Jacques Poitou
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Ecritures de l'hébreu


Repères historiques

Dans la deuxième moitié du deuxième millénaire avant notre ère, les Hébreux apparaissaient "sur tout le pourtour du Croissant fertile comme une population instable et mal contrôlée pouvant s'engager au service du plus offrant, soit comme main d'œuvre dans des grands travaux civils, soit comme mercenaires dans l'armée" (Lemaire 2009 : 6). Vers le XIIIe siècle avant notre ère, ils s'établirent en Canaan – entre la Méditerranée et le Jourdain – et y fondèrent le royaume d'Israël qui se divisa au Xe siècle en royaume d'Israël au nord et royaume de Juda au sud. Leur langue – l'hébreu – adoptée après leur sédentarisation était une langue sémitique, attestée en Canaan avant leur arrivée. A partir du VIe siècle avant notre ère, les conquêtes successives des Babyloniens, des Perses, des Macédoniens, des Romains entraînèrent une dispersion des Hébreux (la diaspora < grec διασορά), d'abord dans les régions limitrophes puis en Europe. A partir du IIe siècle de notre ère, l'usage de l'hébreu pour la conversation courante avait pratiquement disparu dans la province romaine de Syrie-Palestine.

Vers le milieu du XIXe siècle, les deux tiers des juifs vivaient en Europe, qu'il se soit agi de descendants de ceux des Hébreux qui étaient restés fidèles à leurs traditions culturelles ou de populations converties au judaïsme. Leurs langues courantes étaient celles des pays dans lesquels ils vivaient, auxquelles s'ajoutaient souvent des parlers spécifiques (le yiddish est le principal). Rabin (2005 : 42-43) présente ainsi la situation de l'hébreu : "During all this long time, Hebrew remained the language of payer and the language in which the Bible was read. […] The position of Hebrew among Jews in the Middle Ages resembled that of Latin among Christians in Western Europe, of Greek among Eastern Christians, classical Arabic amongst Muslims, or Sanskrit in India in the middle ages."

Le yiddish est issu de l'allemand du Moyen Age (moyen-haut-allemand). Les juifs qui vivaient en Allemagne parlaient la même langue que les autres habitants du pays. L'évolution divergente de leur sociolecte est la conséquence des persécutions dont ils furent victimes de la part des autorités catholiques, surtout après le concile du Latran de 1215 : discrimination, exclusion, ghettoïsation. Leur sociolecte (Judendeutsch > Jiddisch) évolua désormais de façon autonome, et il s'enrichit d'éléments issus de l'hébreu, toujours utilisé pour la liturgie. Cependant, l'exacerbation des persécutions à partir du XIVe siècle amena les juifs d'Allemagne à fuir, surtout vers l'est, dans des pays de langues slaves. Tout en participant pleinement à la vie de ces pays, ils y constituèrent des communautés distinctes par la culture et par la langue, qui s'enrichit alors d'éléments slaves. A nouveau, les persécutions incitèrent nombre de juifs à fuir vers l'ouest, où ils s'intégrèrent à la vie de leurs nouveaux pays – malgré la persistance de l'antisémitisme (voir en Allemagne l'ouvrage de Martin Luther Von den Jüden und jren Lügen [Des juifs et de leurs mensonges, 1543]). Ils privilégièrent les langues de ces pays au détriment du yiddish. Par contre, le yiddish subsistait pleinement en Europe centrale et orientale avant la Seconde Guerre mondiale. (voir Landmann 1968 : 19-44). On estimait à onze millions le nombre de locuteurs du yiddish (Hadas-Lebel 1992), dont huit millions en Europe.

voirExtrait du texte de Luther contre les juifs

Dans la région autonome juive du Birobidžan (dans l'Extrême-Orient russe, à la frontière chinoise), c'est le yiddish et non l'hébreu qui est pratiqué et enseigné. Cette entité fut créée en URSS en 1934 pour permettre aux juifs – considérés comme étant une nationalité – d'avoir un territoire, mais le nombre de juifs n'y a jamais excédé 30 000 ; du fait des vagues d'émigration, les juifs y sont moins de 2 000 actuellement, soit moins de 1 % de la population de la région.

Le yiddish s'écrit comme l'hébreu en hébreu carré (voir plus bas).

voirLexique : hébreu, israélite, juif, Israélien, etc.

La situation qui prévalait au milieu du XIXe siècle changea radicalement au XXe siècle, en liaison avec la résurgence d'un antisémitisme virulent (voir en France le succès du livre d'Edouard Drumont La France juive [1886] et l'affaire Dreyfus [1894-1906]), avec les persécutions récurrentes contre les juifs en Europe centrale et orientale (pogroms dans l'Empire russe d'avant 1917) et avec la politique d'extermination systématique pratiquée par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale en Allemagne et dans les pays qu'ils occupaient :

voirReprésentation des juifs et persécutions en Occident
voirLexique : solution finale, holocauste, shoah, etc.

– développement de l'idéologie sioniste (publication de Der Judenstaat [L'Etat des juifs, 1896] de l'Austro-Hongrois Theodor Herzl [1860-1904]) en réaction contre l'antisémitisme (v. à ce sujet Rodinson 1979 et 1997) ; projet de création d'un Etat juif en Argentine (hypothèse rapidement écartée) ou en Palestine, à propos de laquelle Herzl indiqua :

Pour l'Europe, nous y formerions un tronçon du rempart contre l'Asie, nous assurerions le poste avancé de la culture contre la barbarie. Etat neutre, nous resterions associés à toute l'Europe, qui devrait garantir notre existence. [traduit par moi, JP]
– Für Europa würden wir dort ein Stück des Walles gegen Asien bilden, wir würden den Vorpostendienst der Cultur gegen die Barbarei besorgen. Wir würden als neutraler Staat im Zusammenhange bleiben mit ganz Europa, das unsere Existenz garantiren müsste.

– renaissance de l'hébreu : dès le XVIIIe siècle, un mouvement se dessina en faveur d'un renouveau de l'hébreu, il s'amplifia en liaison avec le mouvement sioniste, même si le renouveau de l'hébreu n'était pas envisagé par Herzl. Parmi ses promoteurs, un Biélorusse, Eliezer Itzhak Perlman (1852-1928), qui se fit appeler Ben-Yehuda, auteur d'un dictionnaire de l'hébreu incluant de nombreux néologismes (premier tome : 1910).

– vagues d'émigration aux Etats-Unis et en Palestine (sous domination ottomane, puis sous mandat britannique de 1920 à 1948) : de 11 800 en 1852, le nombre de juifs installés en Palestine passa à 57 000 en 1918, à 630 000 en 1947 (voir de Vaumas 1954). – L'émigration en Palestine est appelée en hébreu aliyah (= ascension) et les implantations juives en Palestine yishuv (= implantation).

résolution 181 de l'ONU sur le partage de la Palestine en deux Etats – l'un juif, l'autre arabe – et une zone internationale – Jerusalem – (29 novembre 1947) et proclamation d'indépendance de l'Etat d'Israël défini comme "un Etat juif dans le pays d'Israël" (14 mai 1948).

– Texte de la résolution 181 sur “le gouvernement futur de la Palestine”. Document en ligne sur le site de l'ONU, consulté le 2013-01-06.
http://www.un.org/ga/search/view_doc.asp?symbol=A/RES/181%28II%29

extension progressive des colonies juives au delà des frontières de l'Etat juif définies par l'ONU en 1947 :
a) à la suite de la guerre israélo-arabe de 1948-1949 : extension jusqu'à la "ligne verte" de l'armistice ;
b) depuis la guerre des Six Jours (5-10 juin 1967) : extension au delà de cette ligne dans les nouveaux territoires conquis et occupés par l'armée israélienne en Palestine (bande de Gaza jusqu'en 2005 et Cisjordanie, y compris Jerusalem-Est), en Egypte (Sinaï jusqu'en 1979) et en Syrie (plateau du Golan).

Situation actuelle

En liaison avec ces bouleversements, l'hébreu est redevenu langue vivante parmi les juifs installés en Palestine. A l'époque du mandat britannique (1920-1948), l'hébreu était l'une des trois langues officielles, à côté de l'angais et de l'arabe. Actuellement, c'est de facto la langue principale de l'Etat d'Israël et il est pratiqué par la majorité de sa population juive, même si la plupart des Israéliens sont de langue maternelle différente.

En 2011, 5,8 millions de juifs vivaient sur le territoire de l'ancienne Palestine mandataire et sur le Golan, dont 500 000 au delà des frontières israéliennes de 1967 – 587 100 en 2014 en Cisjordanie et à Jerusalem-Est selon le World Factbook de la CIA). Près des trois quarts des Israéliens (= citoyens de l'Etat d'Israël) sont étiquetés comme Israéliens juifs, et moins d'un cinquième comme Israéliens arabes. (voir DellaPergola 2010 et Dieckhoff 2011)

Retour en arrière : la situation dans les années vingt du XXe siècle

Voici comment, en 1928, Antoine Meillet, professeur au Collège de France, présentait la situation de l'hébreu et du yiddish en Europe (Meillet 1928).

Ceux des juifs qui, dans l'Europe orientale et dans les colonies palestiniennes, parlent hébreu aujourd'hui ont pris dans les livres la langue qu'ils ont appris à parler par nationalisme ; on peut ainsi parler hébreu comme on parlait latin dans les collèges du moyen âge ; et il y a maintenant des enfants pour qui cet hébreu, rendu artificiellement à la vie, est une langue maternelle. (p. 72)

Les juifs de l'Europe orientale, qui ont le sentiment de former une nation particulière, n'ont pas seulement conservé leur parler germanique, le yiddisch, qui les distingue de leurs voisins ; ils ont développé l'emploi d'une langue morte, l'hébreu, qui a toujours été leur langue religieuse, et il y a maintenant une littérature moderne en hébreu ; les juifs ont appris à parler cet hébreu, comme les savants du moyen âge parlaient le latin. Et l'hébreu ainsi rénové est entré dans l'usage parlé ; il est la langue des sionistes de Palestine. (p. 79)

L'hébreu est une langue morte. Mais pour des raisons politiques et nationales diverses, certains Juifs ont travaillé depuis une génération à la ressusciter comme langue vivante. Nombreux sont des maintenant les jeunes Juifs instruits de l'Europe orientale qui parlent couramment l'hébreu. Dans certaines familles, on va même jusqu'à enseigner l'hébreu aux enfants comme langue maternelle. D'après Lœwe, ces familles se comptaient encore par unités en 1911. Actuellement, le mouvement semble avoir fait quelques progrès, et il doit bien y avoir en Europe une centaine de personnes dont l'hébreu est la langue maternelle. (p. 457 ; écrit par Lucien Tesnière)

L'avenir montrera si cette langue [le yiddish] est capable de résister à des institutions démocratiques et à des usages sociaux qui, accordant aux juifs l'égalité avec les autres citoyens, briseront l'isolement où ils sont, mais, du coup, les obligeront, s'ils veulent exercer leurs droits et se mêler au reste de la société, à être maîtres de la langue commune des pays dont ils seront citoyens normaux. Si je yiddisch se parle seulement dans la famille, peu à peu il apparaîtra comme inutile. L'essai bizarre qui a été fait en Lituanie d'une organisation juive autonome à l'intérieur de l'Etat est promptement apparue irréalisable et nuisible à tous égards. Partout où les juifs sont traités sur le pied d'égalité, leur idiome propre tend à s'effacer, et ils sont conduits à adopter la langue de la population à laquelle ils se mêlent, comme ils l'avaient fait déjà au moyen âge. Toutefois, l'esprit national juif est si fort actuellement dans l'Europe orientale, surtout chez les éléments pauvres et relativement peu cultivés, et si renforcé par l'antisémitisme tacite ou même, en Roumanie, parfois violent, que, durant assez longtemps encore, le yiddisch a des chances de survivre. (p. 229-230)


On distingue deux écritures de l'hébreu : le paléo-hébreu et l'hébreu carré. Dans l'une comme l'autre, les lettres de base ne représentent que les consonnes.

Paléo-hébreu (Xe-Ier siècle de notre ère)

La première écriture des Hébreux est attestée du Xe siècle avant notre ère au début de l'ère chrétienne. C'est une variante de l'alphabet phénicien, avec le même nombre de lettres (22), présentées dans le même ordre. Cet alphabet est attesté par une pierre découverte en 2005 à Tel Zayit, à 60 km au sud-ouest de Jerusalem.

voirEcriture phénicienne

tel-zayit à gauche : alphabet de Tel Zayit (Xe siècle avant notre ère).

– Photo extraite de Tappy (2011). Plus de précisions sur The Zeitah Excavations, site du projet archéologique, dirigé par Ron E. Tappy,  :
http://www.zeitah.net/UpdateTelZayit.html.


à droite : ostraca trouvé en Samarie (VIIIe siècle avant notre ère)

– Source : Yardeni (1997 : 18)
ostraca

– Photo du calendrier de Gezer (Xe siècle) sur le site du musée archéologique d'Istanbul :
http://www.istanbularkeoloji.gov.tr/web/27-109-1-1/muze_-_en/collections/archaeological_museum_artifacts/gezer_calendar/s:Gezer.

Ci-dessous la liste des 22 caractères phéniciens (première ligne) et paléo-hébraïques (deuxième ligne)

paleo
(1ère ligne : police MPH 2B Damase créée par Mark Williamson ; 2e ligne : police Hebrew Paleo Gezer créée par Yoram Gnat)


Hébreu carré (à partir du IVe siècle avant notre ère)

N.B. Dans ce qui suit, le nom des lettres et des signes diacritiques est écrit comme dans le standard Unicode (version anglaise).

A l'époque de la domination perse achéménide au Levant, l'araméen était la langue officielle de l'administration. C'est dans ce contexte que l'écriture paléo-hébraïque commença à être remplacée par l'écriture araméenne pour l'écriture de l'hébreu. Mais le graphisme des signes s'autonomisa peu à peu par rapport à l'araméen impérial : le résultat en fut ce qu'on appelle l'hébreu carré. (voir Lemaire 2009 : 77) Ci-dessous, détail d'un rouleau de papyrus trouvé sur le site de Qumran en Palestine (fin IIIe-début IIe siècle avant notre ère) :

qumran
Source : Yardeni (1997 : 42)

– Reproduction de manucrits de la mer Morte (IIIe-Ier siècle avant notre ère) en hébreu carré sur le site de l'Israel Museum (Jerusalem) :
http://dss.collections.imj.org.il/

Comme en araméen, les signes de base représentent seulement les consonnes, et l'écriture est horizontale, de droite à gauche.

L'alphabet hébreu de base contient 22 signes ; ci-dessous la liste de ces signes en araméen impérial (1ère ligne) en hébreu carré archaïque (2e et 3e lignes), en hébreu carré moderne (4e ligne), leur valeur phonique en hébreu israélien (selon Goerwitz 1996) et leur nom :

alpha
(1ère kigne : police Hebrew Paleo Gezer créée par Yoram Golat ; 2ère ligne : police Imperial Aramaic Yeb créée par Yoram Golat ; 3e ligne : police Hebrew Square BenKosba créée par Yoram Golat ; 4e ligne : police Adobe Hebrew, de même que pour les autres signes en hébreu carré)

Cinq lettres ont deux formes, selon qu'elles sont, dans un mot, en position finale et non-finale. Selon Hensen (1959 : 286-287), les formes non-finales s'expliquent par "la volonté de donner à la fois au signe une forme fermée, carrée, et de concevoir les différentes lettres de telle sorte qu'elles s'approchent le mieux possible les unes des autres. Pour quelques-unes dont le dernier trait était originellement une ligne verticale, on obtint ce résultat en courbant cette ligne vers le caractère suivant, vers la gauche. [...] Les formes finales sont les formes primaires, dont sont issues les formes usuelles par courbure des pieds vers la gauche (légère tendance à créer des ligatures ?)" [traduit par moi, JP] – N.B. Hensen ne mentionne que quatre lettres, pas mem, pour laquelle la même explication semble pouvoir valoir.

Ci-dessous les formes finales et non finales :

fin

Ces 22 signes ne suffisent pas à représenter l'inventaire consonantique de l'hébreu. D'où la création d'autres signes par adjonction d'un point diacritique à certaines lettres pour représenter des valeurs différentes. On distingue, pour l'hébreu actuel, trois diacritiques différents, dagesh, sin et shin :

cons

Notation des voyelles

Reste la question de la notation des voyelles – question épineuse pour tous les alphabets issus du phénicien. Voir l'exemple de l'arabe et, bien sûr aussi, la solution apportée par les Grecs.

voirEcriture arabe
voirEcriture du grec

1. Matres lectionis. De même que dans d'autres langues sémitiques comme l'arabe, des lettres à valeur consonantique sont également utilisées pour la représentation des voyelles.

matres

2. Ponctuation. L'émergence de systèmes plus complets de notation des voyelles par l'utilisation de signes diacritiques est liée à la "nécessité de fixer avec la plus grande minutie la lecture de la Bible. […] Le texte sacré était intangible : on ne pouvait intercaler, au milieu des signes consonnantiques [sic] et des matres lectionis, de nouveaux signes qui auraient désigné les voyelles ou fourni d'autres indications. Force était donc de recourir à d'autres procédés." (Février 1959 : 241) Plusieurs systèmes ont été inventés à partir du VIIe siècle : systèmes babylonien, palestinien et tibérien – c'est ce dernier qui s'est imposé. Mais l'écriture courante ne recourt pas à ces points.

points

Ci-dessous le nom hébreu de la ville de Jerusalem avec points-voyelles et sans :

jerusalem

[jɛruʃalajim] – De droite à gauche : yod + sheva  = [jɛ], resh = [r], vav + shuruq = [u], shin + shin + qamats = [ʃa], lamed + patah = [la], yod + hiriq = [ji], mem = [m].

Quelques inscriptions en hébreu carré

praha Pierres tombales avec inscriptions en hébreu carré dans le vieux cimétière juif de Praha (Prague).
Praha, avril 2009.

Autres photos de pierres tombales du cimetière

Translittération (romanisation)

Comme pour d'autres écritures non-latines, il existe plusieurs systèmes de translittération de l'hébreu :

– système ISO 259-2:1994, disponible sur le site de l'ISO pour 58 francs suisses (seulement environ 48 €). Sur le site de la bibliothèque universitaire d'Oslo figure un document fournissant l'essentiel du système ISO 259 :
    http://www.ub.uio.no/om/organisasjon/uhs/uhs/samlinger/transkribering/transkr-hebraisk.pdf.

    Voici, selon le document référencé ci-dessus, la translittération des signes consonantiques usités en hébreu actuel :

iso

– système UNGEGN : http://www.eki.ee/wgrs/v2_2/rom1_he.pdf
– système ALA/LC : http://www.loc.gov/catdir/cpso/romanization/hebrew.pdf
– système BGN/PCGN : http://earth-info.nga.mil/gns/html/Romanization/Romanization_Hebrew.pdf


Références bibliographiques

de Vaumas, Etienne, 1954. Les trois périodes de l'imigration juive en Palestine. Annales de Géographie 63, 335. : 71- 72. Document en ligne sur le site Persée, consulté le 2012-10-19. (autres textes du même auteur et dans la même publication disponibles sur le même site).
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geo_0003-4010_1954_num_63_335_14349.

DellaPergola, Sergio, 2010. World Jewish Population, 2010. Storrs : North American Jewish Data Bank. Document en ligne sur le site de North Americain Jewish Data Bank, consulté le 2012-10-27 (accès restreint).

Dieckhoff, Alain, 2011. Israël : une identité nationale plurielle. in : Germa, Antoine, Lellouche, Benjamin & Patlagean, Evelyne (eds.), 2011. Les Juifs dans l'histoire. De la naissance du judaïsme au monde contemporain. Seysel : Champ Vallon.

Encyclopædia universalis. Version Education (accès restreint). Articles "Antisémitisme", "Ghetto", "Israël", "Judaïsme – histoire des Hébreux", "Palestine", "Sionisme", Documents en ligne, consultés le 2012-07-14.

Février, James G., 1959. Histoire de l'écriture. 2e édition. Paris : Payot. 1ère édition 1948.

Fellmann, Jack, s.d. Eliezer Ben-Yehuda and the Revival of Hebrew (1858-1922). Document en ligne, consulté le 2012-10-18.
http://www.pravapis.org/art_benyehuda2.asp.

Goerwitz, Richard L., 1996. The Jewish Scripts. in : Daniels, Peter T. & Bright, William (eds.), 1996. The World's Writing Systems. New York/Oxford : Oxford University Press, 487-498.

Hadas-Lebel, Mireille, 1992. L'hébreu, trois mille ans d'histoire. Paris : Albin Michel. Collection Présences du judaïsme.

Herzl, Theodor, 1896. Der Judenstaat. Versuch einer modernen Lösung der Judenfrage. Leipzig/Wien : Breitensteins Verlagsbuchhandlung. Document en ligne, sur le site de Project Gutenberg, consulté le 2012-10-17.
http://www.gutenberg.org/files/28865/28865-h/28865-h.htm.

Landmann, Salcia, 1968. Jiddisch – Abenteuer einer Sprache. 3e édition. München : dtv. Nº 252. 1ère édition : 1962.

Lemaire, André, 2009. Histoire du peuple hébreu. 8e édition. Paris : PUF. Collection Que sais-je ? 1898.

Meillet A[ntoine], 1928. Les langues dans l'Europe nouvelle. Avec un appendice de L. Tesnière sur la statistiques des langues de l'Europe. Paris : Payot. Document en ligne sur le site de la BnF, consulté le 2013-01-19.
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4329399.

Rabin, Chaim, 2005. A Short History of the Hebrew Language. The Jewish Agency for Israel. Première édition 1973. Document en ligne, consulté le 2012-10-17.
http://www.adath-shalom.ca/rabin_he.htm.

Rodinson, Maxime, 1979. Sionisme : esquisse de théorie d'une idéologie. in : Encycolopædia universalis. Tome 14. Paris : Encyclopædia universalis, 1161-1165. [Cet article figurait dans cette édition à la suite de deux autres articles sur le sionisme, de tendances différentes. Ils ont tous les trois été remplacés dans des éditions ultérieures par un article d'Alain Dieckhoff, sans aucune référence bibliographique aux travaux de Rodinson sur ce sujet...]

Maxime Rodinson (1915-2004) est issu d'une famille athée d'ascendance juive originaire de l'Empire russe. Ses positions sur le sionisme (voir notamment – et surtout – son article "Israël fait colonial ?", publié en 1967 dans Les Temps modernes, republié dans Rodinson 1997 : 153-239) lui valurent de vives critiques dans les milieux juifs. "Je fus", dit-il, "confirmé dans mon rôle satanique de traître à une communauté à laquelle on me faisait un devoir d’appartenir et de manifester ma solidarité, jusque dans les options les plus détestables des plus aveuglés de ses dirigeants. […] Cela ne me fait pas particulièrement plaisir, mais qu'y faire ?" (Rodinson 1997 : 155)

Rodinson, Maxime, 1997. Peuple juif ou problème juif ? Paris : La Découverte. Première édition 1981.

Tappy, Ron E., 2011. The Zeitah Excavations. Document en ligne, consulté le 2012-10-20.
http://www.zeitah.net/2011%20Brochure%20-%20Final%201.2.pdf.

Yardeni, Ada, 1997. The book of Hebrew Script. History, Paleography, Script Styles, Calligraphy & Design. Jerusalem : Carta. 1ère édition 1991.


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