe manuelle, non pas avec un trait d'union conditionnel que le lecteur pourrait interpréter comme faisant partie de l'adresse, mais par un saut de ligne. Celui-ci peut être inséré, de préférence, après un trait d'union, après une barre oblique ou après un point (coupure indiquée dans ce qui suit par | ) :

http://j.poitou.free.fr/pro/html/typ/adresses.html
http://j.poitou.free.fr/ | pro/html/typ/adresses.html/

Sur une page web, deux cas. Si la largeur des lignes, la police et le corps sont fixés de façon contraignante, on se trouve dans le même cas de figure qu'avec le papier. Si ces paramètres sont laissés ne serait-ce qu'en partie à la charge du navigateur utilisé par l'internaute, on ne peut pas déterminer où il faudrait placer un saut de ligne (balise <BR>). Mais dans ces deux cas, si l'on veut un lien actif, une solution consiste à ne pas faire apparaître sur la page web l'adresse internet exacte, mais seulement une indication courte de la cible du lien.

N.B. Sur ce site, l'adresse internet exacte apparaît sur les pages pour tous les liens externes. Pour les liens vers d'autres pages de ce site, elle n'apparaît pas.


Références bibliographiques

Code de rédaction interinstitutionnel de l'Office des publications des Communautés européennes. Document en ligne, consulté le 2007-01-06.
http://publications.europa.eu/code/fr/fr-000100.htm.

Lexique des règles typographiques en usage à l'Imprimerie nationale. 3e édition. Paris : Imprimerie nationale, 2002.


© Jacques Poitou 2017.