Jacques Poitou
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Ecritures rapides


  L'étudiant des diverses facultés peut appliquer cet art à recueillir les parties principales des leçons de ses professeurs et quelquefois même, s'il le juge convenable, leurs leçons entières, pour travailler chez lui, sur des données certaines, et non pas sur des notes dont l'extrême concision nuit toujours à l'exactitude et induit souvent en erreur.
   Prévost 1834 : 7. (souligné par moi, JP)

On parle plus vite que l'on ne peut écrire. Dès lors, comment transcrire, en temps réel, les paroles d'autrui si l'on veut les conserver ?

Le problème se pose surtout pour la parole publique : on peut difficilement demander au locuteur d'attendre, pour continuer le fil de son intervention, que l'on ait fini de noter ce qu'il vient de dire. Il faut trouver un moyen d'écrire plus vite. Sans doute les dictaphones, les magnétophones, et plus récemment les programmes de reconnaissance vocale sont-ils une solution à ce problème, mais tant qu'il n'y en avait pas ?

Un problème semblable se pose quand on veut écrire ce que l'on pense : on pense plus vite que l'on ne peut écrire.

Que de fois, dans la composition, n'a-t-on pas à déplorer, dans les momens de verve, d'enthousiasme, de ne pouvoir fixer sur le papier ses idées aussi rapidement qu'elles se présentent à l'esprit ! Que d'inspirations étouffées par la lenteur du mécanisme de l'écriture visuelle, véritable boulet que l'imagination est condamnée à traîner à la remorque ! (Prévost 1834 : 6)

Ces problèmes sont aussi vieux que l'écriture elle-même, et les efforts pour les résoudre presque aussi. Les solutions adoptées regroupent trois ensembles de techniques :

– l'élaboration d'une écriture cursive, souvent liée, plus rapide à tracer que des lettres isolées, avec, le cas échéant, des caractères au graphisme simplifié ;

voirEcritures manuscrites

– l'élaboration d'un système d'abréviations, avec de multiples conventions de suppression de lettres ;

voirAbréviations et sigles

– l'élaboration d'autres systèmes d'écriture, nécessitant l'écriture de moins de signes ; on touche ici au dilemme de chaque écriture : vaut-il mieux un signe graphique pour chaque phonème ? ou pour chaque syllabe ? ou pour chaque mot ? ou, pourquoi pas, pour chaque phrase ?

Cette problématique n'est évidemment pas spécifique à l'écriture alphabétique manuscrite. Elle se pose pour chaque type d'écriture, mais de façon différente pour chacun, voire même pour chaque technique utilisée.

Ce qui est en jeu ici, c'est d'abord le type d'écriture plus que le graphisme de chaque signe. Une écriture phonographique dont le principe est la correspondance entre phonème et graphème est plus économique du point de vue de l'apprentissage (nombre de signes réduit), mais elle l'est moins en ce qui concerne la vitesse d'écriture. D'où les essais consistant à lui substituer une écriture syllabique (un signe pour chaque syllabe) ou idéographique (un signe pour chaque signifié). Mais le nombre de signes est alors plus grand et l'apprentissage plus lourd. Toutes les méthodes d'écriture rapide sont confrontées à ce dilemme.

Mais ce qui est aussi en jeu, c'est la performance de l'écriture alphabétique et notamment des discordances entre la forme phonique et la forme graphique. Dans une langue comme le français, la forme graphique est beaucoup plus compliquée que la forme phonique. Ainsi, cette dernière phrase nécessite quelque 90 graphèmes (espaces non compris) pour seulement 58 phonèmes. D'où des efforts pour adopter une écriture plus "phonétique", quand on ne part pas directement de la forme phonique.

Sont traitées dans les pages suivantes quelques aspects des techniques d'écriture rapide pour l'écriture latine, telle qu'elles ont été élaborées dans l'Antiquité (avec les notes tironiennes), au XIXe siècle (avec la sténographie) et depuis l'arrivée des ordinateurs (avec les usages d'écriture rapide pratiqués dans certains modes de communication numérique).

voirNotes tironiennes
voirSténographie
voirEcriture numérique rapide


Références bibliographiques

Prévost, Hyppolite, 1834. Nouveau manuel de sténographie. 4e édition. Paris : Roret.


© Jacques Poitou 2017.