Jacques Poitou
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Ecriture du polonais


Repères historiques

Des populations slaves se sont installées au nord des Carpates au IIIe millénaire avant notre ère, mais la constitution d'une communauté spécifiquement polonaise ne commence que dans la seconde moitié du Ier millénaire de notre ère : les différentes tribus se regroupent progressivement autour de celles de Grande Pologne.

Xe siècle Unification et christianisation des Polonais sous l'égide du duc Mieszko. La Pologne se situe désormais dans l'orbite de Rome, à la différence des slaves orientaux qui s'orientent vers Byzance.
1025 Boleslav, fils de Mieszko, reconnu roi de Pologne (dynastie des Piast).
1569 Union du royaume de Pologne et du grand duché de Lituanie. Son territoire connait sa plus grande extension au milieu du XVIIe siècle : il englobe entre autres la Prusse orientale et les territoires actuels de la Lituanie, du Belarus et de la plus grande partie de l'Ukraine.
1772-1815 Elimination progressive de l'Etat polonais : premier partage (1772), deuxième partage (1793), troisième partage (1795), congrès de Wien (Vienne, 1815).
1815-1914 Les territoires polonais relèvent à la fois de l'empire Russe (en majeure partie), de la Prusse (puis de l'empire Allemand) et de l'empire Autrichien (puis Austro-Hongrois).
1919-1921 Restauration d'un Etat polonais (traité de Versailles, 1919) qui englobe à l'est, au-delà de la "ligne Curzon"*, des territoires en partie biélorusses et ukrainiens (traité de Riga, 1921).
1939-1941 Pacte germano-soviétique, occupation conjointe de la Pologne ; les territoires qui étaient allemands avant 1914 sont annexés par le Troisième Reich, la région de L'vov et les territoires à l'est de la ligne Curzon* par l'Union soviétique, pour le reste, l'Allemagne institue un "Gouvernement général de Pologne" (gouverneur général : Hans Franck). Mars 1940 : exécution de plus de 21 000 prisonniers polonais, notamment à Katyn (Russie), décidée par le bureau politique du parti communiste soviétique.
1941-1945 Tous les territoires polonais sont occupés par l'Allemagne : asservissement, exploitation, pillages, terreur, massacres, extermination des juifs ; la Pologne perd un sixième de sa population. Avril-mai 1943 : insurrection du ghetto de Warzsawa (Varsovie) ; aout-octobre 1944 : insurrection de Varsovie ; janvier 1945 : libération de tout le territoire par l'Armée rouge.
1945 Restauration d'un Etat polonais, dont le territoire est translaté vers l'ouest (frontière Oder-Neiße à l'ouest, frontière de 1939 à l'est), expulsion de quelque sept millions d'Allemands. Le Parti ouvrier polonais (communiste) conquiert le pouvoir et instaure un régime de type soviétique.
1945-1989 Le pouvoir communiste est ébranlé par des émeutes populaires à répétition : 1956, 1970, 1976, 1980 (fondation de Solidarność sous la direction de Lech Wałęsa).
1989 Table ronde entre l'opposition et le pouvoir, instauration d'un régime multipartite.
1990 Traité de Moscou (dit "traité 2+4"), reconnaissance multilatérale des frontières de 1945 par les deux Etats allemands, les Etats-Unis d'Amérique, la France, le Royaume uni et l'Union soviétique.
2004 Adhésion de la Pologne à l'Union européenne.

* La ligne Curzon est le tracé d'une frontière orientale de la Pologne proposé par le secrétaire d'Etat britannique aux Affaires étrangères, George Curzon, à l'issue de la Première Guerre mondiale. La région de Białystok était à l'est de cette ligne, alors qu'elle fait partie actuellement de la Pologne, tandis que la région de L'vov était incluse dans le territoire polonais, alors qu'elle fait partie actuellement de l'Ukraine.

Cinq Polonais de renommée mondiale

Mikołaj Kopernik (1473-1534), qui élabore un modèle astronomique dans lequel la Terre tourne autour du soleil et non l'inverse.

Fryderyk Franciszek Chopin (1810-1849), polonais par sa mère, pianiste et compositeur.

Ludwik Łazarz Zamenhof (1859-1917), d'origine juive et de langues premières russe et yiddish, créateur de l'espéranto.

Maria Skłodowska (1867-1934), = Marie Curie, physicienne, spécialiste de la radioactivité, prix Nobel de physique (1903) et de chimie (1911).
 
Karol Józef Wojtyła (1920-2005), nommé pape en 1978, = Jean-Paul II, premier pape polonais.

Des lieux symboles de la barbarie nazie : camps d'extermination installés en 1939-1944 sur le territoire polonais conquis

Auschwitz-Birkenau (= Oświęcim-Brzezinka, dans l'actuelle voïvodie de Kraków), Bełżec, Majdanek et Sobibór (dans l'actuelle voïvodie de Lublin), Chełmno (dans l'actuelle voïvodie de Poznań), Treblinka (dans l'actuelle voïvodie de Białystok)


Repères linguistiques

Le polonais fait partie de la branche occidentale des langues slaves, avec le kachoube (parlé en Poméranie), le sorabe (parlé par quelques communautés en Allemagne orientale), le silésien, le slovaque et le tchèque.

Comme les autres langues slaves occidentales, le slovène et, pour une part, le serbo-croate, le polonais s'écrit en caractères latins. Cette spécificité est liée à l'histoire religieuse : au moyen-âge, ces pays se sont placés dans l'orbite du catholicisme romain, à la différence des autres communautés slaves.

voirEcritures du serbo-croate
voirEcriture du tchèque

Les populations de langue polonaise ont occupé des territoires situés entre les territoires germanophones à l'ouest et les territoires slaves orientaux (biélorusses et ukrainiens) à l'est. Le rapport entre ces territoires et les frontières des Etats a été mouvant au fil des siècles. Pour les cent cinquante dernières années, on peut distinguer trois grandes configurations (en négligeant les ajustements mineurs opérés au fil du temps) :

– à la veille de la Première Guerre mondiale : pas d'Etat polonais ; les territoires de langue polonaise sont partagés en trois parties : la majeure partie (à l'est) est intégrée à l'empire Russe, l'ouest, le nord-ouest (Poméranie) et le sud-ouest (Silésie) font partie de l'empire Allemand et le sud-est (Galicie) de l'empire Austro-Hongrois  ;
– au lendemain de la Première Guerre mondiale : l'Etat polonais recréé inclut la majeure partie des territoires de langue polonaise, mais aussi de larges franges de populations de langues biélorusse et ukrainienne ;
– au lendemain de la Seconde Guerre mondiale : le territoire de l'Etat polonais une nouvelle fois reconstitué est déplacé vers l'ouest ; du côté oriental, la frontière correspond approximativement à la frontière entre populations polonaises et populations biélorusses et ukrainiennes (ligne Curzon) ; du côté occidental, le territoire polonais est repoussé jusqu'à la frontière constituée par l'Oder et son affluent la Lausitzer Neiße ; les populations germanophones qui vivaient à l'est de cette ligne sont expulsées.

Suite aux bouleversements consécutifs à la Seconde Guerre mondiale, les habitants de langue polonaise représentent actuellement 96,9 % des plus de 38 millions de Polonais (selon le World Factbook de la CIA). Les juifs, qui présentaient 10 % de la population avant la guerre, ne sont plus que quelques milliers – conséquence de la politique d'extermination menée par les Allemands pendant la guerre et des vagues d'émigration après la guerre.

Diaspora polonaise

Les vicissitudes de l'histoire de la Pologne ont entrainé une forte émigration dans d'autres pays européens et en Amérique. Les communautés d'origine polonaise les plus importantes en Europe se trouvent en Biélorussie, en Russie, en Ukraine, en Allemagne et en France, où la vague d'immigration la plus massive eut lieu après la Première Guerre mondiale (de très nombreux Polonais ont été recrutés pour travailler dans le bassin minier du nord de la France).

Même origine polonaise, même génération, mais destins un peu différents…
Józef Epsztejn (Joseph Epstein) (1911-1944), né en Pologne dans une famille juive, militant communiste, s'exile en France en 1931, combat en 1936 aux côtés des républicains espagnols, blessé, repart au combat en Espagne, participe en 1940 à la campagne de France dans la Légion étrangère, fait prisonnier et transféré en Allemagne, s'évade, s'engage en France dans la Résistance, commandant des Francs-Tireurs et Partisans (FTP) pour I'lIe de France à partir de février 1943 (commandant Gilles), arrêté le 19 octobre 1943 en même temps que Missak Manouchian, abondamment torturé, fusillé au mont Valérien le 11 avril 1944.

Michel Poniatowski (1922-2002), né à Paris dans une famille polonaise d'origine princière, homme politique de droite proche de Valéry Giscard d'Estaing, ministre de 1973 à 1977, partisan après 1981 d'alliances avec l'extrême-droite.

Henri Krasucki (1924-2003), "Krasu" pour les intimes, d'origine juive, né en Pologne, arrive en France en 1928, ouvrier, syndicaliste, communiste, résistant, arrêté en mars 1943, torturé, déporté à Auschwitz en juin, transféré à Buchenwald en janvier 1945, libéré fin avril, naturalisé en 1947, carrière syndicale, membre du bureau politique du parti communiste de 1964 à 1996, secrétaire général de la CGT de 1982 à 1992.

Aron Lustiger (1926-2007), d'origine juive, né à Paris dans une famille originaire de Pologne, converti au catholicisme en 1940 (prénom de baptême Jean-Marie), ordonné prêtre en 1954, archevêque de Paris de 1981 à 2005, nommé cardinal en 1983, élu à l'Académie française en 1995.

– Traité par une journaliste du Figaro de "Français de fraîche date", Krasucki fit le commentaire suivant dans une interview publiée par la Vie ouvrière :
Mes origines n'ont rien d'extraordinaire. Il se trouve d'ailleurs qu'elles sont les mêmes que celles du cardinal archevêque de Paris. Ses parents et les miens ont, à peu d'années d'intervalle, vécu la même histoire, bien qu'avec des idées différentes. Je ne peux m'empêcher d'observer que si, par hypothèse, les circonstances de la vie m'avaient fait archevêque, on évoquerait aujourd'hui mes origines avec tact, sans insinuation perfide. Et si je comptais parmi mes ancêtres quelques grands princes polonais, alors là...
    https://www.humanite.fr/node/278761, consulté le 2019-06-21.

Genèse de l'écriture polonaise

– Cette présentation de l'écriture polonaise s'appuie sur Berger (2012), Bisko (1968), Daniels (1996), Feldstein (2001), Swan (2002) et Zaremba (2009).

Si des termes polonais (noms de lieux, de tribus) se trouvent dans des textes latins au plus tard au IXe siècle, le premier texte écrit en polonais est un hymne religieux datant du XIIIe siècle, Bogurodzica. Du fait de son ancrage dans le monde catholique romain, c'est l'alphabet latin qui a été utilisé dès le début pour l'écriture du polonais.

Mais la genèse du système d'écriture a été marquée par la même difficulté que beaucoup d'autres langues européennes : comment représenter le riche inventaire phonique du polonais avec les seules lettres de l'alphabet latin.

Au fil des temps, trois solutions ont été pratiquées :

1. Un même graphème est utilisé pour représenter des phonèmes différents.

2. On utilise des digrammes ou des trigrammes pour la représentation de certains phonèmes. L'écriture d'autres langues a servi parfois de modèle : ainsi, dans le traité orthographique de Jakob Parkusz (vers 1440), <sz>, utilisé pour [s], est emprunté à l'allemand <ß> (= ſz = sz), de même que <sch> pour [ʃ] (actuellement <sz>).

3. On recourt à des diacritiques. Cette méthode a été utilisée d'abord par Jan Hus pour le tchèque, et elle a sans aucun doute influencé les innovations en polonais. Mais l'inventaire des diacritiques qui se sont imposés diffère sensiblement de celui utilisé pour le tchèque : non sans raison, car Jan Hus, un siècle avant Calvin et Luther, s'était opposé au catholicisme romain qui dominait en Pologne… Les diacritiques utilisés actuellement sont l'accent aigu (kreska), le point suscrit (kropka) et l'ogonek et la barre oblique (bar). Dans l'alphabet actuel, l'accent aigu vaut pour c, n, s, z et o (ć ń ś ź ,ó) le point suscrit pour z (ż), l'ogonek pour a et e (ą ę), la barre oblique pour l (ł).


Situation actuelle

L'alphabet polonais comporte 32 lettres : a ą b c ć d e ę f g h i j k l ł m n ń o ó p r s ś t u w x y z ź ż.

Les lettres q, v et x ne s'utilisent que dans des mots étrangers.

Valeur phonographique des graphèmes

Consonnes

consonnes

1. Pour les occlusives, les affriquées et les fricatives, on distingue deux séries, les sourdes et les sonores. Mais les consonnes marquées graphiquement comme sonores s'assourdissent devant consonne sourde.

2. Comme pour d'autres langues slaves, on distingue traditionnellement consonnes dures et consonnes molles. Sont considérées comme consonnes dures les consonnes rétroflexes et palatales ou palatalisées (c'est-à-dire suivies de [j]). Dans la graphie, les consonnes palatales (sauf [j]) sont marquées par un accent aigu.

3. Le fait que < ż > et < rz > peuvent représenter toutes les deux [ʒ] correspond à une différence étymologique.

Voyelles

Voyelles orales Voyelles nasales
voyelles
nasales

La réalisation des voyelles < ą > et < ę > dépend de leur position. Elles ne sont réalisées comme voyelles nasales que devant f, w, s, z, Ê, ê, sz, rz/ ̋, (c)h et, pour < ą >, à la finale. Elles sont réalisées comme voyelle + consonne nasale devant les occlusives et les affriquées, le point d'articulation de la consonne nasale est alors assimilé à celui de la consonne qui suit.


Le polonais en français

Dans l'écriture de noms polonais en français, le plus souvent, tous les diacritiques sont omis. C'est le même usage que celui qui prévaut pour d'autres langues à alphabet latin. A cela, il y a deux raisons : la première est que cet usage évite le recours à des caractères spéciaux et représentait donc un avantage pour l'imprimerie au plomb (où la création de tels caractères aurait représenté un cout supplémentaire) et une nécessité pour l'utilisation de machines à écrire. L'informatique d'aujourd'hui permet certes, grâce au standard Unicode, d'obtenir tous les caractères diacritiqués, mais leur obtention nécessite le recours à des palettes de caractères, à une configuation de clavier adéquate ou à la saisie de codes numériques. La deuxième raison est que, de toute façon, un lecteur francophone ne maitrisant pas le polonais serait incapable d'interpréter les caractères diacritiqués. La même incapacité vaut pour certaines lettres simples dont la valeur phonographique diffère dans les deux langues (comme <c> ou même <s>) et évidemment pour les digrammes.

Autant dire que la prononciation des mots polonais à la française ne peut avoir qu'un rapport lointain avec la prononciation des natifs. Ainsi, le nom de l'ancien président de Solidarnocs s'écrit <Lech Walesa> et se prononce [lɛʃ.va.le.za] en français, alors que pour les Polonais, c'est <Lech Wałęsa> et [lɛx.va.ˈwɛɲ.sa]…

Toponymes : noms des villes

La situation se complique dans le cas des toponymes (pris au sens large de noms propres géographiques), en raison des vicissitudes historiques de la Pologne. Certaines villes ont deux noms, polonais et allemand, l'un ou l'autre étant selon le cas le nom d'origine. En voici un échantillon :

Bielsko-Biała
Bydgoszcz
Elbląg
Gdańsk
Jelenia Góra
Katowice
Bielitz-Biala
Bromberg
Elbing
Danzig
Hirschberg
Kattowitz
Kętrzyn
Kostrzyn nad Odrą
Kraków
Malbork
Olsztyn
Oświęcim
Rastenburg
Küstrin
Krakau
Marienburg
Allenstein
Auschwitz
Poznań
Szczecin
Toruń
Częstochowa
Warszawa
Wrocław
Posen
Stettin
Thorn
Tschenstochau
Warschau
Breslau

Si les noms polonais sont employés exclusivement en Pologne actuellement, le poids de l'histoire et de la tradition fait que les noms allemands sont encore parfois employés en contexte francophone : ainsi, pour des raisons évidentes, on connait mieux, en France, Auschwitz que Oświęcim et même peut-être Dantzig (allemand Danzig) mieux que Gdańsk. Peut-être aussi leur usage est-il favorisé par le fait qu'ils sont plus aisément prononçables par un francophone : Stettin (allemand [ʃtɛ.ˈtiːn]) est plus aisément prononçable que Szczecin [ˈʃtʃɛ.tsin].

Pour deux villes polonaises, ce sont les formes issues du latin qui prédominent en français : Cracovie (< Cracovia) au lieu de Kraków (allemand Krakau) et Varsovie (< Varsovia) au lieu de Warszawa (allemand Warschau). Les formes latines sont elles-mêmes issues des formes polonaises.

– Pour plus de précisions sur le traitement des toponymes polonais en français, voir Malgorzata (2017).

Trois Polonais qui ont contribué (involontairement) à l'enrichissement du lexique français

– Stanisław Leszczyński : baba au rhum

En 1697, le prince électeur de Saxe est élu roi de Pologne sous le nom d'August II. Avec le soutien de la Russie, il déclare la guerre à la Suède de Charles XII, qui fait élire Stanisław Leszczyński (1677-1766) roi de Pologne en 1704. Suite à la victoire des armées suédoises, August II abdique. Mais en 1709, Charles XII est battu par les armées russes (bataille de Poltava), August II est alors rétabli comme roi de Pologne et Stanisław Leszczyński s'exile en Lorraine.
A la mort d'August II en 1733, Stanisław Leszczyński est à nouveau élu roi de Pologne, malgré l'opposition de l'Autriche et de la Russie, mais il est aussitôt déchu au profit du fils d'August II, August III, soutenu par la Russie. Stanisław Leszczyński doit à nouveau s'enfuir. En 1737, il reçoit le duché de Lorraine et de Bar (capitale : Nancy).

Entre temps, en 1725, sa fille Maria Leszczyńska (1703-1768), déjà âgée de vingt-deux ans, est donnée comme épouse à Louis XV (1710-1774), qui n'a que quinze ans. De 1727 à 1737, ils ont dix enfants, dont Louis (1729-1765), seul survivant mâle, père des futurs rois Louis XVI (1754-1793), Louis XVIII (1755-1824) et Charles X (1757-1836).

Dans le domaine culinaire, l'introduction du baba en France est en rapport direct avec la cour de Stanisław Leszczyński en Lorraine.

     voirPlus de précisions sur le baba

– Le père Ubu : ubuesque

Personnage principal de la pièce d'Alfred Jarry (1873-1907), Ubu Roi (1896), dont Jarry précise que l'action "se passe en Pologne, c'est à dire Nulle Part". Personnage grotesque, tyrannique et cruel, le père Ubu, officier de confiance du roi Venceslas, le tue et s'empare du pouvoir, avant d'en être chassé à son tour. Première réplique d'Ubu, qui ouvre la pièce : "Merdre !" Dernières paroles : "S'il n'y avait pas de Pologne il n'y aurait pas de Polonais !" (Jarry 1896)

    > adjectif ubuesque : peut caractériser un personnage grotesque, cruel, mesquin, mais aussi une situation absurde et grotesque (à la différence d'une situation kafkaïenne).

– Le "plombier polonais"

En France, lors de la campagne pour le référendum sur le traité constutionnel européen en 2005, il a été beaucoup question du "plombier polonais" qui, du fait des directives européennes, a la possibilité de venir travailler en France (où l'on manque d'ailleurs de plombiers). Ce plombier polonais, dont le cas a été médiatisé par des opposants souverainistes au traité constitutionnel comme Philippe Le Jolis de Villiers de Saintignon, s'est alors trouvé au centre des vives polémiques entre partisans et adversaires du traité constitutionnel, avec des déclarations de nature xénophobe (le Polonais qui vient voler son travail au pauvre Français… à cause de l'Union européenne). – En 2017, on comptait seulement 28 210 Polonais entrés en France comme "travailleurs détachés".
      Source des statistiques : https://www.cleiss.fr/docs/stats/sources_stats2017/index.html#p=128, consulté le 2019-07-03.


Références bibliographiques

Berger, Tilman, 2012. Religion and Diacritics. in : Baddeley, Susan & Voeste, Anja (eds.), 2012. Orthographies in Early Modern Europe. Berlin : De Gruyer Mouton, 255-268.

Bisko, Wacław, Karolak, Stanisław, et. al., 1968. Mówimy po polsku. Lehrbuch der polnischen Sprache für Anfänger. Warszawa : Wiedza Powszechna.

Bunčić, Daniel, 2012. The Standardization of Polish Orththography. in : Baddeley, Susan & Voeste, Anja (eds.), 2012. Orthographies in Early Modern Europe. Berlin : De Gruyer Mouton, 219-254.

Daniels, Peter T. & Bright, William (eds.), 1996. The World's Writing Systems. New York/Oxford : Oxford University Press,

Encyclopædia universalis. Version Education (accès restreint). Article "Pologne". Document en ligne, consulté le 2019-06-06.

Feldstein, Ron F., 2001. A Concise Polish Grammar. Seelrc. Document en ligne, consulté le 2019-06-21.
http://seelrc.org:8080/grammar/pdf/compgrammar_polish.pdf

Lubaś, Władysław & Molas, Jerzy, 2002. Polnisch. in : Wieser Enzyklopädie des europäischen Ostens. Document en ligne, consulté le 2019-06-21.
https://eeo.aau.at/wwwg.uni-klu.ac.at/eeo/Polnisch.pdf

Malgorzata Mandola, 2017. Les équivalents français des noms géographiques polonais : l’exonymisation en français des toponymes du territoire de la Pologne. Université Rennes 2. Document en ligne sur le site HAL, consulté le 2019-06-21.
https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01585303

Swan, Oscar E., 2002. A Grammar of contemporary Polish. Bloomington : Indiana. Document en ligne, consulté le 2019-06-21.
https://www.researchgate.net/profile/Oscar_Swan/publication/41495047_A_Grammar_of_contemporary_Polish/links/5447abf70cf2f14fb8120f35.pdf

Talvj,1852. Übersichtliches Handbuch der slawischen Sprachen und Literatur. Leipzig : Carl Geibel. Document en ligne, consulté le 2019-06-21.
https://archive.org/details/uebersichtliches00talv/page/n6

Zaremba, Charles, 2009. Eléments de grammaire historique du polonais. Paris : Institut d'études slaves.


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