Jacques Poitou
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Orthographe

 

Aprenez-moy l'Ortographe.

    Monsieur Jourdain, Le Bourgeois gentilhomme, II, 4 (Molière 1947 : 151)

Tu vois par mes lettres le cas que je fais des fautes contre le français et l'ortho­graphe, divinités des sots.

    Stendhal (1933 : 271), Lettre à Pauline, an XIII.



N.B. Pour les différencier des unités phonologiques (entre /barres/ obliques) ou phonétiques (entre [crochets]), on indique les unités graphiques entre <crochets>.


Principes et difficultés

Le principe fondamental d'une écriture alphabétique est, idéalement, une relation biunivoque entre phonèmes et graphèmes : à tout graphème correspond un seul phonème et réciproquement).

Un graphème est la plus petite unité distinctive de la chaîne graphique. La délimitation des graphèmes dépend du point de vue que l'on adopte :

1. On peut considérer chaque élément graphique minimal comme un graphème (<à> sera donc analysé comme constitué de deux graphèmes simples, la lettre <a> et l'accent grave).
2. On peut considérer chaque segment minimal de la chaîne graphique comme un graphème (<à> sera donc analysé comme un graphème différent de <a>).
3. On peut aussi établir la liste des graphèmes à partir de leur fonction : est un graphème tout segment graphique minimal qui peut être mis en correspondance avec une fonction ; pour la plupart des graphèmes d'une écriture alphabétique, c'est la fonction phonographique qui est déterminante : un graphème est dans cette perspective la plus petite unité graphique correspondant à un phonème. (<eau> sera donc analysé comme le graphème correspondant au phonème /o/).

Mais la relation entre graphèmes et phonèmes est perturbée par trois facteurs.

Des alphabets en partie inadaptés

La plupart des alphabets ne sont pas des créations originales faites pour la transcription d'une langue spécifique (quelques exceptions comme le hangul pour le coréen). L'alphabet utilisé pour une langue donnée est celui qui servait antérieurement à la transcription d'une autre langue, avec son système phonologique propre : les Grecs ont utilisé l'alphabet phénicien, les Latins l'alphabet étrusque, les langues romanes (comme le français ou l'espagnol) ou les langues germaniques (comme l'allemand ou l'anglais) ont utilisé l'alphabet latin, etc. Mais cet alphabet emprunté n'est jamais entièrement adapté à la transcription d'une langue dont le système phonologique n'est pas le même. Certains graphèmes sont inutiles, d'autres manquent. D'où des adaptations nécessaires.

voirHangul

Ainsi, une seule lettre de l'alphabet latin était disponible pour transcrire les phonèmes du français /ə/, /e/ et /ɛ/.

Il existe quatre solutions à ce problème :

1. Ne pas représenter certaines distinctions phonologiques.

– français : /ø/ et /œ/ sont tous les deux représentés par <œ> (œufs, œuf)
– allemand : <ch> représente l'un ou l'autre des deux allophones [x] et [ç] du même phonème /x, ç/ (ach-Laut et ich-Laut)

2. Utiliser les lettres inutiles pour transcrire d'autres sons.

C'est la solution utilisée par les Grecs pour certains graphèmes correspondant à des consonnes inexistantes en grec et qu'ils ont utilisés pour transcrire des voyelles.

voirAlphabet grec

3. Utiliser des signes diacritiques pour différencier plusieurs sons représentés par la même lettre.

– français : les accents grave et aigu utilisés pour distinguer /e/ (été), /ɛ/ (grève) et /ə/ (venu)
– allemand : l'Umlaut (ä, Ä, ö, Ö, ü, Ü), représenté dans des textes anciens par <e> placé au-dessus de la lettre.

voirSigne diacritiques du français

4. Créer d'autres signes.

a) à l'aide de combinaisons de lettres (digrammes ou de trigrammes)
– français : <ou> pour /u/, <ez> pour /e/, <ch> pour /ʃ/

b) d'autres lettres
– français : <œ> pour /ø/ et /œ/

Evolution inégale de l'oral et de l'écrit

La prononciation d'une langue évolue et l'écriture s'avère globalement plus conservatrice : à la différence de l'oral, elle se conserve sur un support stockable et transmissible et surtout, elle a été longtemps l'apanage d'une élite, d'où une plus grande facilité de maintien d'une norme unique. De ces conditions différentes d'évolution naissent des perturbations du principe phonographique et des décalages entre réalisation orale et réalisation écrite. D'une certaine façon, l'écrit conserve les traces d'états antérieurs des réalisations orales.

– allemand : <ie> correspondait à une diphtongue /iə/ (écrit <ie>) en moyen-haut-allemand, mais suite à un phénomène de monophtongaison, <ie> correspond actuellement à /i:/.

Dans les réformes ou les tentatives de réforme de l'orthographe s'opposent deux principes, et donc aussi souvent deux camps (indépendamment des tenants de l'immobilisme, opposants à tout changement a priori) :

– l'étymologisme : l'orthographe ne doit pas représenter seulement la réalisation phonique, mais aussi les états anciens du mot ainsi que ses liens de parenté avec d'autres mots (même étymologie, appartenance au même paradigme morphologique) : ainsi, maintenir <g>, consonne muette dans <doigt> p. ex., permet de maintenir un lien avec l'origine étymologique du mot (digitus) et le lien avec d'autres mots de même descendance (digital, digitale) ; l'accent circonflexe dans <fête> signale la parenté avec <festivité>, <festoyer> ;
– le phonétisme : la réalisation graphique doit correspondre au mieux à la réalisation phonique : p. ex., le remplacement de l'accent aigu par l'accent grave dans <événement>, <évènement>, la suppression de l'accent circonflexe sur <i> dans <île> (même phonème /i/ que dans <ville>, etc.

– Sur la dernière réforme de l'orthographe française, voir le rapport du Conseil supérieur de la langue française (publié au JO du 6 décembre 1990) :
http://www.academie-francaise.fr/sites/academie-francaise.fr/files/rectifications_1990.pdf.

voirL'orthographe de la langue de Molière et la dictée

voirEcriture de l'allemand

Un système pas toujours assez économique

Enfin, une écriture phonographique n'apparaît pas toujours assez économique, d'où une tendance à recourir, là où cela apparaît utile, à des segments graphiques plus courts représentant directement le signifié, surtout pour des mots ou suites de mots très fréquents.

Les éléments à valeur logographique (logogrammes) peuvent être de deux types :

– des graphèmes spécifiques : % <pour cent>, $ <dollar>, £ <livre>, € <euro>, + <plus>, - <moins>, © <copyright>, etc., et les chiffres (1857 = <mille-huit-cent-cinquante-sept>) ;
– des lettres (combinées éventuellement à des signes de ponctuation, surtout le point) : un mot est représenté par un ou plusieurs graphèmes qui le constituent, généralement l'initiale et parfois la finale (avec différentes conventions typographiques concernant la hauteur des lettres sur la ligne) : M. <monsieur>, Mme <madame>, Me <maître>, Dr. <docteur>, éd. <édition>, J.-C. <Jésus-Christ>, SVP (s'il vous plaît), p. (page), etc. – type auquel il faut ajouter l'utilisation de lettres pour représenter des chiffres (les chiffres romains) : XIV <quatorze>
Sont également possibles des combinaisons de ces différents types de logogrammes : 1er <premier>, 4e <quatrième>, XXIe <vingt-et-unième>, 25 °C (vingt-cinq degrés Celsius).

voirAbréviations et sigles
voirChiffres romains


Typologie des graphèmes d'une écriture alphabétique

On peut distinguer trois sortes de graphèmes (Anis 1989 : 33) :

alphagrammes = les lettres (c'est-à-dire plus précisément les lettres elles-mêmes et les signes diacritiques (accents, etc.) qui les accompagnent) ;
topogrammes (graphèmes ponctuo-typographiques) concourant à la structuration syntagmatique et énonciative de la chaîne graphique : signes de ponctuation, espace inter-mots ;
logogrammes stricto sensu (&, %) et quasi-logogrammes (abréviations et sigles, qui font d'une séquence d'alphagrammes une unité globale).

En français, on utilise 26 lettres (alphagrammes), chacune a deux variantes graphiques – minuscule et majuscule. Par différence avec les minuscules, les majuscules assurent essentiellement une fonction morphosyntaxique (distinction entre noms propres et noms communs) ou topographique (marquage de l'initiale de phrase).

voirCapitale, majuscule et minuscule
voirEmplois de la majuscule
voirMajuscules accentuées

L'écriture de l'anglais ne nécessite aucun signe diacritique. L'écriture du français nécessite cinq signes diacritiques : accent aigu (é), accent grave (à, ù), accent circonflexe (â, ê, î, ô, û), tréma (ë, ï, ü, ÿ) et cédille (ç). Leur emploi remonte au XVIe siècle. L'écriture de l'allemand ne nécessite que l'Umlaut (inflexion) et une lettre supplémentaire, le Eszett : ß.

voirSigne diacritiques du français
voirEcriture de l'allemand


Fonctions des lettres de l'alphabet

Fonction phonographique

On peut distinguer plusieurs types de discordances par rapport au principe d'une relation biunivoque entre phonèmes et graphèmes :

1. Un phonème peut être représenté par un graphème simple ou par une suite de plusieurs graphèmes simples.

– monogramme : 1 graphème simple (français <papa> – 4 phonèmes, 4 graphèmes)
– digramme : 2 graphèmes simples (français /ʃ/ <ch> chat, /o/ <au>, /ɔ̃/ <on>)
– trigramme : 3 graphèmes simples (français /o/ <eau>)

2. Un graphème simple peut représenter un phonème ou une suite de phonèmes.

– français : <x> – /ks/ taxi

3. Une suite de phonèmes peut être représentée par une suite de graphèmes simples sans qu'il soit possible d'établir une correspondance unité par unité.

– français : /wa/ – <oi> oiseau, /wœ̃/ <oin> point

4. A un même phonème peuvent correspondre, selon l'environnement, des graphèmes différents (graphèmes homophones ou allographes).

– français : /j/ – <i> (tiens), <Y> (Yolande), <il> (ail), <ll> (papillon) ; /o/ – <o> (sot), <eau> (seau), <ô> (tôt), <au> (au)
– allemand : /e:/: <eh> (Reh), <ee> (See), <E> (Esel)
– anglais : /əʊ/ (no, know) ; /eI/ (tail, tale) ; /u:/ (two, too) ; /ʌ/ (sun, son) ; <ɛ> read, red ; etc.

5. A un même graphème peuvent correspondre, selon l'environnement, des phonèmes différents (phonèmes homographes).

– français : <œ> /ø/ (œufs) et /œ/ (œuf)
– allemand : <h> /h/ haben, partie de <ch> /ç/ Küche, partie de <uh> /u:/ Schuh
– anglais : <a> cat, wall, calf, along, date, palate, <e> (well, be), <i> (pink, police, ice), <o> (top, bone, now, move, one, woman, come, women, obey, violin), <u> (cut, put, rule, use, minutes)

6. Certains graphèmes ont une fonction phonographique indirecte et fournissent une indication sur la valeur des graphèmes voisins.

– français : <e> dans <la grande maison> ne se prononce pas, mais indique que la consonne placée à droite doit l'être

7. Un graphème peut ne correspondre à aucun phonème.

– anglais : <gh> dans <bought>, <fight>
– allemand : <h> dans <gehen>
– français : les lettres muettes ; on peut distinguer :

– le <e> dit muet ou caduc, réalisé dans certains environnements (dans <revenu>, l'un des deux doit l'être), absent dans d'autres (<asseoir>, <la table est mise>, facultatif dans d'autres encore (<revenu> peut être prononcé [rəvəny], [rvəny] ou [rəvny].

– les consonnes qui conditionnent la réalisation ou l'interdiction de la liaison et qui peuvent correspondre dans certains cas à une réalisation phonique : voir le cas de <s> dans <les anciens amis> /lɛ.za~.sjɛ̃~.za.mi/ et dans <les bons copains> /lɛ.bɔ̃.kɔ.pɛ̃/, voir le cas de <h> à l'initiale, qui interdit parfois la liaison (selon la 'bonne' norme...) <les haricots> /lɛ.a.ri.ko/ (mais : <les heures> [lɛ.zœr])

– les consonnes qui n'ont jamais de correspondant phonique : <g> dans <doigt>, <p> dans <compte>, <h> dans <huile>. Ces consonnes ne sont pas toutes étymologiques (le <h> de <huile> a été ajouté à la graphie du mot à une époque où une seule lettre existait pour /v/ et /y/ : <uile> pouvait donc se prononcer soit [vil] soit [Hil] ; l'ajout de <h> empêchait l'interprétation de <u> comme représentant /v/.

Fonction morphographique

En français, certains graphèmes ont une fonction morphographique : ils représentent des valeurs grammaticales (temps, personne, nombre, genre). Il convient de distinguer trois types de segments graphiques :

– les segments auxquels correspond un segment phonique qui représente une valeur grammaticale (ex. <on> dans <aimons>, <au> dans <chevaux>) ; ce n'est pas ici la graphie qui assure la représentation de cette valeur, mais le signifiant (/O~/, /o/), auquel correspondent une représentation graphique et une réalisation phonétique.

– graphèmes sans correspondant phonique. Ex. <leurs pères étaient gendarmes> – les <s> de <leurs>, <pères> et <gendarmes>, de même que <en> dans <étaient> n'ont pas de correspondant phonique, mais marquent le pluriel. – <aime, aimes, aiment> – <s> marque la deuxième personne du singulier, <ent> la troisième du pluriel.

– graphèmes homophones. Ex. <fît, <fit> (du verbe faire). <î> (/i/) marque la subjonctif imparfait par opposition à <i>, qui marque le passé simple.

Dans <les petites maisons>, les <s> finaux des trois mots ont une valeur morphographique. En revanche, le <e> de <petites> a une fonction phonographique (son absence entraîne la non-réalisation de la consonne marquée par <t>).

Fonction logographique

La fonction logographique des lettres de l'alphabet recouvre trois aspects différents (en plus de leur emploi dans les abréviations, voir ci-dessus) :

a) permettre la distinction d'homophones

– français : ver, verre, vers, vert ; sot, seau, sceau, saut ; doigt, dois, doit ; du, dû ; conte, comte, compte
– allemand : das (déterminant, pronom) – dass (conjonction), Waise – Weise

b) permettre (ou faciliter) la reconnaissance de l'appartenance à une même famille étymologique

– français : compter, comptable, comptoir

c) permettre, au travers de la forme graphique d'un mot, un aspect direct au signifié indépendamment de l'accès au signifiant : on reconnaît le signe au travers d'une suite graphique 'familière' sans avoir à connaître toute sa réalisation phonique. C'est là une raison d'être d'une norme orthographique. Il est plus long de décoder un texte écrit hors normes orthographiques qu'un texte écrit dûment normé.

Testez vous-même :

Mettre quorbot, surson narbre paire chez, tenetensonbaique unfraumage. Mettre Re narre, parlot dœuralaîché, luitiens apeupraît seulangage.


Majuscule, topogrammes

Majuscule

Par opposition à la minuscule (et dans les textes où les deux types de lettres sont employés), la majuscule peut avoir plusieurs fonctions :

– marquer le début d'une phrase. Voir pour le français la "définition" de la phrase enseignée à des générations d'élèves : "Une phrase commence par une majuscule et se termine par un point." ;
– marquer l'initiale de certains mots et leur catégorie morphosyntaxique (nom propre en français, nom propre et nom commun en allemand). – Ex. français : Le journal Le Monde consacre chaque jour plusieurs pages à ce qui se passe dans le monde.
– enfin, la majuscule sert à marquer certaines abréviations graphiques ou certains sigles (M., ONU, UNESCO).

voirCapitale, majuscule et minuscule
voirEmplois de la majuscule
voirMajuscules accentuées

Espace et signes de ponctuation

Par rapport aux pauses (possibles) de l'oral, les signes de ponctuation, dont l'une des fonctions essentielles est de les représenter à l'écrit, représentent un inventaire varié. Le système actuel des signes de ponctuation s'est forgé petit à petit, longtemps après l'utilisation des écritures alphabétiques. Mais leur fonction principale est claire : rendre la lecture plus aisée.

On distingue :

– le blanc = l'espace intermots (premier signe de ponctuation à avoir été utilisé)
– les signes de ponctuation proprement dits, qui sont placés entre les mots (ou entre plusieurs parties d'un même mot complexe comme le trait d'union) : différents types de points, virgules, tirets, guillemets, parenthèses. Ils coïncident pour la plupart avec des divisions syntaxiques de l'énoncé, mais certains ont aussi une valeur énonciative : marquage du changement de locuteur (guillemets, tirets), marquage de valeurs illocutoires différentes (voir la différence, en français, entre : "Il pleut." "Il pleut ?" "Il pleut !" "Il pleut..."). Parmi ces signes, on peut distinguer, avec Védénina 1989, que l'on consultera pour plus de précisions :

a) signes unilatéraux à valeur modale : point, point d'interrogation, point d'exclamation, tous situés à droite du segment concerné et orientés graphiquement à gauche
b) signes unilatéraux disjonctifs et conjonctifs : point-virgule, deux points, virgule
c) signes uni-et bilatéraux disjonctifs et isolants : points de suspension (interruption du sens), tiret, guillemets, parenthèses.

voirPonctuation
voirEspaces

Procédés typographiques

A priori, un texte a le même sens quels que soient les procédés typographiques adoptés. Que "Le petit chat est mort." soit écrit en gras, en italique, en grands ou en petits caractères, le signifié reste le même.

La distinction entre graphèmes et représentations des graphèmes est à la base du standard Unicode développé pour le traitement des langues sur ordinateur. Sur le caractère problématique de cette distinction, voir Haralambous (2002). Mais à cette distinction s'en ajoute, dans Unicode, une autre, la distinction entre les signes proprement dits (a, b, c, etc.) et leur valeur dans le système graphique de chaque langue.

voirTypes de polices pour l'écriture latine

Cependant, le principe de la distinction fondamentale entre graphème et représentation typographique connaît deux restrictions :

a) l'usage du blanc – et plus particulièrement la justification du texte et le retour à la ligne – ont une pertinence linguistique dans l'organisation du texte en tant que tel (et non sur un plan strictement grammatical). Ainsi, les subdivisions du texte peuvent être marqués par des retours à la ligne délimitant des paragraphes et par des paragraphes centrés (avec donc un certain un blanc à gauche et à droite) annonçant le contenu de la subdivision suivante (intertitres), etc.

b) les alternances typographiques (voir à ce sujet Védénina 1989) permettent d'attribuer à des segments du texte un statut et une valeur spécifiques.

Styles de caractères : normal (romain) ou italique. Cette alternance peut concerner des parties entières du texte (la préface, ou le chapeau, en italique, le reste en style normal), mais l'italique peut aussi servir à attirer l'attention du lecteur sur un segment particulier du texte. Le soulignement peut assumer la même fonction que l'italique dans le cas de courts segments de texte, surtout dans le cas de l'écriture manuscrite ou à la machine à écrire à leviers.
– Capitales, petites capitales et bas-de-casse : l'utilisation des capitales et des petites capitales peut également servir à distinguer des mots particuliers (noms d'auteurs, concepts, mots importants, etc.).
– Corps de caractères.
– Couleurs. Le texte imprimé (ou manuscrit) est le plus souvent noir sur fond blanc, mais ces deux couleurs peuvent être inversées, et à l'opposition noir-blanc peuvent être substituées d'autres couleurs.
– Polices de caractères. Elles peuvent être en relation avec la structuration du texte (polices différentes pour les titres et les intertitres). Mais certaines polices peuvent véhiculer des valeurs culturelles particulières. Un avis officiel ou le texte d'un décret n'est guère compatible avec une police fantaisie. Voir aussi l'opposition entre une police latine et une police gothique pour la représentation du même mot Deutschland (Allemagne) dans différentes manifestations outre-Rhin, etc.

voirPolices, styles, couleurs


Références bibliographiques

Anis, Jacques, 1988. L'écriture. Théories et descriptions. Bruxelles : De Boeck Univers.

Anis, Jacques, 1989. De certains marqueurs graphiques dans un modèle linguistique de l'écrit. DRLAV-Revue de Linguistique 1989, 41 : 33-52

Arrivé, Michel, Gadet, Françoise & Galmiche, Michel, 1986. La grammaire d'aujourd'hui. Guide alphabétique de linguistique française. Paris : Flammarion.

Catach, Nina, 1996. La ponctuation. 2e édition. Paris : PUF. Que sais-je ? 2818.

Catach, Nina, 1998. L'orthographe. 8e édition. Paris : PUF. Que sais-je ? 685.

Catach, Nina, 2003. L'orthographe française. Paris : Nathan.

Cerquiglini, Bernard, 1989. Eloge de la variante. Historie critique de la philologie. Paris : Seuil.

Molière, 1947. Œuvres complètes. Tome 8. Paris : Imprimerie nationale.

Stendhal, 1933. Correspondance (1800-1805). Tome 1. Paris : Le Divan, 271. Document en ligne sur le site de la BnF, consulté le 2017-02-25.
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6544281w

Védénina, Ludmilla G., 1989. Pertinence linguistique de la typographie. Paris : Peeters/Selaf.


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