Jacques Poitou
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Supports de l'écrit


Le texte peut être écrit sur différents supports, parmi lesquels le papier est devenu prépondérant – en Chine dès le IIe siècle de notre ère, en Europe occidentale à partir du XIVe siècle. Mais le papier n'est pas le seul support utilisé.

Matériaux

Pour toute écriture, il faut un support et un instrument avec lequel on réalise une trace sur ce support (soit une trace en relief, c'est-à-dire la plupart du temps en creux, soit une trace de couleur différente). Le support et l'instrument conditionnent la façon d'écrire et le type d'écriture (dessin des caractères).

voirSupports de l'écriture en Chine

Supports

– matières dures : pierre, ardoise, brique, poterie, ivoire, os, verre, fer, bronze, autres métaux, etc. ;
– matières moins dures ou périssables : bois, écorce, feuilles de palmier (Inde), peaux de bêtes (Arabie), tablettes de cire, argile, etc. ;
– matières élaborées : papyrus (issu de la tige de roseau), toile, soie, parchemin (peau de mouton, de chèvre ou de veau, utilisé communément à partir du IVe siècle), papier, etc.

voirPapyrus
voirFabrication du papier

– Histoire, usages, types de papier : Cahiers de médiologie 4 (1997).

– Usage du papyrus, du parchemin et du papier dans le monde arabe : pages consacrées aux matières dans l'exposition virtuelle de la BnF sur "l'art du livre arabe" :
http://expositions.bnf.fr/livrarab/arret_sur/matieres.htm.

Instruments

– pour l'inscription en creux : stilus, ciseau, roseau triangulaire taillé en biseau, pointe sèche ;
– pour l'inscription en couleur (dépôt d'une trace sur un papier) : pinceau, calame, plume d'oiseau (oie et cygne).

voirEcritures manuscrites

Substances déposées sur le support

– produits minéraux : craie, charbon, graphite, mine de plomb ;
– encres (la première est sans doute l'encre de Chine, au noir de fumée) ;
– peintures (= pigment + solvant).

Autres

Il faut y ajouter les différents types d'inscriptions lumineuses (lampes, tubes, rayons laser) dans le noir (ou sur un fond sombre).


Exemples

Tablettes de cire

Des tablettes de cire (plus précisément des tablettes de bois recouvertes d'une couche de cire ; latin : tabula) ont été largement utilisées à l'époque romaine et au Moyen Age pour des écrits qui n'avaient q'une valeur temporaire (apprentissage, correspondance, comptabilité). On écrivait dessus en laissant une empreinte en creux à l'aide d'un instrument pointu, le stylet (latin : stilus), qui avait, à l'autre extrémité une spatule avec laquelle on lissait la cire pour pouvoir réutiliser la tablette (latin : tabula rasa (< radere = gratter) > fr. table rase).

tabula Tablette de cire et stylets.
Musée romain-germanique, Köln (Allemagne).

Cliquer sur la vignette pour voir les images en grand.

– Sur les tablettes de cire à l'époque médiévale, voir Lalou 2005.

– Tablettes de bois d'époque romaine (fin du Ier s. de notre ère) découvertes à Vindolanda (nord de l'Angleterre) :
http://vindolanda.csad.ox.ac.uk/ (introduction, analyses, reproductions des tablettes qui sont conservées au British Museum).


Le livre dans le monde occidental

Depuis l'Antiquité et avant le numérique, les textes destinés à être archivés ont connu, dans le monde occidental, trois étapes majeures.

Volumen

Rouleau de papyrus déroulé et enroulé horizontalement (à la différence du rotulus, déroulé verticalement), à partir du IIIe millénaire avant notre ère (en Egypte).

Codex

Livre formé de cahiers eux-mêmes constitués d'une même feuille (de parchemin au début, puis de papier) pliée une ou plusieurs fois. Le codex commence à apparaître au début de l'ère chrétienne et supplante le volumen au IVe siècle. Plus maniable que le volumen (qu'on ne pouvait dérouler qu'avec ses deux mains), il permet surtout une consultation différente du texte écrit : en feuilletant le livre, on peut naviguer sans difficulté d'un endroit à un autre (navigation non linéaire).

Livre imprimé

Les premiers textes imprimés en Occident à partir du milieu du XVe siècle ne différaient pas, quant à leur apparence, des manuscrits copiés par les scribes : même forme de caractères, texte dense sur deux colonnes, lettres ornées (de rouge) ou enluminées à la main pour marquer les paragraphes. Ce n'est que progressivement, mais rapidement (au bout de quelques dizaines d'années) que le livre a acquis sa structure actuelle : page de titre (indication de l'auteur, du titre, de l'éditeur, illustrations), texte proprement dit, nouveaux types de caractères, colophon (à la fin du texte, avec mention de l'imprimeur), numérotation des pages, etc.

Mais le développement de l'imprimerie bouleverse les conditions de fabrication et de diffusion du texte écrit. Rien qu'au XVe siècle, on estime à 30 000 ou 35 000 le nombre d'éditions différentes de livres imprimés en Europe, pour un tirage global de 20 millions de livres (Labarre 2001 : 67). L'imprimerie assure, pendant plusieurs siècles, la suprématie du texte écrit comme vecteur de culture.

Le format des livres est lié au format des feuilles de papier utilisées et au nombre de fois où elles sont pliées (cf. les noms des formats : in-folio, in-quarto, in-octavo, in-16º). Un livre de 512 pages 20 cm x 20 cm correspondrait à une feuille de 3,2 m de côté imprimée recto-verso.


Duplication du texte

L'imprimerie permet la reproduction d'un texte à des centaines, voire à des milliers d'exemplaires, mais ses procédés sont coûteux, ils demandent un matériel important et ne peuvent donc pas être employés quand seulement un nombre limité d'exemplaires du même texte est requis. Dans ce cas, d'autres procédés ont été employés :

– l'utilisation de papier carbone qui permet l'impression de plusieurs exemplaires (deux ou trois), avec une machine à écrire, sur du papier spécialement fin (papier pelure) ;
– l'utilisation de machines rotatives légères, à manivelle ou électriques : duplicateur à alcool (même principe de fonctionnement que pour le papier carbone), ou ronéo (de marque Ronéo, Gestetner ou autre) : le stencil qui sert à l'impression est percé par la frappe des caractères et dans la machine au contact d'une feuille blanche, il laisse passer l'encre qui se dépose alors sur la feuille ;
– l'utilisation de la photocopie, à partir du milieu des années soixante du siècle dernier (procédé de Rank Xerox).

voirMachine à écrire


Références bibliographiques

Cahiers de médiologie 4 (1997). Document en ligne, consulté le 2014-01-03.
http://mediologie.org/cahiers-de-mediologie/04_papier/sommaire04.html.

Labarre, Albert, 2001. Histoire du livre. 9e édition. Paris : PUF. Que sais-je ? 620.

Lalou, Elisabeth, 2005. Les tablettes de cire médiévales : support, surface. Document en ligne sur le site de l'Institut de recherche et d'histoire des textes (IRHT-CNRS), consulté le 2010-04-26.
http://aedilis.irht.cnrs.fr/materiaux/10.htm.

Mercier, Alain (ed.), 2002. Les trois révolutions du livre. Catalogue de l'exposition du musée des Arts et Métiers. Paris : Imprimerie nationale.


© Jacques Poitou 2017.