Jacques Poitou
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De l'onciale à la minuscule caroline


voirAnatomie et fonctionnement de la lettre A

Onciale

L'onciale se distingue des capitales antérieures (quadrata, rustica) entre autres par l'inégale hauteur des lettres, avec l'apparition de jambages inférieurs et supérieurs. Elle commence à être utilisée au IIIe ou IVe siècle et perdure jusqu'au IXe siècle.

voirQuadrata, rustica

onciale

initium aliquod creatu- / rae eius. Scitis fratres / mei dilecti. Sit autem / omnis homo velox ad au- / diendum ; tardus autem / ad loquendum, et tardus / ad iram. Ira enim viri / justitiam Dei non operatur.

Codex Victor. VIe siècle. Fulda, Landesbibliothek. Source : Steffens 1910 : pl. 21.


Nouvelle écriture cursive

L'écriture cursive évolue à partir des IIIe et IVe siècles : écriture rapide, avec une tendance à la liaison entre les lettres, avec des jambages inférieurs et supérieurs. C'est l'ancêtre des écritures variées qui se développeront dans les siècles suivants et aboutiront, au VIIIe siècle, à la minuscule caroline.

cursive-new

hic mentium ; quicquid illic largitio sparserit, hic adunet oratio. Et quia / bene recognuscit hodie condetur meritum suum : "Hospis eram et collegistis / me", et "quicquid fecistis uni ex minimis meis, mihi fecistis" – succedat Christus / hospicio, introeat quod adtrahetur, suscipiat quod offertur, benedicat quod / instetuit, restetuat quod promisit ; invitetur votis, teneatur factis ; / caedatur in sacrificiis, pascatur in parvolis. Finit.

Saint-Avit, évêque de Vienne, VIe siècle. Paris, BnF. Source : Steffens 1910 : pl. 27.


Minuscule caroline

La minuscule caroline a été conçue à l'époque de Charlemagne, dans le cadre du renouveau de la vie intellectuelle impulsé par l'empereur. Elle est issue de modifications des écritures cursives antérieures. Elle se caractérise par le fait que les lettres sont détachées les unes des autres et par une régularisation de leur forme. Elle a été utilisée d'abord dans le Palatinat (Aix-la-Chapelle), mais elle s'est rapidement répandue ensuite dans d'autres régions de l'empire de Charlemagne.

C'est la minuscule caroline qui constituera, quelques siècles plus tard, avec les capitales monumentales, la base de l'écriture humanistique adoptée dans la majeure partie de l'Europe pour les textes imprimés.

voirCapitale monumentale
voirPolices latines pour l'imprimerie

minuscule


Dixit vero Deus : Congregentur aque quae / sub caelo sunt, in locum unum, et appare- / at arida. Factumque est ita. Et vocavit Deus / aridam terram, congregationesque aquarum ap- / pellavit maria. Et vidit Deus quod esset bonum. Et / ait : Germinet terra herbam virentem et fa- / cientem semen, et lignum pomiferum faciens / fructum iuxta genus suum, cuius semen in semet- / ipso sit super terram. Et factum est ita. Et pro-

Bible d'Alcvin, Zürich, Kantonsbibliothek, vers 800. Source : Steffens 1910 : pl. 47.

– Sur l'écriture caroline, voir l'exposition de la BnF "Trésors carolingiens" :
http://expositions.bnf.fr/carolingiens/index.htm et notamment les pages consacrées à l'écriture :
http://expositions.bnf.fr/carolingiens/borne3.htm.


Références bibliographiques

Higounet, Charles, 2003. L'écriture. 11e édition. Paris : PUF. Que sais-je ? 653.

Steffens, Franz, 1910. Paléographie latine. Trèves : Schaar & Dathe, Paris : Champion. Documents en ligne sur le site de l'université de Fribourg et sur le site de la Direzione Generale per gli Archiv du ministère italien de la Culture, consultés le 2009-01-05 :
    http://www.paleography.unifr.ch/steffens_fr/
    http://www.icar.beniculturali.it/biblio/_view_volume.asp?ID_VOLUME=51.


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