Jacques Poitou
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Les techniques d'impression de Gutenberg


La technique d'impression utilisée par Gutenberg au milieu du XVe siècle à Mainz (Mayence) repose sur deux principes qui n'étaient pas en soi nouveaux dans l'histoire de l'humanité :

– impression à partir d'une forme à l'image inversée (c'était déjà le cas de la xylographie) ;
– utilisation de caractères réutilisables (c'était une technique déjà utilisée en Extrême-Orient).

voirXylographie
voirInvention de la typographie en Chine

Mais trois innovations au moins ont vu le jour dans la mise en œuvre de ces principes, avec la définition d'un processus d'impression tel qu'il se répandra rapidement dans toute l'Europe, puis à la faveur de l'expansionnisme européen, dans tout le monde (Hanebutt-Benz 2000, Needham 2002) :

– la technique de fabrication en série des caractères : Gutenberg a inventé pour cela un moule manuel qui permet une production en série de caractères et conçu un alliage spécifique constitué de plomb, d'étain et d'antimoine ;
– la technique de préparation des formes imprimantes, de la casse au composteur, du composteur à la galée et de la galée au marbre ;
– la technique d'impression avec l'utilisation d'une presse à vis.

Ces innovations n'auraient pas vu le jour sans un contexte économique favorable dont on peut esquisser quelques aspects (voir Martin 2005 pour plus de précisions) :

– le développement de la métallurgie (Gutenberg, comme d'autres imprimeurs, était lui-même issu d'un milieu d'orfèvres) ;
– le développement de la technique de fabrication du papier, sans lequel l'impression de centaines d'ouvrages n'aurait pas été possible (le parchemin n'aurait pas pu y suffire) ;
– le développement d'un réseau de banquiers susceptibles d'assurer les financements nécessaires pour la production en masse de livres.


Documents

Jost Amman (1568) : Der Buchdrücker [sic] (L'imprimeur)

buchdrucker A l'arrière-plan, préparation des formes imprimantes (deux hommes sont installés devant les casses où sont rangés les caractères) ; au premier plan, préparation de l'impression : mise en place des formes imprimantes et encrage.

Cliquez sur les vignettes pour voir les images en grand.

Encyclopédie de Diderot et D'Alembert

encycl-a
Atelier de composition
encycl-bencycl-c
Casse
encycl-d
Atelier d'impression

Musée de l'imprimerie, Lyon

mort
Imprimeurs et libraires
encycl-b
Casse
casse
Casse
balle
Balle

Editions numérisées de la Bible de Gutenberg

La Bible (dite Bible à 42 lignes – B42) est la première grande réalisation de Gutenberg. Elle est visible en accès libre et gratuit :

– sur le site Gutenberg digital de la Niedersächsische Staats- und Universitätsbibliothek Göttingen (ce site présente les meilleures reproductions) :
http://www.gutenbergdigital.de/gudi/dframes/index.htm ;
– sur le site de la British Library (deux exemplaires numérisés) :
http://www.bl.uk/treasures/gutenberg/homepage.html ;
– sur le site de la Bayrische Staatsbibliothek :
http://daten.digitale-sammlungen.de/~db/0000/bsb00004647/images/ ;
– sur le site du musée Gutenberg à Mainz (Mayence) :
http://www.gutenberg-museum.de/index.php?id=60 ;
– sur le site de l'université Keio (Tokyo), uniquement le premier volume :
http://www.humi.keio.ac.jp/treasures/incunabula/B42/keio/vol_1/contents.html.

Compositeurs et imprimeurs

Les compositeurs composent le texte avec les caractères en métal et les imprimeurs l'impriment ensuite. La différence entre ces deux tâches est présentée ainsi dans une Adresse des Ouvriers Imprimeurs de l'Imprimerie Nationale exécutive du Louvre à la Convention Nationale, adresse dont le but est de réclamer une augmentation de salaire :

Si l'on comptait pour rien la peine inappréciable du travail à la presse, on ne pourrait du moins se dissimuler que l'Imprimeur, en répétant sans relâche, les mouvemens les plus violens, n'éprouve une déperdition de force qu'il ne peut réparer qu'en prenant une nourriture plus abondante. Si on ajoute à cette considération celle de l'entretien en linge, culotte et bas, on verra que la consommation de celui-ci est beaucoup plus considérable que celle du Compositeur. Aussi, loin de réduire la journée de l'Imprimeur à 5 liv. 10 s. lorsqu'on porte celle du Compositeur à 8 liv., il conviendrait au contraire d'accorder quelque chose de plus à celui que la nécessité force de dépenser davantage.


Quel a été l'apport spécifique de Gutenberg ?

La question de l'apport spécifique de Gutenberg se pose essentiellement à propos des principes mêmes de l'impression avec des caractères mobiles.

Dès les premières décennies de la typographie européenne, la paternité de la mise au point des procédés d'imprimerie avec des caractères mobiles a été contestée à Gutenberg. L'absence de documents sur la genèse de ces techniques en est autant la raison que le désir d'autres villes de s'en attribuer la "gloire" : Haarlem, Strasbourg, Venise, etc. En l'état actuel des connaissances, il ne semble pas que ces contestations soient fondées, mais, comme indiqué plus haut, les efforts de Gutenberg s'inscrivaient dans un contexte favorable à l'éclosion d'autres tentatives.

Une influence chinoise ?

Plus délicate est la question d'une éventuelle connexion avec les inventions chinoises. Car l'utilisation de formes imprimantes aux images inversées pour imprimer des textes a été utilisée en Chine au plus tard à partir du VIIIe siècle pour l'impression de textes et d'images. Et l'impression avec des caractères mobiles a également été inventée en Chine au milieu du XIe siècle par un certain Bi Sheng. Les caractères employés étaient en argile cuite, mais on a utilisé ensuite des caractères en bois et en métal. La technique s'est répandue dans la sphère d'influence chinoise, en Corée, où l'imprimerie avec des caractères métalliques a connu un âge d'or dans la première moitié du XVe siècle, et au Japon.

voirInvention de la typographie en Chine

Gutenberg a-t-il pu avoir connaissance directement ou indirectement des techniques chinoises ou coréennes – ou simplement être influencé par elles ?

La question d'une origine extrême-orientale de l'imprimerie occidentale a été posée dès le XVIe siècle. Ainsi, Paulus Jovius (1483-1552) écrit dans Historia sui temporis (1550) :

Quod maxime mirandum videtur, ibi [= à Canton] esse typographos artifices, qui libros historias et sacrorum ceremonias continentes, more nostra imprimant : quorum longissima folia intorsus quadrata serie complicentur. Cuius volumen a rege Lusitaniae cum elphante dono missum Leo pontifex humaniter nobis ostendit : ut hinc facile credamus eius artis exemplar antaquam Lusitani in Indiam penetrarint per Scythes et Moscos ad incomparabile litterarum praesidium ad nos parvenisse. (édition de 1558, I, 14, 161 ; in Carter 1925 : 234)

Il y a là des imprimeurs qui impriment selon notre propre méthode des livres contenant des histoires et des rites sacrés sur un feuillet dont le plus grand côté est plié vers l'intérieur en pages carrées. Le pape Leo a eu la bonté de nous faire voir un livre de ce genre qui lui a été donné en cadeau avec un éléphant par le roi de Lusitanie : si bien que nous pouvons aisément penser que des exemplaires de ce genre nous sont parvenus, avant que les Lusitaniens n'aient pénétré en Inde, par les Scythes et les Moscovites comme aide incomparable pour nos lettres. (traduit par moi, JP)

Voici les éléments du dossier.

1. De la vie de Gutenberg et de ses expérimentations avant l'impression de la Bible, on ne sait pas grand chose (Wagner 2000).

2. On sait par contre que des contacts multiples avaient lieu entre l'Extrême-Orient et l'Occident, directement ou indirectement par l'intermédiaire d'autres peuples (ouïgours, mongols, arabes) : contacts militaires (les armées mongoles parviennent en Europe dans la seconde moitié du XIIIe siècle), échanges commerciaux, ambassadeurs (ambassade du pape à la cour mongole en 1245), voyageurs (Marco Polo), missionnaires catholiques (à partir du XIVe siècle).

Il est possible que les techniques chinoises d'impression se soient ainsi répandues, comme le papier précédemment, de proche en proche. Il semble avéré que la xylographie pratiquée en Europe à partir de la seconde moitié du XIVe siècle est bien d'origine chinoise. On a quelques traces de son cheminement de l'Extrême-Orient à l'Europe (voir Tsien 1987 pour une présentation détaillée des faits, dont sont extraites les quelques données ci-dessous).

Du papier monnaie a été imprimé à Tabriz au milieu du XIIIe siècle selon les techniques chinoises (voir Pan Jixing 1988).
Une description précise de la technique chinoise de la xylographie a été faite par un Premier ministre persan, Rachid al-Din, au début du XIVe siècle.
Les cartes à jouer, d'origine chinoise, imprimées par xylographie, se sont répandues en Europe dans la seconde moitié du XIVe siècle par l'intermédiaire des armées mongoles.

voirXylographie

Mais les témoignages sur un cheminement semblable de l'impression avec des caractères mobiles manquent, au moins en dehors de l'Asie.

En 1908, Paul Pelliot a trouvé sur le site de Dunhuang (Gansu, Nord-Ouest de la Chine) près d'un millier de caractères en bois pour l'impression de textes en écriture ouïgour. Ils représentent soit des unités lexicales, soit des suffixes (voir Mercier 2002 : 138).

3. Au moins certaines techniques chinoises d'impression étaient connues en Europe. A preuve, parmi d'autres, le témoignage de Montaigne dans les Essais (un siècle après Gutenberg) :

Nous nous escriïons, du miracle de l'inuentiõ de nostre artillerie, de nostre impression : d'autres hõmes, vn autre bout du monde à la Chine, en iouyssoit mille ans auparauant. (Montaigne 1588 : 398 [III, 6])

En la Chine, duquel Royaume la police & les arts, sans commerce & cognoissance des nostres, surpassent nos exẽples, en plusieurs parties d'excellences & duquel l'histoire m'apprend, combien le mõde est plus ample & plus diuers, que ny les anciens, ny nous, ne penetrons […] (Montaigne 1602 : 1113 [III, 13])

Et dans le journal de son voyage en Italie, il évoque ainsi le livre chinois qu'il a pu voir à la bibliothèque du Vatican :

J'y vis de remercable […] un livre de China, le charactere sauvage, les feuilles de certene matiere beaucoup plus tendre & pellucide que notre papier ; & parce que elle ne peut souffrir la teinture de l'ancre, il n'est escrit que d'un coté de la feuille, & les feuilles sont toutes doubles & pliées par le bout de dehors, où elles se tiennent. Ils tiennent que c'est la membrane de quelque arbre. (Journal : 270, 272)

Mais si l'on savait que les Chinois imprimaient des livres, connaissait-on leur technique d'impression avec des caractères mobiles ? On peut remarquer qu'au moins les documents anciens (XVIIe et XVIIIe s.) mentionnés plus bas évoquent la xylographie chinoise, mais pas la typographie. L'article de Julien (1847), qui en décrit le procédé, ne mentionne pas non plus d'ouvrage européen antérieur où elle serait présentée.

4. Voici enfin les conclusions de cinq spécialistes.

Thomas F. Carter (1925) :

This question of direct connection between the type of earthenware, wood and bronze of the Far East and the invention of printing in Europe is a difficult one, but the evidence so far is negative. [...] To state categorically that there was no connection between the typography of China and Korea and that of Europe would be premature. On the other hand no clear vidence of this connection has been found, and until such evidence – or the contrary –  is at hand, it is necessary to keep an open mind. (Carter 1925 : 182) – Carter mentionne en outre quatre éléments originaires d'Extrême-Orient qui ont certainement influencé le développement de la typographie en Europe occidentale : la connaissance de la technique de fabrication du papier,  les cartes à jouer imprimées, les images imprimées et  la connaissance du grand nombre de livres imprimés en Chine (connaissance qui a pu stimuler la recherche de procédés permettant une production importante).

Paul Pelliot (1878-1945), ancien professeur au Collège de France :

En fin de compte, il est très possible que l'Europe, une fois en possession du papier, ait été amenée spontanément à l'imprimerie xylographique, et qu'un inventeur, indépendamment de toute influence étrangère, ait songé, comme autrefois en Chine, à remplacer la xylographie par la typographie. (Pelliot 1928 : 109)

Tsien Tsuen-hsui (1987) :

did the first maker of European typography have direct or indirect access to Chinese printing or metal type from the Far East ? While traditions which suggest a particular name or names are doubtful, it is the general belief that samples of printed books, wood blocks, or metal types might have been brought to Europe from the Far East by unknown travellers via land or sea trading routes. All this circumstantial evidence suggests strongly the presence of a Chinese connection in the origin of European printing. (Tsien 1987 : 319)

Pierre-Etienne Will, professeur au Collège de France :

Si l'origine chinoise des techniques d'impression xylographique attestées en Europe dès le XIVe siècle ne fait guère de doute, la question est moins claire concernant la typographie "inventée" par Gutenberg ; tout lien entre les imprimeries chinoises et européennes ne peut, en tout cas, être écarté. (Encyclopædia universalis en ligne)

Jacques Gernet, professeur honoraire au Collège de France :

Les historiens de l'imprimerie occidentale ont eu raison à mon sens d'estimer que l'invention de Gutenberg ne devait rien à la Chine. Le contexte social et intellectuel, l'histoire, les techniques mêmes, celles des orfèvres, étaient tout à fait différentes. Alors que les premiers essais de Gutenberg ouvraient la voie à l'industrie du livre, les méthodes chinoises relevaient de l'artisanat.
(Colloque international en 2008 : http://www.canalacademie.com/emissions/col513.mp3)

5. Les techniques imaginées par Gutenberg doivent être comparées également à celles développées en Corée sur la base des inventions chinoises, à partir du XIIIe siècle et qui y connaissent leur âge d'or au XVe siècle, peu de temps avant celles de Gutenberg en Allemagne. Voici la conclusion de Lee Hee-jae (2006) :

Although it was woodblock printing, the Oriental printing had influence on the printing of the West, as we can confirm from Carter's book, but it doesn't appear that metal type printing of Korea has influenced on the printing of the West. Though Korea's metal type printing was not succeeded to the invention of the world, Korea was in the center of the third information revolution of mass communication when it happened in the fifteenth century.


Invention de l'imprimerie et eurocentrisme

Jusqu'à l'époque actuelle, on a eu – et on a toujours – tendance, en Occident, à passer sous silence ou à minimiser (voire à dénigrer) les inventions chinoises et à attribuer au seul Gutenberg la "gloire" de l'"invention" de la typographie.

Cette attitude est très précisément notée dans un opuscule de 1741 (Engel 1741 : 7-8)  :

Il me paroit que si on n'étoit pas si jaloux des Chinois, & qu'on ne s'éforçât pas de diminüer les loüanges qu'on leur donne & la gloire qu'ils ont acquis dans les Sciences, personne n'oseroit leur disputer l'honneur de l'Invention de l'Imprimerie. Il est certain que ceux qui les abaissent le plus, sont obligés de convenir qu'ils ont exercé cet Art plusieurs Siécles avant que l'on y ait pensé en Europe. [Engel considère ensuite que les Chinois ont inventé une méthode d'imprimerie adaptée à leur écriture et qu'indépendamment de cela, les Européens en ont inventé une autre adaptée à la leur.]

Cette présentation de l'histoire témoigne d'une méconnaissance des civilisations autres qu'européennes et s'inscrit aussi dans le cadre de l'idéologie eurocentriste de la supériorité de la civilisation occidentale sur les autres, avec toutes les conséquences politiques qu'a pu et que peut encore aujourd'hui avoir cette idéologie.

Dans les publications récentes, qui viennent après les travaux de Carter (1925) et, pour une part, de Tsien (1985, 1987), les inventions chinoises ne sont généralement pas ignorées, mais trois faits incontestables sont avancés qui permettent de laisser immaculée la "gloire" de Gutenberg :

1. On n'a aucune preuve formelle d'une influence directe des techniques chinoises sur Gutenberg.

2. La typographie européenne a eu un impact révolutionnaire que n'a pas eu la typographie chinoise.

3. La mise au point du mode de fabrication en série de caractères en métal est en tout cas l'œuvre de Gutenberg.

Florilège

Jean de La Caille (1689 : 8)

D'où l'on peut juger que Jean Coster avoit trouvé à Harlem l'invention d'imprimer avec cette forme ou table, comme on dit que font les Chinois ; & que Guttemberg, Fauste & Schoeffer avoient inventé à Mayence les caracteres mobiles & separez les uns des autres pour composer les syllabes, les mots, les pages, comme il se pratique presentement.

Johann Christoph Gottsched (1740 in Gepriesenes Andenken : 60 sq.)

[Gottsched évoque ci-dessous les techniques xylographiques en Hollande à Haarlem et ce que Gutenberg a pu apporter à la technique de l'imprimerie pratiquée à Mainz, mais pour lui, les deux inventeurs de l'imprimerie avec des caractères mobiles sont deux habitants de Mainz qui ont été, en réalité, ses associés puis ses concurrents, Johann Fust (orthographié Faust dans ce texte) et Peter Schöffer (Schäfer).]

Une seule invention suffit à faire le plus grand honneur à l'Allemagne. [...] C'est l'art de l'imprimerie, le noble art de l'imprimerie, qui a apporté autant de gloire à l'Allemagne qu'aucun autre peuple n'en a jamais acquis ou ne peut en espérer par ses inventions. [...] A toutes ces choses [= les aspects techniques de l'invention de l'imprimerie], ni la sage Chine, ni Haarlem, ni Lorenz Küster n'y ont jamais pensé : au contraire, on n'en savait pas la moindre chose avant qu'on l'apprenne de Mayence. [...]
[Gottsched évoque les rivalités entre trois villes, Haarlem, Strasbourg et Mainz, qui revendiquent la gloire de l'invention de l'imprimerie.] Mais à quoi bon cette querelle ? [...] Est-ce que ces villes célèbres que je viens d'évoquer ne sont pas sœurs ? Est-ce qu'elles ne sont pas toutes les trois filles d'une mère bénie, de la puissante Germanie ? Et si Dieu le voulait, tu le serais encore, toi, Strasbourg, qui es maintenant séparée de nous, toi qui étais auparavant un rempart avancé du Reich allemand contre son ennemi héréditaire à l'Ouest, mais qui es maintenant, malheureusement ! un bastion de frontières étrangères, et nous te célébrerions aujourd'hui avec un plus grand plaisir ! Et donc, foin de cette désunion ! Mais admettons que Haarlem ait été la première à humilier [souligné par moi, JP] les fiers Chinois grâce à l'astuce d'un intelligent sacristain, admettons que Strasbourg ait pu inciter d'autres à améliorer leurs techniques, grâce à Gutenberg son fils, et ce bien que ce soit à Mainz que cet art ait été pratiqué d'une façon meilleure et avec des essais plus heureux –  ce sont Faust et Schäfer qui ont inventé ce qu'il y a de plus important dans cet art ! [traduit par moi, JP]

Remarque. L'Allemagne au-dessus de tout... Il faut replacer ce nationalisme dans son contexte historique : une Allemagne ravagée quelques décennies auparavant par la guerre de Trente Ans, en butte à la puissance et au rayonnement de son voisin occidental, la France, qui avait annexé Strasbourg, et donc fière de pouvoir se prévaloir d'être le berceau de l'imprimerie en Europe.

Diderot et D'Alembert (Encyclopédie, article "Imprimerie")

Je remarquerai seulement que ceux qui ne sont pas instruits de ce qui constitue essentiellement cet art admirable, ont fixé son origine ou à l'invention des tables gravées en bois, ou à celle des lettres fixes ; tandis qu'il est aisé de concevoir que la découverte des lettres mobiles, gravées en relief & jettées en fonte, en est la vraie base. Si donc la mobilité des caracteres fait le fondement de l'Imprimerie, ce ne sont ni les Chinois qui impriment à peu-près de la même façon qu'on imprime aujourd'hui les estampes, ni ceux de Harlem dont la prétention ne sauroit s'étendre au-delà des tables de bois gravées, qui peuvent s'attribuer la gloire de l'invention.

Remarque. Il faut aussi lire ce qui se trouve dans l'article "Chine" : "Les Chinois sont fort industrie ; ils aiment les Arts, les Sciences & le Commerce : l'usage du papier, de l'Imprimerie, de la poudre à canon, y étoit connu long-tems avant qu'on y pensât en Europe." – Ce hiatus entre affirmations des historiens de l'imprimerie occidentale et de la Chine se retrouve également deux siècles plus tard, dans l'Encyclopædia universalis (voir plus bas).

Bertrand-Quinquet (1799 : 2-3)

C'est en vain que l'on a voulu enlever aux Européens la découverte de l'Imprimerie, du premier, du plus utile des Arts, puisqu'il peut seul conserver les productions de l'esprit humain, des connaissances en tout genre et des faits mémorables de l'histoire ; c'est en vain que l'on a prétendu qu'au Japon et à la Chine, l'Imprimerie était connue plus de deux cents ans avant la naissance du Christ. Ce que ces peuples possédaient alors, n'était autre chose qu'une gravure grossière, aussi éloignée des premiers procédés de l'Imprimerie, que ceux-ci le sont à présent des ouvrages qui s'impriment chaque jour. Leurs planches étaient de bois ou de métal ; et, par leur défaut de mobilité ne présentaient, comme dans l'origine de l'Imprimerie, que des avantages extrêmement bornés.

Jules Porthmann (1835)

L'expérience et la raison ont, depuis long-tems, rejeté l'idée mensongère qui faisait remonter la naissance de l'imprimerie vers le règne de l'âge d'or, qui l'attribuait à Saturne ; à la divinité, quand elle instruisit Moïse sur le mont Sinaï ; ou, par d'autres versions, en décernait la gloire aux Chinois, aux Mexicains, aux Scythes et aux Tartares. De telles fables répugnent au bon sens comme à la majesté de l'histoire.

[En note, Porthmann précise :]

A la vérité, les Chinois sont parvenus à graver des planches en bois avec lesquelles ils impriment des almanachs et d'autres livres peu considérables ; mais c'est encore aujourd'hui un problème à résoudre que de savoir s'ils sont parvenus à découvrir les caractères mobiles. Dans tous les cas, ces lettres en bois n'auraient que bien peu de rapport avec celles qu'emploie l'imprimerie moderne ; et l'on pourrait dire, sans être accusé d'exagération, qu'ils n'ont fait que rêver seulement ce que l'Europe a imaginé, conçu et perfectionné.

Auguste Bernard (1853 : IX-XI)

le peuple chinois, qui a devancé les Européens dans la civilisation, a [...] trouvé longtemps avant eux un procédé particulier d'impression approprié à ses besoins. Malheureusement son système d'écriture met obstacle au développement de son art. Pour les Chinois, la mobilité des caractères, ce qui fait tout le mérite économique de l'imprimerie, est sans avantage, et ils continuent à faire graver leurs livres sur des planches fixes : ils sont ainsi privés tout à la fois du bénéfice des corrections d'auteur et de l'emploi réitéré des mêmes caractères. Au reste, la civilisation de ce peuple, qui s'est mis de lui-même en dehors de la marche de l'humanité vers le progrès, s'est arrêtée au point où nous en étions au commencement du XVe siècle. Les instruments d'imprimerie du peuple chinois sont encore tout primitifs : non seulement il ignore l'existence de ces admirables machines qui peuvent tirer en une heure dix mille exemplaires d'un journal comme le Times anglais, par exemple, renfermant la matière d'un volume, mais il n'en est pas même arrivé à la presse à bras, qui tire deux à trois mille par jour. C'est donc bien gratuitement que quelques auteurs ont voulu faire remonter jusqu'aux Chinois l'invention de la typographie : ce peuple étrange connaît à peine l'imprimerie, en prenant ce mot dans son sens le plus large. D'ailleurs, d'après ce que l'on sait des premiers imprimeurs européens, on ne peut contester à la typographie son origine moderne et européenne.

Remarques. Julien (1847 : 517) mentionne – entre autres – une collection de six mille volumes imprimée en Chine au début du XVIIIe siècle avec des caractères mobiles (voir aussi Gernet 1999 : 294). Bernard mentionne en note cet article de Julien ("un curieux article", dit-il, de ce professeur au Collège de France... qui a cependant constitué le point de départ des études scientifiques occidentales sur la question...) et prévient le lecteur : "On fera bien toutefois de se mettre en garde contre les préventions bien naturelles de l'auteur en faveur du peuple chinois." – Belle contradiction, dans cet extrait, entre la première phrase et l'avant-dernière. – Ce texte figure dans l'avant-propos ; dans le corps du texte, il n'est plus question des procédés d'impression dudit "peuple étrange".

Aloys Ruppel (1967 : 188)

La ville de Séoul en Corée peut bien avoir eu dès 1403 la première imprimerie avec des caractères mobiles en métal moulé, on ne peut pas dire que c'est  le berceau de la technique d'imprimerie qui a conquis le monde. [traduit par moi, JP]

Remarque. Ici apparaît un nouvel argument : l'imprimerie européenne est supérieure parce qu'elle s'est répandue dans le monde entier (la même idée est reprise dans Venzke 1993). Supériorité considérée comme découlant de la supériorité de l'écriture. Ruppel : "Les Coréens ne savaient pas encore segmenter les mots en leurs lettres individuelles." (Ils écrivaient à l'époque avec les caractères chinois.)

Albert Kapr (1988 : 7)

C'est sur son invention [= celle de Gutenberg] que repose presque toute la transmission du savoir et de la littérature. [traduit par moi, JP]

Remarques. Gernet (1999 : 196) mentionne une estimation selon laquelle, jusqu'au milieu du XVIIIe siècle, la production imprimée de la Chine aurait été aussi importante que celle du reste du monde. – Dans le corps du livre, Kapr aborde en plusieurs pages la question de connexions éventuelles entre la typographie chinoise et la typographie européenne sans conclure véritablement, et il termine ainsi : "Ce n'est pas pour réduire la gloire du maître que j'ai posé la question de savoir si Gutenberg a pu être influencé par l'imprimerie d'Asie orientale " (p. 120)

Guy Bechtel (1992 : 89)

Au moment où la Chine s'intéressait peu à la technique métallurgique, dont d'ailleurs à aucun moment elle n'a soupçonné l'immense pouvoir de bouleversement, il est hautement improbable qu'elle ait pu exercer une influence sur les travaux européens. C'est le contraire qui s'est produit, l'Europe ramenant plus tard son invention en Chine. L'imprimerie au plomb a été entièrement inventée, ou réinventée, sur les bords du Rhin. De là, elle est repartie à la conquête du monde, y compris de l'Extrême-Orient.

Remarques. Beau tableau de l'Europe conquérante, grâce à des techniques supérieures qu'elle a su, elle, utiliser. – Bechtel utilise étrangement le mode de l'hypothétique pour évoquer les inventions chinoises en matière d'imprimerie ("L'invention des caractères mobiles daterait du XIe siècle." [p. 85] "Wang Zhen [...] aurait vers 1300 créé des caractères en bois"... [p. 86]). – Et en réponse aux interrogations de Kapr (1988) sur une éventuelle connexion chinoise, il affirme : "Ces suppositions, ces spéculations, ne conduisent à rien." Bien que mentionnant Carter dans la bibliographie (mais pas Tsien), Bechtel tranche, lui, la question. Sa conclusion est d'ailleurs en contradiction avec ce qu'il écrit à la page précédente (p. 88) : "Aujourd'hui, on répond moins nettement à la question [d'une influence chinoise ou coréenne sur Gutenberg], en tout cas, on la laisse ouverte. On retient l'idée que des communications ont pu avoir lieu, mais que leur rôle dans la réussite mayençaise reste à prouver."

Andreas Venzke (1993 : 158)

Il faut retenir que l'"invention de l'imprimerie" [l'article est souligné par l'auteur] ne revient pas à un Bi Sheng, mais à Johannes Gutenberg, par l'action duquel un bouleversement a en fin de compte eu lieu, d'abord en Europe et ensuite dans le monde entier. [traduit par moi, JP]

Gutenberg digital

(http://www.gutenbergdigital.de/gudi/dframes/index.htm)

En Extrême-Orient, on connaissait la xylographie dès le VIIIe siècle, mais les plaques de bois servaient moins comme moyen d'impression que plutôt pour l'archivage de textes. Il existe encore aujourd'hui un grand nombre de ces plaques. [traduit par moi, JP]

Remarque. C'est le seul paragraphe mentionnant (et de quelle façon...) une technique extrême-orientale. Même l'origine de la fabrication du papier n'est pas mentionnée : il en est seulement dit qu'il parvient en Occident par l'intermédiaire des Arabes.

Paul-Marie Grinevald (in Perrousseaux 2005 : 4)

Depuis cinq siècles et demi, les écritures que les hommes ont inventées et façonnées se sont multipliées grâce à une invention géniale : la typographie, cette technique initiée très probablement par Gutenberg et ses associés dans les années 1438-1450.

Remarques. Les réserves exprimées par Grinevald ont apparemment trait aux des hypothèses exprimées sur des entreprises concurrentes de celle de Gutenberg à la même époque en Europe. – Dans le corps de l'ouvrage, Perrousseaux passe sous silence les techniques typographiques chinoises ou coréennes. Mais il considère que la véritable invention de Gutenberg n'a pas été l'utilisation de caractères mobiles, mais la création du "moule manuel à fondre les caractères" (p. 54). Le même point de vue se trouve quelques années auparavant dans André 1997.

Gérard Martin (Encyclopædia universalis, article "Imprimerie")

La typographie a été inventée par Gutenberg vers 1450.

Remarque. Dans l'article "Imprimerie en Chine", Pierre-Etienne Will écrit : "Si l'origine chinoise des techniques d'impression xylographique attestées en Europe dès le XIVe siècle ne fait guère de doute, la question est moins claire concernant la typographie « inventée » par Gutenberg ; tout lien entre les imprimeries chinoises et européennes ne peut, en tout cas, être écarté."

A l'inverse...

Dans Liu & Zheng (1989 : 83), ouvrage chinois de vulgarisation sur le livre en Chine, on lit ceci :

Il est vraisemblable que la technique chinoise de la typographie ou tout au moins son principe arriva en Europe à cette époque [la dynastie des Yuan]. Il semble que Gutenberg ait simplement appliqué les principes de la typographie chinoise à l'alphabet allemand et réalisé quelques améliorations techniques.


Références bibliographiques

Adresse des Ouvriers Imprimeurs de l'Imprimerie Nationale exécutive du Louvre à la Convention Nationale, s.l.n.d. [179?]. Documen en ligne sur le site de la Bnf, consulté le 2009-04-12.
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k423828.

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