Jacques Poitou
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Le latin des pages roses


Dès sa première édition (1856), le dictionnaire de Pierre Larousse présente une série d'expressions latines avec leur traduction. Larousse (1856 : XI) s'en explique ainsi :

Il y a un grand nombre de locutions latines qui ne seraient pas à leur place dans un dictionnaire de langue française, mais dont il est cependant très utile d'avoir la clé, parce que leur emploi fréquent ne permet plus à personne de les ignorer aujourd'hui. Telles sont : alter ego, aurea mediocritas, currente calamo, ejusdem farinæ, in naturalibus, ipso facto, lapsus calami, lapsus lingæ, non bis idem, sic vos non vobis, sui generis, tu quoque, ultima ratio, verba volant, etc. Toutes ces locutions se trouvent rassemblées à la fin de notre ouvrage, avec des explications suffisantes pour en faire parfaitement connaître la signification et l'emploi. Nous les avons extraites d'une publication à part, composée sur cette matière entièrement neuve, et que nous nous proposons de faire paraître incessamment.

Dans des éditions ultérieures – notamment dans le Petit Laousse illustré (première édition 1905) –, ces expressions sont placées sur des pages roses intercalées entre les parties consacrées au vocabulaire français et aux noms propres, et elles sont augmentées de citations, issues principalement d'auteurs latins, mais aussi de la Bible et d'autres documents. Ces citations font par ailleurs l'objet d'un ouvrage à part de Larousse (1874), intitulé Fleurs latines des dames et des gens du monde, avec pour chacune différentes attestations chez des auteurs français.

Contenu des pages roses

Trois types d'expressions latines sont présentées dans les pages roses :

– des termes qui font partie du lexique français, mais sont perçus comme latins en raison de leur forme : ad vitam æternam, de visu, ex æquo, etc. ; à ces expressions constituées de plusieurs mots, il faudrait ajouter des mots latins isolés utilisés en français comme confer (abrégé en cf.), dixit, idem, pedibus, quid, sic, etc., non mentionnés dans les pages roses ;
– des expressions proverbiales : asinus asinum fricat, errare humanum est, in vino veritas, væ victis, etc.
– des citations extraites d'œuvres en latin : alea jacta est, O tempora ! o mores !, tu quoque, etc.

voirTermes français à aspect plus ou moins latin ("expressions latines")

La comparaison entre les premières éditions du dictionnaire Larousse (1856) et les pages roses du "Petit Larousse illustré" de 1924 fait apparaître la suppression de quelques termes du premier type et la multiplication de citations extraites d'œuvres en latin.

Pour les seules expressions latines commençant par la lettre A :
– ne sont plus mentionnées en 1924 : a fortiori, a posteriori, a priori ;
– citations latines : 5 en 1856 (ab ovo [Horace], abyssus abyssum vocat [Bible], alea jacta est [César], audaces fortuna juvat [Virgile], aurea mediocritas [Horace]), 29 en 1924 ; 22 termes usuels en 1856, 39 en 1924, et 1 expression proverbiale en 1856, 4 en 1924.

Ces trois types d'expressions n'évoluent pas de la même façon :

– les expressions usitées en français peuvent voir leur forme évoluer dans le sens d'une atténuation ou d'une disparition de leurs particularités latines originelles : v. p. ex. a priori < à priori, un apriori (selon les Rectifications de 1990), recours aux abréviations (curriculum vitæ remplacé par CV, etc. – oralisé [ɛt.se.te.ʁa] – normalement jamais écrit et cetera). Dans tous les cas, leur prononciation reste la prononciation traditionnelle à la française, alors que la prononciation dite restituée a été généralisée dans l'enseignement du latin à partir de 1960.
– les expressions proverbiales latines sont parfois remplacées par leurs équivalents français : alea jacta est > les dés sont jetés ; qualis pater, talis filius > tel père, tel fils ; verba volant, scripta manent > les paroles s'envolent, les écrits restent.
– l'usage des citations latines tend à diminuer.

voirEcriture et prononciation du latin

Enfin, en ce qui concerne les expressions du lexique français, il faut distinguer celles qui relèvent d'une langue de spécialité et celles qui relèvent de la langue commune, étant entendu que les premières peuvent pénétrer diversement dans la langue commune. Exemples :

– termes juridiques : jus privatum, habeas corpus
– termes médicaux : delirium tremens
– termes ecclésiastiques : pater noster
– termes liés à la civilisation romaine : cursus honorum, panem et circenses

Utilisation

Les pages roses – "les pages rousses du petit Larose", dit Prévert (1951 : 277) – peuvent servir au décodage d'expressions rencontrées ici ou là, mais aussi à leur réemploi. Elles fonctionnent alors, pour ceux qui auraient effectivement lu les textes dont elles sont issues, comme une sorte d'aide-mémoire, et pour ceux, à l'évidence beaucoup plus nombreux, qui n'ont pas cette culture, comme un ersatz de culture latine. Au XVIe siècle, Montaigne citait dans les Essais de nombreux auteurs latins, mais il avait appris le latin avant même le français et l'accès aux textes ne lui posait aucun problème. Quelles que soient sa formation et sa culture, on n'est en général plus dans la même situation. Ce que dit Allais (1989 : 730) du Larousse en général vaut pour les pages roses en particulier :

Mon nouvel appartement se trouvant un peu loin de la Bibliothèque nationale, où m'appelle la journalière documentation de mes chroniques si substantielles, j'ai dû me résoudre à acheter un Larousse, un de ces braves Larousse qui donnent au plus induré crétin les airs malins de l'omniscient.

De fait, on peut distinguer à l'heure actuelle trois utilisations de ces "expressions latines" :

utilisation normale : les termes du lexique français n'ont pas de synonyme à aspect non perçu comme latin, ou leur usage vaut dans un sociolecte particulier (langage juridique, ecclésiastique, médical, etc.) ;
utilisation par pédantisme : les proverbes et les citations peuvent procéder d'un désir d'exhiber sa culture latine, réelle ou limitée aux pages roses, sa connaissance des "humanités", et de se distinguer ainsi du commun des mortels, c'est-à-dire du vulgum pecus qui n'entend pas le latin ;
utilisation par dérison, pour railler l'utilisation de ces expressions par pédantisme. Voir cet exemple d'Alphonse Allais :

Vixit ! pour continuer à prouver qu'on a fait ses humanités. Le Chat Noir est mort. [Finis Chat Noir, in Allais 1989 : 394]
Vixit = 3e personne du singulier du parfait du verbe vivere = vivre ; il a vécu = il n'est plus. – Le Chat Noir : célèbre cabaret situé à Montmartre, fermé en 1897.

Le recours spécifique aux pages roses pour insérer des citations latines dans des textes en français est évident chez au moins deux auteurs du XXe siècle :

Céline (né Louis Destouches, 1894-1961), dans un chapitre de l'un de ses pamphlets, L'Ecole des cadavres (1938) ;
Réné Goscinny (1926-1977), dans la série de bandes dessinées consacrées à Astérix et Obélix (à partir de 1959).

Céline mentionne explicitement les pages roses come source de ses citations. Ce n'est pas le cas de Goscinny, mais les citations latines qu'il emploie, d'ailleurs peu nombreuses, en proviennent bien (sauf exception ?). Dans les aventures d'Astérix et Obélix, ces citations contribuent à la couleur locale du monde romain auquel se heurtent les Gaulois. Par contre, leur utilisation chez Céline relève de la dérision – voir l'analyse plus bas.


L'idée fixe du savant Cosinus (1894) – Sic itur ad astra

cosinus
Aussi, dans le cours de ses études, le jeune Zéphyrin obtint-il de brillants succès scientifiques ! "Sic itur ad astra", lui disait chaque année l'homme éminent qui présidait la distribution solennelle des prix. – "Oui, m'sieu", répondait Zéphyrin qui, épris de sicences exactes, n'avait rien compris à cette citation littéraire.

cosinus
En attendant qu'il aille ad astra, Zéphyrin est allé à Polytechnique, "la première Ecole du monde", comme chacun sait. Il est bon de remarquer que chaque Ecole est considérée comme la première du monde par tous ceux qui en sont sortis.

    extrait de : L'idée fixe du savant Cosinus (Christophe 1965 : 14-15).

Pages roses : Sic itur ad astra = C'est ainsi qu'on s'élève jusqu'au ciel.
Extrait d'un vers de Virgile (Enéide IX, 641)

Macte nova virtute, puer ; sic itur ad astra
Courage, enfant ! déploie ta jeune valeur : c'est ainsi que l'on monte aux astres.
    (Virgile 1859 : 558)


Deux citations latines utilisées par Alphonse Allais

N.B. Le texte et la traduction des citations présentées ci-dessous sont ceux qui figurent dans les pages roses.

Alphonse Allais (1854-1905), dont la connaissance du latin ne se limitait pas aux pages roses, recourt assez souvent à des termes ou des expressions latines (voir Wolff 1991 pour un inventaire détaillé).

Fluctuat nec mergitur (Il est battu par les flots, mais ne sombre pas)

Son père [à Angeline], un bien brave Badois, ma foi ! balayait municipalement les rues de la ville de Paris (Fluctuat nec mergitur). [Simple malentendu, in Allais 1989 : 53.]

Fluctuat nec mergitur, comme disait tristement le monsieur qui voyait sa femme prendre un bain de mer. [Propos détachés de Sam Weller, in Allais 1990 : 267]

N'allons pas aussi loin que le pessimiste baptisant Paris Dégueulopolis, avec – le latin, dans les mots, brave ce qu'on appelait autrefois l'honnêteté – Fluctuat sed merditur, mais déplorons amèrement la croissante dépravation de l'important chef-lieu qui nous occupe. [O mores, in Allais 1990 : 848]

Commentaire

– Pages roses : "Devise de la ville de Paris, qui a pour emblème un vaisseau."
< fluctuare = être ballotté par les flots, et mergere (au passif) = engloutir, couler

La phrase latine, attestée comme l'une des devises de Paris dès le XVIe siècle, en est devenue la devise officielle par décret du 24 novembre 1853. Elle renvoie au bateau qui figure sur les sceaux et les blasons de Paris à partir du XIVe siècle. Ce bateau symbolise la puissance de la corporation des marchands de l'eau de Paris (mercatores aquae Parisius), c'est-à-dire de la corporation du transport fluvial d'où est issue, selon Coëtlogon (1874), la prévôté des marchands. Mais déjà à l'époque romaine, une inscription retrouvée dans l'île de la Cité, témoigne de l'existence d'une corporation des nautae Parisiaci, les marins parisiens.


– Ci-contre : devise de Paris peinte place de la République par le collectif Grim Team au lendemain des attentats meurtriers du 13 novembre 2015. © J. Poitou, janvier 2016.
fluctuat

L'utilisation de cette devise par Allais diffère dans ces trois occurrences. Dans la première, c'est d'abord un rappel de la devise de Paris juste après le nom de la ville. Sa mention n'a pas d'incidence sur l'histoire elle-même, d'autant plus que ce n'est pas le père qui intéresse Allais, mais la fille, Angeline. La citation de la devise parisienne relève ici de la dérision : manifestation ridicule d'une sorte de pédantisme à propos de ce balayeur de rue.

Dans la seconde occurrence, la devise parisienne est décontextualisée et recontextualisée – le second contexte est inattendu : rien à voir avec Paris, et l'on ne s'attend pas non plus à ce que la tristesse du monsieur vienne du fait qu'il ne voit pas sa femme couler.

Dans la troisième occurrence, la devise parisienne est modifiée. Modification minimale sur le plan de la forme – seules trois consonnes sont modifiées (nec > sed, g > d dans mergitur) –, mais maximale sur le plan sémantique : l'opposition fluctuat~mergitur est remplacée par une double affirmation, la seconde (merditur) étant présupposée comme antinomique de la première (fluctuat). Quant au néologisme merditur, la reconnaissance du segment merd- le rend immédiatement transparent, et Allais justifie le recours au latin par une référence ironique à l'"honnêteté" : l'habillage latin permet d'utiliser le mot sans faire apparaître ce gros mot sous sa forme française.

Mens sana in corpore sano (Ame saine dans un corps sain)

[Un pharmacien d'une petite ville d'Australie voit sur la devanture d'une pharmacie à Melbourne l'inscription Mens sana in corpore sano.]
A son retour, il n'eut rien de plus pressé que d'orner sa boutique de cette merveilleuse sentence qu'il élargit à sa manière, et bientôt les habitants de Moontown purent lire, à leur grand ébaudissement, cette phrase en lettres d'or :
    MENS AND WOMENS
    SANA IN CORPORE SANO
(Mens and womens, en dépit d'une légère faute d'orthographe, bien excusable aux antipodes, signifie hommes et femmes.) [Notes sur la côté d'Azur, in Allais 1989 : 592]

Commentaire

– Pages roses : "Mens sana in corpore sano. Ame saine dans un coprs sain. – Maxime de Juvénal {Satires, X . 3S6). L'homme vraiment sage, dit le poète, ne demande an ciel que la santé de l'âme avec la santé du corps. Dans l'application, ces vers sont souvent détournés de leur sens pour exprimer que la santé du corps est une condition importante de la santé de l'esprit."

Texte originel :

Ut tamen et poscas aliquid, voveasque sacellis / Extra et candiduli divina tomacula porci, / Orandum est, ut sit mens sana in corpore sano.
Afin, toutefois, que tu puisses leur adresser quelque vœu, leur offrir, dans leurs temples, une victime avec les intestins sacrés d'une laie blanche, demande la santé de l'esprit jointe à la santé du corps (Horace 1869 : 260-261)

Allais remotive mens comme anglicisme, et y ajoute – en anglais – and womens, tout en signalant l'orthographe comme incorrecte (ce devrait être men's and women's).


Céline et les pages roses

Dans L'Ecole des cadavres (Céline 1938 : 252-256), écrit et publié à la veille de la Seconde Guerre mondiale, Céline polémique – entre autres – contre Charles Maurras, à qui il reproche d'être partisan d'une alliance de la France avec l'Italie, pays de même origine latine, contre l'Allemagne nazie, tandis qu'il prône, lui, une alliance avec l'Allemagne contre "la judéocratie anglaise".

On ne s'attardera pas sur le fond des positions de Céline, positions qu'en 1938, il présenta lui-même (mais fièrement !) comme "abominablement antisémites" (courrier privé, à propos de Bagatelles pour un massacre – Céline 2009 : 546), pas plus d'ailleurs qu'on ne s'attardera sur les positions attribuées à Maurras. Seule sera étudiée ici l'utilisation de citations latines dans la polémique contre le "latinisme" de Maurras. Il s'agira en particulier de mesurer le double décalage entre le contexte originel des citations et le contexte dans lequel les insère Céline – par l'intermédiaire des pages roses.

Céline rattache au "latinisme" à la fois :

– un mode de raisonnement et de rhétorique : "les fines discriminations, les scrupules libéraux, les nuances, les mesures “équitables”, les trouducuteries, les avocasseries, les rhétoriques, les pines de mouche" [p. 260]
– un type de civilisation : "Le latinisme plaît beaucoup aux méridionaux francs-maçons. Le latinisme c’est tout près de la Grèce. La Grèce c’est déjà de l’Orient. L’Orient c’est en plein de la Loge. La Loge c’est déjà du Juif. Le Juif c’est déjà du nègre. Ainsi soit-il." [p. 284]

Dans Bagatelles pour un massacre (Céline 1937), il oppose déjà, à propos de grands écrivains, les humanités à la vraie vie :

Ils n'ont jamais rien vu… ne verront jamais rien… humainement parlant… Ils ont appris l'expérience dans les traductions grecques, la vie dans les versions latines et les bavardages de M. Alain… [p… 106]
Les versions latines, le culte des Grecs, les balivernes prétentieuses et tendancieuses, enjuivées des Alain, des PluriBendas… auront toujours raison dans l'esprit du bachelier contre l'expérience directe, les émotions directes dont la vie simple et vécue directement avec tous les risques personnels abonde… [p. 107]

Emile-Auguste Chartier (1868-1951), dit Alain, philosophe. – Julien Benda (1867-1956), philosophe.

Céline lisait-il couramment le latin ? – Quand en 1920, à l'âge de vingt-cinq ans, Louis Destouches passa la première partie du bac (oral uniquement : ancien combattant – et invalide de guerre –, il bénéficiait d'un examen allégé), il fut interrogé en explication latine sur Horace et obtint 16/20. Ses biographes (voir Gibault 1985 : 212, le plus précis sur ce point) n'indiquent toutefois pas que son apprentissage du latin, apprentissage accéléré et en autodidacte, l'ait rendu apte à une lecture fluide des auteurs latins dans le texte.

Mais le héros de Mort à crédit, Ferdinand, entendait du latin dans la bouche de son père, quand celui-ci lui adressait des reproches :

J’étais damné, ça faisait plus de doute. Il recommençait lui, Ponce Pilate, il éclaboussait tout l’étage, il se lavait les mains de mon ordure, à plein jet, à toute pression. Il faisait des phrases entières latines. Ça lui revenait aux grands moments. Comme ça, dans la petite cuisine, tout debout, il me jetait l’anathème, il déclamait à l’antique. Il s’interrompait pour des pauses, pour m’expliquer entre-temps, parce que j’avais pas d’instruction, le sens des "humanités"… (Céline 1981 : 690)

Et quand son père lui reprochait son manque d'hygiène, Ferdinand retenait des bribes des maximes latines que son père lui lançait :

Papa voyait lourd, voyait loin. Il renforçait ça en latin : SanaCorpore sano… Ma mère savait pas quoi répondre. (Céline 1981 : 566)

Voici donc les citations latines présentes dans ce chapitre de L'Ecole des cadavres, dans l'ordre où elles apparaissent et dans leurs contextes immédiats :

Sunt verba et voces, praetereaque nihil (Des mots, des paroles et rien de plus)

Le latinisme je peux pas le souffrir, mais je conçois qu’on l’adore. "Sunt verba et voces, praetereaque nihil" (Horace et pages roses). / […] / Le latinisme est un lien lycéen, un lien de narcissisme académique, de mutuelle admiration pour brillants lauréats du Concours général. [p. 252]

Commentaire

Dans la première édition du petit Larousse illustré (1905), cette phrase est attribuée à Ovide. Dans l'édition de 1924, elle est attribuée avec réserve et seulement partiellement à Horace : "Pentamètre qui peut s'appliquer à un grand nombre de discours. Le premier hémistiche semble emprunté à Horace (Epitres, I, 34) ; le second a été ajouté plus tard."

Texte originel et traduction pour la première partie :

Fervet avaritia, miseroque cupidine pectus ? / Sunt verba et voces, quibus hunc lenire dolorem / Possis, et magnam morbi deponere partem. (v. 33-36)
C'est l'avarice, c'est quelque misérable passion qui vous dévore le cœur ? Il est des mots, des paroles magiques, dont la vertu calmera cette frénésie, et enlèvera une grande partie du mal. (Horace 1869 : 134)

La seconde partie praeteraque nihil est issue des Apophtegmes de Plutarque. En traduction latine :

Laco cum plumis lusciniam nudasset, ac parum admodum carnis reperiret, dixit : Vox tu es, et nihil praeterea. 866 -233 p. (Plutarque 1839 : 287)
Quelqu'un ayant plumé un rossignol et n'y ayant trouvé que très peu de chair, dit : "Toi, tu n'es qu'une voix, et rien d'autre." (Plutarque 1988 : 223)

L'adjonction de praeteraque nihil au premier hémistiche du vers d'Horace en inverse le sens : d'efficaces, les paroles deviennent insignifiantes. C'est bien dans ce sens que Céline les emploie à propos du "latinisme".

Monstrum horrendum informe ingens (Monstre horrible, hideux, colossal)

La Barbarie Germanique ! L’Allemagne nation de proie ! La bête enragée de l’Europe ! La Barbarie teutonne ! que César n’a jamais pu mettre ! Varus non plus ! Teutobochus le Boche ! "Monstrum horrendum informe ingens !" (Virgile et pages roses). [p. 253]

Commentaire

Pages roses : "Portrait que fait Virgile (Enéide III, 658) du cyclope Polyphème qu'Ulysse vient d'aveugler."

Texte originel et traduction :

Vix ea fatus erat, summo quum monte videmus / ipsum inter pecudes vasta se mole moventem / pastorem Polyphemum et litora nota petentem, / monstrum horrendum, informe, ingens, cui lumen ademptum. (v. 655-658)
Il achevait à peine ces mots, quand nous voyons sur la cime des monts se mouvoir dans sa masse énorme l'affreux pâtre lui-même, Polyphème, au milieu de ses troupeaux, qu'il menait vers la rive accoutumée : monstre horrible, informe, immense, aveugle ! (Lucrèce, Virgile 1868 : 276)

Une partie de la même expression est employée par Virgile au livre IV de l'Enéide, à propos de la renommée (fama) :

Monstrum horrendum, ingens ; cui quot sint corpore plumæ, / Tot vigiles oculi subter (mirabile dictu !) / Tot linguæ, totidem ora sonant, tot subrigit aures. (v. 190-192)
C'est un monstre horrible, immense, le corps couvert de plumes, et qui sous chacune d'elles a des yeux toujours ouverts, une bouche et une langue toujours retentissantes, des oreilles toujours dressées. (Virgile 1868 : 281)

Le fait que Virgile emploie lui-même cette expression à propos de choses aussi différentes que le Cyclope et la renommée indique a fortiori qu'elle peut être attribuée à n'importe quoi d'autre, et donc pourquoi pas à l'Allemagne telle que – selon Céline – Maurras la considère.

Abyssum abyssum invocat (L'abîme appelle l'abîme)

Ni Berlin, ni Moscou, ça ne veut rien dire ! mais bel et bien "Washington-Londres-Moscou" contre "Berlin-Rome-Burgos". C’est à prendre ou à laisser ! Il faut choisir ! C’est la minute ! c’est l’instant ! Point de marchandages latins. Ça porte pas beaucoup à choisir les "Humanités", ça porte à circonlocuter, à digresser pompeusement, à s’admirer tout ronronnant dans l’ordonnance d’un beau vide. "Abyssum abyssum invocat." (L’abîme appelle l’abîme  David  P. XLI. 8.) [p. 253]

Commentaire

Pages roses : "Expression figurée d'un psaume de David (Ps. XLI, 8), qu'on emploie pour exprimer qu'une faute en entraîne une autre."

Texte originel et traduction :

Abyssus abyssum invocat, in voce cataractarum tuarum ; omnia excelsa tua, et fluctus tui super me transierunt. (Vulgate)
L'Abîme appelle l'Abîme ; / au bruit de tes cataractes, toutes tes lames et tes vagues / ont passé sur moi. (La Bible, Ancien testament II : 984-985).

Aucun rapport entre le psaume d'où est extrait le texte latin et le sens qui lui est attribué en français dans cette citation et a fortiori dans le texte de Céline, pour qui il s'agit plus, d'après le contexte, d'un vide de pensée que de fautes.

Ubi solitudinem faciunt pacem appellant (Où ils ont fait un désert, ils disent qu'ils ont donné la paix)

La Paix par le Désert !
"Ubi solitudinem faciunt pacem appellant" (Tacite).
Que veut-il Maurras ? La France toute seule ? toute indépendante ? ne se compromettant avec nul ? seule défenderesse désormais de son irradiante culture gallo-romanique ? de son génie pétrarquisant, rabelaitique, moliéresque, Jeanson de Saillyteux, mazarien, maurrassien pour tout dire ? c’est pas très facile non plus... [p. 254]

Commentaire

Pages roses : "Phrase mise par Tacite (Vie d'Agricola, 30) dans la bouche de Galgacus, héros calédonien, flétrissant les rapines des Romains. Ces mots s'appliquent aux conquérants qui colorent leurs ravages d'un spécieux prétexte de civilisation."

Texte originel et traduction :

Raptores orbis, postquam cuncta vastantibus defuere terrae, et mare scrutantur : si locuples hostis est, avari ; si pauper, ambitiosi : quos non Oriens, non Occidens satiaverit ; soli omnium opes atque inopiam pari affectu concupiscunt ; auferre, trucidare, rapere, falsis nominibus, imperium, atque, ubi solitudinem faciunt, pacem appellant.
Dévastateurs du monde entier, maintenant que la terre entière manque à leur avarice, ils viennt fouiller la mer. Leur ennemi est-il riche, ils le pillent ; est-il pauvre, ils l'asservissent : l'Orient ni l'Occident ne peuvent les assouvir, et leur ambition inouie n'épargne pas plus les richesses que la misère. Piller, égorger, violer, voilà leur gouvernement ; et pour eux la paix, c'est la solitude qu'ils ont faite. (Tacite 1869 : 463)

Différence de contexte : les propos du chef celte rapportés par Tacite concernent un état de fait, un pays dévasté, résultat de la politique d'agression et de répression menée par les Romains. Pour Céline, il s'agit d'une perspective diplomatique : l'isolement de la France comme prétendu gage de la paix – cet "isolement" étant surtout pour lui l'absence d'accord avec l'Allemagne hitlérienne.

Cuncta supercilio movemens (Qui ébranle l'univers d'un froncement de ses sourcils)

Nous ne sommes plus sous Louis XIV. Les pets de Monsieur Lebrun ne font plus tressaillir l’Europe. Ils ne font même plus rire personne, ce sont des pets vraiment pour rien. "Cuncta supercilio movemens" (Qui ébranle l’univers d’un froncement de sourcils. Horace id.) [p. 254]

Commentaire

Pages roses : "Vers d'Horace (Odes, III, 1), à propos de Jupiter dont il exalte la suprême puissance."

Texte originel et traduction :

Regum timendorum in proprios greges, / Reges in ipsos imperium est Jovis, / Clari giganteo triumpho, / Cuncta supercilio moventis. (v. 5-8)
Troupeaux soumis, les peuples tremblent devant les rois ; les rois eux-mêmes tremblent sous la main de Jupiter, vainqueur des géants, et dont le sourcil ébranle le monde. (Horace 1869 : 32)

Horace emploie cette expression à propos d'un dieu puissant, et Céline à propos d'un pays – la France – qu'il considère comme faible, mais que d'autres considèrent comme suffisamment fort pour pouvoir choisir ses alliances. La référence à Jupiter, telle qu'elle est indiquée dans les pages roses, permet de souligner, par dérision, la différence entre la situation de la France sous Louis XIV et en 1938.

Felix qui potuit rerum cognoscere causas (Heureux celui qui a pu pénétrer les causes secrètes des choses)

Ce qui existe c’est un éternel intérêt de la judéocratie anglaise à nous entretenir en perpétuel conflit franco-allemand, par tous les moyens, de siècle en siècle, moyens formidables, bêtes comme chou mais merveilleusement efficaces, la preuve ! "Felix qui potuit rerum cognoscere causas..." (Heureux celui qui a pu pénétrer les causes secrètes des choses ; Virgile et toujours pages roses). [p. 255]

Commentaire

Pages roses : "Vers de Virgile (Géorgiques, II, 489), souvent cité pour vanter le bonheur de ceux dont l'esprit vigoureux pénètre les secrets de la nature et s'élève ainsi au-dessus des superstitions du vulgaire."

Texte originel et traduction :

Felix qui potuit rerum cognoscere causas, / Atque metus omnes, et inexorabile fatum / Subjecit pedibus, strepitumque Acherontis avari ! / Fortunatus et ille deos qui novit agrestes, / Panaque, Silvanumque senem, Nymphasque sorores ! (v. 490-494)
Heureux celui qui peut connaître les causes premières des choses ! Heureux celui qui a mis sous ses pieds toutes les vaines terreurs des mortels, le destin inexorable, et les vains bruits de l'avare Achéron ! Heureux aussi celui qui connaît les dieux champêtres, Pan, le vieux Sylvain et la troupe des nymphes ! (Lucrèce, Virgile 1868 : 203)

A qui celle félicité doit-elle être attribuée ? A Céline lui-même ou aux partisans zélés, et à son avis inconscients, de l'alliance avec l'Angleterre contre l'Allemagne ?

Fin du chapitre sur Maurras

Les Aryens d’Europe n’ont plus trente-six cartes dans leur jeu, deux seulement ! La "carte anglaise", et ils cèdent une fois de plus à l’Intelligence Service, se jettent une fois de plus dans le massacre franco-allemand, dans la plus pharamineuse, fulgurante, exorbitante folle boucherie qu’on aura jamais déclenchée dans le cours des siècles (peut-être pour la dernière fois ! les jaunes sont aux portes !) Ou bien ils jouent la "carte allemande", se révoltent, s’unissent, se lèvent contre l’Angleterre, la somment, la sonnent, l’abattent, la rasent. On n’en parle plus. C’est à prendre ou à laisser.
Pas trente-six cartes, deux seulement ! "Video cartas et lupos !" Exclamation très latine (pas dans les pages roses). "Je vois les cartes et les loups !" Maurras il a pas les pages roses chez lui. Il travaille tout de mémoire. "Ad memoriam". [p. 255-256]

Commentaire

1. video lupum

Video cartas et lupos est forgé par Céline sur le modèle Video lupum. cartas est une création macaronique à partir du français cartes (< latin charta). lupos renvoie à ceux que Céline considère comme les ennemis des "Aryens d'Europe" (c'est-à-dire essentiellement les juifs).

voirVariétés de pseudo-latin

Pages roses : "Video lupum – Je vois le loup. Se dit lorsque l'on aperçoit une personne que l'on craint et dont on parle. Cette locution rappelle un peu le dicton : Quand on parle du loup, on en voit la queue."

L'origine de la locution latine elle-même reste obscure. Elle n'est pas mentionnée dans les dictionnaires latins consultés (Forcellini 1845, Freund 1924). Le syntagme video lupum se trouve bien dans la mise en vers par Desbillons (1769) d'une fable de l'anonyme de Nivelet (fable imitée par La Fontaine dans Le Loup, la Chèvre et le Chevreau), mais elle y est sans rapport avec le sens attribué à la locution en question dans les pages roses : c'est simplement ce que dit le chevreau en voyant effectivement le loup. Chez Pline (VIII, 34), on trouve une indication sur un rapport entre le loup et le regard :

Sed in Italia quoque creditur luporum visus esse noxius : vocemque homini, quem priores contempletur, adimere ad præsens.
En Italie aussi on croit que le regard des loups est nuisible, et que voyant un homme avant d'en être vus ils le privent momentanément de la voix. (Pline 1877 : 331)

Mais il s'agit ici du regard du loup et non de l'homme. Par ailleurs, Freund (1924 : 2, 401) mentionne une expression latine de même sens que video lupum, avec le même lien entre l'arrivée du loup et une rupture de l'énonciation : "lupus in fabula ou sermone c'est le loup de la fable ou de la conversation, c.-a-d. quand on parle du loup, on en voit la queue (quand on parle de qqn, il arrive)", avec une attestation chez Cicéron : "De Varrone loquebamur : lupus in fabula : venit enim ad me. Cic. Att. 13, 33." Voici le commentaire que fait P.-F. Decheppe (Virgile 1801 : 106) à ce sujet en liaison avec un vers de la 9e églogue de Virgile :

Une idée populaire, mais rapportée par Pline lib. 8, cap. 22 était que le loup faisait perdre la parole à un homme, ou du moins lui causait un fort enrouement, quand il l'avait vu le premier. Mais aussi l'homme produisait sur le loup le même effet, s'il avait l'avantage du premier regard. C'est l'origine du proverbe, lupus in fabulâ, lorsqu'un homme se présentait sans être attendu, parce qu'il faisait taire tout le monde. De ce proverbe est née l'origine du nôtre, qui n'a plus de rapport avec le premier : quand on parle du loup, on en voit la queue. Serait-ce pourtant, par allusion à cette vieille croyance, qu'on dit de quelqu'un qui ne s'étonne plus de rien : il a vu le loup ? / La crainte, dont on est saisi, lorsqu'on voit un loup, peut bien ôter la voix et la parole, mais pour peu de temps, et jusqu'à ce qu'on soit revenu de sa peur. (Virgile 1804 : 113)

Pour le français, Littré (1874 : III, 348) mentionne outre l'équivalent français de l'expression latine indiqué dans les pages roses trois autres valeurs de "avoir vu le loup" : "Il a vu le loup, se dit d'un homme enrhumé, à cause d'une vieille erreur populaire qui faisait croire à une action malfaisante du regard du loup. Il a vu le loup, se dit aussi d'un homme aguerri, qui a vu le monde, qui a été aux occasions. Avoir vu le loup, en parlant d'une fille, exprime qu'elle a eu des galanteries." (plus explicite, le Robert [Rey 2005 : III, 167] donne pour cette dernière expression : "se dit d'une jeune fille quand elle n'est plus vierge").

Quoi qu'il en soit, la valeur usuelle de video lupum indiquée par les pages roses ne se trouve pas dans la phrase latine de Céline : il s'agit simplement pour lui de dire en latin qu'il voit, qu'il sait quels sont, selon lui, les "loups" ennemis de la France.

2. ad memoriam

ad memoriam – deuxième citation latine dans le texte de Céline – ne figure pas dans les pages roses, sauf dans l'expression "Ad perpetuam rei memoriam (Pour perpétrer le souvenir de la chose". Dans ce contexte, elle ne ferait pas sens, pas plus d'ailleurs que le seul ad memoriam, qui signifie pour mémoire alors que Céline vient d'affirmer que Maurras fait tout de mémoire.

Voyons la phrase précédente : "Maurras il a pas les pages roses chez lui.". Que Maurras ait ou non les pages roses chez lui peut-il avoir une incidence sur ses positions politiques ? En fin de compte, cette fin du chapitre est un simple moyen de déconsidérer Maurras : comme si la question des alliances de la France et la position de Céline étaient tellement évidentes qu'il suffisait pour y voir clair d'avoir les pages roses chez soi. Avec cette clôture du chapitre par une citation latine, appelée par la seule équivalence mémoire-memoria, la cause est entendue : le "latinisme" de Maurras ne tient pas la route. D'ailleurs, Maurras n'a pas les pieds sur terre, puisqu'il n'a même pas, comme tout un chacun, le Petit Larousse chez lui. Peut-être Céline suggère-t-il aussi que l'erreur de Maurras est de penser que la situation présente est la même que celle qu'il a en mémoire : la Première Guerre mondiale, où la France était alliée avec l'Angleterre contre l'Allemagne. Mais de toute façon, on est loin ici du registre de l'argumentation rationnelle.

Bilan

Les citations latines employées dans cette diatribe contre Maurras consistent en une sorte de "retournement" (Tettamanzi 1999 : 1, 370) – l'emploi du latin contre un tenant du "latinisme" – mais retournement sur le seul plan de la forme : d'abord des citations latines et pour finir, Céline parle lui-même latin. En prenant bien soin d'indiquer la source des citations, les pages roses, auxquelles se réduit donc la culture latine mise à contribution, Céline tourne en dérision ce "latinisme" en en suggérant la déliquescence.


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