Jacques Poitou
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Ecriture runique



L'écriture runique est attestée par des inscriptions en langues germaniques à partir de la fin du IIe s. de notre ère. On en a dénombré plus de 6 500, dont environ 6 050 en Scandinavie : 3 600 en Suède, 1 600 en Norvège, 850 au Danemark. Les autres proviennent d'Islande (100), du Groënland (100), d'Angleterre (90), d'Allemagne (80), des îles Orkney (50), des Pays-Bas (25), d'Irlande (16) et des îles Féroé (10) (chiffres d'après Düwel 2001 : 3).

Le mot rune (alld Rune) est issu d'un mot germanique qui signifie mystère (cf. vha. rûna = mystère, murmure > alld raunen = murmurer).


Origine

La légende...

L'origine des runes est évoquée dans l'un des livres de l'Edda poétique, le Hávamál (Dits du Très-haut). Sa cinquième partie raconte l'origine divine des runes : le dieu Odin est resté suspendu à l'arbre du monde, Yggdrasill, pendant neuf nuits, et il a alors récupéré les runes qui lui ont donné la sagesse. Voici les trois strophes les plus significatives (strophes 138, 139 et 141, traduction de R. Boyer ; Boyer & Lot-Falck 1974 : 172-173) :

Je sais que je pendis
A l'arbre battu des vents
Neuf nuits pleines,
Navré d'une lance
Et donné à Ódinn,
Moi-même à moi-même donné,
– A cet arbre
Dont nul ne sait
D'où proviennent les racines.

Point de pain ne me remirent
Ni de coupe ;
Je scrutai en dessous,
Je ramassai les runes,
Hurlant, les ramassai,
De là, je retombai.

 

[...]

Alors je me mis à germer
Et à savoir,
A croître et à prospérer,
– De parole à parole
La parole me menait,
D'acte en acte
L'acte me menait.

... et la réalité

La réalité est qu'on n'a actuellement pas de certitude quant à l'origine exacte de l'alphabet runique.

Il ne s'agit pas d'une création ex nihilo. Son origine se situe quelque part dans les alphabets méditerranéens issus de l'alphabet phénicien. Mais est-il issu d'une modification d'un alphabet grec (hypothèse ancienne), d'un alphabet nord-étrusque, de l'alphabet latin ou d'une combinaison d'éléments latins et nord-italiques ? Il n'y a pas unanimité entre les spécialistes sur cette question, même si l'hypothèse de l'origine latine semble aujourd'hui privilégiée. Le manque de documents ne facilite pas la recherche, notamment du fait que les premières inscriptions runiques présentent un système déjà stabilisé, sans doute créé au Ier siècle de notre ère.

La question de l'origine de l'écriture runique a deux aspects principaux : l'origine de la forme des caractères et de leurs valeurs (on peut les comparer aux caractères des écritures susceptibles d'avoir servi de modèle) et les échanges culturels qui ont pu avoir lieu entre les ethnies germaniques qui ont utilisé l'écriture runique et celles auxquelles elles l'auraient empruntée. Voir un examen détaillé de la question dans Musset (1965 : 23-58), qui penche pour l'hypothèse nord-étrusque, et Düwel (2001 : 175-181), qui penche pour l'hypothèse latine. Voir aussi Dillmann (2001 : 271 sq.) :

La forme de la plupart des signes runiques s'inspire manifestement de celle des caractères de l'écriture latine, constatation qui s'accorde bien avec l'influence exercée par la civilisation romaine en Scandinavie – et singulièrement au Danemark – aux premiers siècles de notre ère.


Futhark ancien

Inventaire des signes

L'écriture runique, appelée futhark (nom constitué de ses six premières lettres), contient, dans sa version ancienne, 24 signes. Ces signes sont disposés en trois sections de huit chacun, dans un ordre précis, qui est radicalement différent de l'ordre de l'alphabet latin.

old-futhark

Runes gravées sur cette page avec la police Titus Cyberbit, à l'exception de la rune 3.

La rune 3 correspond à la consonne anglaise th [θ] (comme dans thin). La rune 13 correspond à un i long [i:]. La rune 15 correspond initialement à [z] qui évolue progressivement vers [r]. La rune 22 correspond à la nasale vélaire [ŋ].

Tous ces caractères anciens se caractérisent par l'absence de formes arrondies et par l'absence de traits horizontaux – caractéristiques conditionnées par les supports durs (bois, métaux, pierre) sur lesquels les inscriptions étaient gravées.

Noms des runes

Des noms ont été attribués aux runes, selon le principe de l'acrophonie (la lettre est l'initiale de son nom). Voici les six premiers sous leur forme restituée en germanique commun (voir Musset 1965 : 106-141 pour une analyse de détail des différents noms donnés aux runes au fil des temps et Düwel 2001 : 7-8, 197-202) :

*fehu = bétail, richesse
*ûruz = aurochs
*thurisaz = géant
*ansuz = Ase
*raido = chevauchée
*kaunan (?) = furoncle, maladie

Utilisations

Quelque 350 inscriptions en futhark ancien ont été recensées. Ce sont des inscriptions courtes qui se trouvent principalement sur des objets mobiliers (indication du fabricant ou du propriétaire) ou sur des sortes d'amulettes (bractéates, en association avec des signes ou des figures).

Exemple : la corne d'or de Gallehus.

Deux cornes d'or richement décorées ont été trouvées à Gallehus (Danemark) aux XVIe et XVIIe s. On estime qu'elles datent d'environ 400 de notre ère. En 1802, elles ont été volées et fondues, mais on avait fait auparavant des relevés de ce qui y était gravé. La plus grande (50 cm) porte à sa plus grande extrémité une frise où sont gravées 32 runes :

horn

En voici la transcription : "ekhlewagastiR:holtijaR:horna:tawido:" Les points séparent les mots. Si on écrit l'inscription selon les conventions modernes, on obtient : "ek, HlewagastiR HoltijaR, horna tawido" = "Moi, HlewagastiR, fils/originaire (?) de Holt, j'ai fait cette corne".

– Reproduction des gravures de la corne d'or sur Titus (Thesaurus Indogermanischer Text- und Sprachmaterialien, projet commun de plusieurs universités européennes hébergé sur le site de l'université de Francfort) :
http://titus.uni-frankfurt.de/didact/idg/germ/runinsc.htm.

Le futhark ancien cesse d'être utilisé à la fin du VIIe siècle.


Evolutions postérieures de l'écriture runique

Runes anglo-frisonnes

Dans les îles de la Frise et en Angleterre, une nouvelle version de l'écriture runique, le futhorc, apparaît au VIe siècle ; les inscriptions les plus récentes datent du XIe siècle.

futhorc

Runes gravées sur cette page avec la police Hnias.

Nouveau futhark scandinave

En Scandinavie, quelques dizaines d'années après la disparition du futhark ancien, apparaissent des inscriptions dans une nouvelle version de l'écriture runique, réduite à 16 caractères. Outre la suppression de quelques lettres (dont l'usage, vu les changements phonétiques des langues transcrites, tombait en désuétude), certaines graphies sont simplifiées, des graphies nouvelles apparaissent, mais le même ordre des runes est conservé (à l'exception de R qui passe à la fin), de même que la disposition entre trois sections (6+5+5).

new-futhark

Runes gravées sur cette page avec la police Hnias.

Il en existe des variantes simplifiées (kortkvistruner, runes à branches courtes) :

short-new

Les inscriptions conservées dans cette nouvelle écriture sont beaucoup plus abondantes, et par différence avec la période antérieure, la plupart sont gravées (ou gravées et peintes) sur pierre. Elles s'échelonnent entre le milieu du VIIIe et le début du XIIe siècle. La plupart d'entre elles sont de nature funéraire et souvent associées à des représentations figuratives ou à des symboles.

roek

Deux exemples :

– pierre de Rök (Östergötland, Suède, IXe s.) ; ci-contre (face de devant). La pierre de Rök est celle qui comprend le plus grand nombre de runes (environ 750), sur les deux faces de la pierre ainsi que sur les côtés et le dessus. Le graphisme est celui de runes simplifiées, mais l'inscription comporte aussi des runes "secrètes" (voir plus bas).
Traduction du début du texte : "A (la mémoire de) Vemod se dressent ces runes. Et Varin les a peintes, le père à (la mémoire de) son fils destiné à la mort." (Musset 1965 : 378, 228-233, Düwel 2001 : 114-118)

– pierres de Jelling (Jutland, Danemark, Xe s.) ; photographies sur Titus (voir plus haut ou plus bas). La première, la plus petite, porte l'inscription : "Le roi Gorm a fait ce monument à la mémoire de Thyre, sa femme, salut/ornement (?) du Danemark.". La seconde, la plus grande (2,43 m de haut sur 2,90 m de large), porte l'inscription : "Le roi Harald a ordonné de faire ce monument à la mémoire de Gorm, son père, et de Thyre, sa mère, Harald qui a gagné pour lui le Danemark." Ces inscriptions représentent la première attestation du nom du Danemark dans l'histoire. (Musset 1965 : 118-121, Düwel 2001 : 105-111)

La diffusion de l'alphabet latin en Scandinavie à partir des Xe et XIe s. entraîne l'élimination progressive des runes, y compris dans leurs emplois traditionnels, qui disparaissent avant la fin du Moyen Age, même si, ici ou là, les runes ont pu être encore utilisées et comprises pendant plusieurs siècles.

Cependant, on a parfois tenté d'enrichir le nouveau futhark pour que ses possibilités d'expression soient semblables à celles de l'alphabet latin : l'un des procédés a consisté à ajouter un point à certains signes afin que la même rune avec et sans point puisse représenter deux sons différents ("runes pointées"). C'est dans cette écriture qu'est écrit le Codex runicus, recueil danois de lois datant d'environ 1300 : un document de 200 pages sur parchemin, entièrement écrit en runes et, selon Musset (1965 : 333), "de toute évidence", transcrit d'un manuscrit en caractères latins.

Runes "secrètes"

Différents procédés cryptographiques ont été utilisés dès l'époque du futhark ancien. Parmi ces procédés figure le remplacement d'une rune par celle qui suit dans la série (soit un procédé semblable à celui de César). Mais on a aussi créé des signes au graphisme particulier. Il en existe de multiples variantes. Ci-dessous les signes ordonnés du futhark dans une variante attestée sur la pierre de Rök. Le principe en est simple : il consiste à représenter le signe par son rang dans la série. Le numéro de la section est figuré par un nombre de traits correspondant à gauche du trait vertical et le numéro d'ordre du signe dans la section à droite de ce trait.

crypt

L'utilisation de ces runes "secrètes" ne semble pas liée à une volonté de cacher le sens d'un texte, mais plutôt à des exercices de style.

voirCryptographie
voirSystème de César


Pouvoir magique des runes ?

Le pouvoir "magique" des runes paraît inscrit dans leur nom même (rune = mystère) et dans les légendes de leur création – voir les extraits cités plus haut du Hávamál (traduction en français du texte intégral dans Boyer & Lot-Falck 1974 : 172 sq.). Pour ce qui est de la réalité, on citera seulement la conclusion de l'enquête de Musset (1965 : 141-155) :

les runes, comme n'importe quels caractères d'écritures, peuvent servir de véhicule à des formules magiques. L'emploi qui a été fait d'elles en ce domaine ne paraît pas différer essentiellement de celui que l'on a pu faire, par exemple, des alphabets latin ou grec. Leur vocation magique, dans la mesure où elle existe, paraît résulter surtout du fait qu'une minorité savait les tracer et les interpréter ; elle n'est pas inhérente à leur nature.

Deux exemples littéraires du pouvoir magique des runes

Extraits de la Saga d'Egill, fils de Grimr le Chauve, respectivement chapitres XLIV et LXII.

Chapitre XLIV (Boyer 1987 : 77)

Alors, la reine et Báldr mêlèrent du poison à la boisson et la firent servir. Báldr signa la corne puis la remit à la servante : elle la porta à Egill en le priant de boire. Egill sortit alors un couteau et se l'enfonça dans la paume. Il prit la corne, grava des runes dessus et y fit couler son sang. Il déclama :

Gravons des runes sur la corne,
Rougissons de sang les signes ;
Je choisis ces mots pour le bois
Des racines des oreilles de la bête sauvage ;
Buvons à loisir la liqueur
De la serve accorte ;
Voyons le bien que nous fera
La bière que Báldr signa.

La corne vola en éclats et la boisson se répandit dans la paille.

Chapitre LXII (Boyer 1987 : 158-159)

Alors qu'Egill et les siens étaient en train de se restaurer, Egill vit qu'une femme, malade, était couchée sur l'estrade. Il demanda à Thorfinnr qui était cette femme si gravement affectée. Thorfinnr dit qu'elle s'appelait Helga et que c'était sa fille, "il y a longtemps qu'elle est souffrante", et c'était une longue maladie ; elle passait toutes ses nuits sans dormir, et c'était comme si elle avait perdu l'esprit. "A-t-on cherché à voir de quoi elle souffre ?" dit Egill. Thorfinnr dit : "Il y a eu des runes gravées et celui qui l'a fait est le fils d'un bóndi, pas loin d'ici. Depuis, c'est bien pis qu'avant. T'entends-tu, Egill, à faire quelque chose contre un tel mal ?" Egill dit : "Il se peut que, si j'interviens, cela ne fasse pas de tort." Lorsqu'il eut mangé, Egill alla à l'endroit où gisait la femme et parla avec elle. Il demanda qu'on la soulève de son lit et qu'on lui mette des draps propres. Ce que l'on fit. Puis il fouilla le lit dans lequel elle avait reposé et il y trouva un fanon de baleine* sur lequel il y avait des runes. Egill les lut, puis il les rabota et jeta les copeaux dans le feu. Il brûla tout le fanon de baleine* et fit mettre à l'air les draps qu'elle avait eues. Alors, il déclama :

Point ne faut graver les runes
Si l'on ne sait les interpréter,
A maint homme il arrive
Que noir bâton gravé l'égare ;
J'ai vu sur la planche taillée*
Dix* lettres secrètes gravées,
Voilà ce qui longtemps a causé
Lourd dol au tilleul des oignons.

Egill grava des runes et les mit sous l'oreiller de la couche où elle reposait. Elle eut l'impression de se réveiller de son sommeil et dit qu'elle était guérie, mais qu'elle n'avait pas beaucoup de forces tout de même, et son père et sa mère furent dans une grande liesse.

N.B. Les trois astérisques indiquent des modifications mineures apportées au texte publié dans la Pléiade.

A propos du second texte, Düwel (2001 : 207) évoque les hypothèses concernant les erreurs commises par le fils de bóndi quand il a gravé les runes secrètes : un trait en trop ou en moins, et une formule initialement bénéfique devient nocive... Prudence, donc !


A l'époque actuelle

Les runes sont fréquemment utilisées dans deux mouvances, parfois liées l'une à l'autre, en liaison avec l'occultisme, l'ésotérisme, la magie et en liaison avec les idéologies racistes de l'époque moderne, surtout en Allemagne et en Amérique.

Les nazis ont utilisé plusieurs lettres runiques – ou des déformations de lettres runiques imaginées par l'un des précurseurs des idéologies racistes en Allemagne, Guido List (1848-1919), sous le nom de runes armanes (Armanenrunen) :

– la rune 16, sous sa forme "armane", renommée Sig-Rune (homophone de Sieg-Rune, la rune de la victoire) : la rune simple a été utilisée comme symbole de l'organisation de jeunesse regroupant les enfants de 10 à 14 ans (Deutsches Jungvolk) ; doublée, elle a été le symbole de la SS (Schutzstaffel) ;
– les runes 15, 17 et 24 du futhark ancien, ainsi que la rune R du futhark nouveau.

Ces symboles sont utilisés actuellement par des groupes néonazis, mais aussi, de façon provocatrice, par des groupes de jeunes qui veulent marquer ainsi leur distance par rapport à la société établie.

sig En Allemagne, l'utilisation à des fins idéologiques des runes instrumentalisées par le pouvoir nazi constitue une infraction à la loi. Notamment, la diffusion, l'utilisation, la production, l'importation et l'exportation de la rune utilisée par les SS (Sig-Rune) est interdite et passible d'une peine de trois ans de prison ou d'une amende (§ 86a StGB). Voir la brochure Symbole und Kennzeichen des Rechtsextremismus, d'où est extraite la reproduction ci-contre.

Références bibliographiques

Boyer, Régis (ed.), 1987. Sagas islandaises. Paris : Gallimard. Bibliothèque de la Pléiade.

Boyer, Régis & Lot-Falck, Evelyne, 1974. Les religions de l'Europe de Nord. Paris : Fayard/Denoël.

Dillmann, François-Xavier, 2001. L'écriture runique. in : Christin, Anne-Marie, 2001. Histoire de l'écriture de l'idéogramme au multimédia. Paris : Flammarion.

Düwel, Klaus, 2001. Runenkunde. 3. Auflage. Stuttgart/Weimar : Metzler.

Musset, Lucien, 1965. Introduction à la runologie. Paris : Aubier-Montaigne. Bibliothèque de philologie germanique XX.

Nedoma, Robert, s.d. [2007]. Runenschrift und Runeninschriften – eine kurze Einführung. (Miscellanea septentrionalia 2). Document en ligne sur le site de l'université de Vienne, consulté le 2008-12-30.
http://skandinavistik.univie.ac.at/fileadmin/user_upload/p_skandinavistik/Mitarbeiter/Nedoma/ms2.pdf.

Symbole und Kennzeichen des Rechtsextremismus. Senatsverwaltung für Inneres (ed.), 2001. Document en ligne, consulté le 2013-12-12.
http://www.verfassungsschutz.brandenburg.de/media_fast/4055/Info%20Symbole%20u.%20Kennz.%2020.pdf.

– Documents divers sur le site de TITUS (Thesaurus Indogermanischer Text- und Sprachmaterialien), université de Francfort :
http://titus.uni-frankfurt.de/didact/idg/germ/runentab.htm.

– Liste des caractères runiques définis dans le standard Unicode :
http://www.unicode.org/charts/PDF/U16A0.pdf.

– Polices Unicode contenant les caractères runiques en téléchargement libre et gratuit ; liste non exhaustive) :
    Hnias : http://www.thesauruslex.com/typo/hniaseng.htm (site de Lars Törnqvist) ;   
    Junicode : http://junicode.sourceforge.net/,
    LeedsUni : http://www.personal.leeds.ac.uk/~ecl6tam/ (site de Alec McAllister),
    Titus cyberbit : http://titus.fkidg1.uni-frankfurt.de/unicode/tituut.asp


© Jacques Poitou 2009.