Jacques Poitou
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Variétés de pseudo-latin

 

Sine labore et bona conduita, arrivabimus ad nihil.
    Lucrèce, selon Alphonse Allais (1894 : 251)


voirEcriture et prononciation du latin
voirLe latin des pages roses
voir"Expressions latines" (termes français à aspect latin)

Préliminaires : le latin dans l'enseignement secondaire en France

voirLe latin dans l'enseignement secondaire en France

La coexistence, dans la pratique, du latin classique et du français a donné lieu à des productions pseudo-latines qui mettent en jeu les deux langues, chacune de façon imparfaite ou partielle : productions scolaires à fonction ludique, productions littéraires et même techniques. Il est assez cohérent que ce type de productions ait diminuté au fil des siècles en liaison avec l'amuissement de l'enseignement du latin dans le secondaire.

Sous le terme générique de pseudo-latin, on comprendra ici les textes qui ressemblent à des textes en latin mais sont produits avec des écarts par rapport à la norme du latin classique, quelle que soit la nature de ces écarts.

N.B. Il sera question ici des variétés de pseudo-latin produites uniquement en milieu francophone. Des productions de même type existent évidemment dans d'autres pays à forte tradition latine, et d'abord en Italie, mais aussi dans d'autres pays d'Europe. Voir Genthe (1829), essentiellement pour le latin macaronique.


Concaténation de mots latins ou à aspect latin

Pas de sens en latin, mais la forme phonique est réanalysable en français où elle peut être associée à un signifié

Créations scolaires ludiques (à l'époque où le latin était prononcé "à la française").

Caesar portavit legatos alacrem eorum.
[se.zaʁ.pɔʁ.ta.vit.le.ga.to.za.la.cʁɛ.me.o.ʁɔm] – César porta vite les gateaux à la crème et au rhum.

portavit : verbe portare (= porter) à la 3e personne du singulier du parfait. – legatos < legatus = envoyé, à l'accusatif pluriel. – alacrem < alacer = alerte, à l'accusatif singulier. – eorum : génitif pluriel masculin ou neutre du pronom de la 3e personne.

voirPrononciation du latin

D'autres créations, grivoises, sont aisées avec les formes de 3e personne du singulier au futur (amabit).

– René Goscinny : noms des Romains dans les bandes dessinées d'Astérix

Pour ces créations de noms propres, Goscinny joue alternativement sur la forme graphique et sur la forme phonique. Tous ces noms ont la finale graphique de nominatif de la deuxième déclinaison (dominus), mais leur origine et leur forme phonique sont diverses. Echantillon :

– finale [y] : Absolumentexclus, Belinconnus, Bouilleurdecrus, Nenjetépus, Obtus
– finale [ys] : Arrédebus, Diplodocus, Fellinus, Fleurdelotus, Lapsus, Metrobus, Nonpossumus, Processus, Sacapus, Savancosinus
– finale [yʃ] : Ballondebaudrus
– finale [us] : Alavacommgetepus

Pas de sens ni en latin ni en français

– Molière : Le Médecin malgré lui, II, 4 (Molière 1947, VI : 64)

    Sganarelle [en médecin]
Entendez-vous le Latin ?

    Géronte
En aucune façon.

    Sganarelle, se levant avec étonnement
Vous n'entendez point le Latin ?

    Géronte
Non.

    Sganarelle, en faisant diverses plaisantes postures
Cabricias arci thuram, catalamus, singulariter, nominativo hæc Musa, la Muse, Bonus, Bona, Bonum, Deus sanctus, est ne oration latinas ? etiam, oüy, quare, pourquoy, quia substantivo & adjectivum concordat in generi, numerum & casus.

– "Les quatre premiers mots n'ont aucun sens ; peut-être le premier est-il un souvenir du faux langage turc de la Sœur de Rotrou, 1645, acte III, sc. V, où on lit : Cabriciam. La suite est faite de réminiscences, avec des fautes grossières, de divers passages des Rudiments de ɡrammaire latine de Despautères, en usage dans les classes : sur les nombres (singulariter), sur les genres du substantif (hæc musa) & de l'adjectif (bonus), sur l'accord ("Deus sanctus est-ce du latin? – Oui. – Pourquoi ? – parce que le substantif & l'adjectif s'accordent en genre, en nombre & en cas")." (Molière 1947 : XI, 182) Dans sa conversation avec Martine (I, 1), Sganarelle indique d'ailleurs qu'il a "sçeu, dans son jeune âge, son Rudiment par cœur".
– Quelques répliques plus loin, Sganarelle prononce à nouveau quelques mots incompréhensibles à aspect latin : "il arrive que ces vapeurs… Ossabandus, nequeys, nequer, potarinum, quipsa milus. Voilà justement, ce qui fait que vôtre Fille est muette." (p. 65)

voirRudiments de Despautère

– Lorem ipsum

Le faux texte appelé "lorem ipsum" a été utilisé vers 1960 par l'entreprise anglaise Letraset pour la présentation de types de caractères. Le but était de donner une idée de l'apparence d'une page imprimée sans que l'observation soit perturbée par la compréhension du texte. Ce texte est constitué de fragments incohérents de l'édition du De finibus de Cicéron dans la collection Loeb, avec quelques ajouts. Le premier mot en est le premier mot d'une page : il s'agit de do-lorem, la première syllabe de dolorem se trouvant sur la page précédente. – Extrait :

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    (texte in Cibois 2012)

Voici maintenant le texte de Cicéron dans l'édition anglaise bilingue Loeb (Cicero 1983, 1ère édition 1914) :

Neque porro quiquam est qui do- [page 34]
lorem ipsum quia dolor sit amet, consectetur, adipisci velit, sed quia nonnunquam eiusmodi tempora incidunt ut labore et dolore magnam aliquam querat voluptatem […] [page 36]

– Sur les origines du lorem ipsum, voir Cibois 2012.


Français des "écumeurs de latin"

Dans cette variété de français, les lexèmes sont empruntés systématiquement au latin, leur adaptation au français est minimale, la syntaxe étant française. Exemple : au lieu de la Seine, la Séquane (< latin Sequana). Cette pratique est dénoncée par Tory (1529) :

N.B. Dans les textes anciens, au <s> actuel correspondent un s rond (uniquement en fin de mot) et un s long : ſ. Les graphies anciennes sont ici strictement respectées, y compris quand elles sont à l'évidence fautives.

Quant Eſcumeurs de Latin diſent Deſpumon la verbocination latiale, & tranſfreton la Sequane au dilicule & crepuſcule, puis deambulon par les Quadriuies & Platees de Lutece, & comme veriſimiles amorabundes captiuon la beniuolence de lomnigene & omniforme ſexe feminin, me ſemble quilz ne ſe moucquent ſeullement de leurs ſemblables, mais de leur meſme Perſonne.

Dans Pantagruel (ch. 6), Rabelais raille ces "écumeurs de latin" en mettant un exemple de leurs productions dans la bouche du "Lymoſin qui contrefaiſoit le langage Francoys". Extrait portant sur les occupations dudit Limousin à Lutèce, c'est-à-dire à Paris (Rabelais 1542b : 37) :

Nous tranſfretons la Sequane au dilucule, & crepuſcule, nous deambulons par les compites et quadriuies de l'urbe, nous deſpumons la uerbocination Latiale, & comme ueriſimiles amorabonds captons la beneuolence de l'omniiuge, omniforme, et omnigene ſexe feminin, certaines diecules nous inuiſons les lupanaires de Champgaillard, de Matcon, de Cul de ſac, de Bourbon, de Huſlieu, & en ecſtaſe Venereique inculcons noz ueretres es penitiſſimes receſſes des pudendes de ces meritricules amicabiliſſimes : puis cauponizons es tabernes meritoires de la pomme du pin, du caſtel, de la Magdaleine, & de la Mulle, belles ſpatules ueruecines perforaminées de petroſil. Et ſi par forte fortune y a rarité, ou penurie de pecune en noz marſupies, & ſoyent exhauſtes de metal ferrugine, pour l'eſcot nous dimittons nos codices, & ueſtez opignerées, preſtolants les tabellaires à uenir des penates, & lares patriotiques.

Notes. A l'exception de escot et des noms propres, tous les termes sont empruntés au latin. – transfretons < transfretare = traverser. – Sequane < Sequana = Seine. – dilucule < diluculum = aube. – deambulons < deambulare = se promener. – compites < compitum = carrefour. – quadriuies < quadriuium = bifurcation. – urbe < urbs = ville. – despumons < despumare = écumer. – uerbocination < uerbocinatio = langue. – Latiale < latialis = du Latium. – – uerisimiles < ueri similis = très semblable. – amorabonds < amorabundus = amoureux. – captons < capire = prendre. – beneuolence < beuolontia = bienveillance. – omniiuge, omniforme, omnigene < omnis = tout + jugis = inépuisable (?), formis = forme, genus = genre. – sexe < sexus = sexe. – feminin < femininus = féminin. – diecules < dies = jour. – lupanaires < lupanarium = bordel. – inuisons < invisire = visiter. – ecstase < ecstasis = extase. – Venereique < Venus. – inculcons < inculare = presser, enfoncer. – ueretres < ueretrum = verge. – penitissimes < penitus (au superlatif) = intime. – recesses < recessus = cavité. – pudendes < pudere = avoir honte. – meritricule < meretricula = prostituée. – amicabilissimes < amicabilis (au superlatif) = amical. – cauponizons < caupona = cabaret. – tabernes < taberna = échoppe. – meritoires < meritorius = qui se paye. – spatules < spatula = large morceau. – ueruecines < vervex = mouton. – perforaminées < perforare = percer. – petrosil < petroselium = persil. – rarité < raritas = rareté. – penurie < penuria = pénurie. – pecune < pecunia = argent. – marsupies < marsupium = bourse. – exhaustes < exhaurire = vider. – ferrugine < ferrum = fer. – dimittons < dimittere = envoyer. – codices < codex = livre. – uestez < uestis = vêtement. – opignerées < oppignerare = mettre en gage. – prestolants < praestolari = attendre. – tabellaires < tabellarius < tabella = lettre. – uenir < uenire = venir. – penates < penates = dieux tutélaires. – lares < lares = dieux tutélaires, foyer. – patriotiques < patria < pater = père.


Latin de cuisine et latin macaronique

Latin de cuisine

Littré (1874 : 3, 261) définit le latin de cuisine comme du "mauvais latin ; on a dit que cette expression vient des jésuites qui étaient dans l'usage de faire demander par les élèves aux valets les objets de première nécessité. C'est du latin de cuisine, il n'y a que les marmitons qui l'entendent." Sainéan (1922 : 384) l'appelle aussi "latin culinaire" et le définit ainsi : "C'est du latin corrompu ou déguisé, contraire au génie de la langue classique. La substance du lexique reste latine, mais la tournure est plutôt nationale et moderne." Marot (1873 : 273) parle de "latin de marmite".

Les écarts entre le latin de cuisine et le latin classique – c'est-à-dire les fautes par rapport à la norme classique – peuvent être de divers types. Dans les exercices de thème latin, on distingue traditionnellement les solécismes et les barbarismes.

solécisme : erreur dans le choix d'une forme ou d'une construction grammaticale. < latin soloecismus < grec σ‪ολοικισμός. Ce terme est dérivé du nom de la ville de Soles (Σόλοι) en Cilicie (nom turc actuel Mezitli), dont les habitants étaient connus pour faire beaucoup de fautes en parlant grec.
barbarisme : utilisation d'une forme morphologique ou d'un mot qui n'existe pas. < latin barbarismus < grec βαρβαρισμὸς < grec βάρβαρος = étranger, qui ne parle pas.

Latin macaronique

Le latin macaronique est défini ainsi par Nodier (1834 : 5) : "dans la macaronée, c'est la langue vulgaire qui fournit le radical, et la langue latine qui fournit les flexions, pour former une phrase latine avec des expressions qui ne le sont pas". Le latin macaronique est en quelque sorte l'inverse du latin de cuisine : les règles grammaticales du latin sont respectées, mais le lexique utilisé est issu d'une autre langue. L'origine du terme est analysée ainsi par Naudé (1650 : 231-232) :

c'eſt la troiſiéme ſorte du ſtile Burleſque Latin, de laquelle il faut maintenant que ie t'entretienne. Macaroné chez les Italiens, comme remarque Cœlius Rhodiginus liure 17. chapitre 3. si i'ay bonne memoire, veut dire vn homme groſſier & lourdaut, & dautant que cette Poëſie pour eſtre compoſée de differents langages, & de paroles extrauagantes, n'eſt pas ſi polie ny coulante que celle de Virgile, ils luy ont auſſi donné le meſme nom,
          O Macaroneam Muſæ quæ funditis artem !
Si toutesfois ils n'ont mieux aimé la nommer ainſi à Macaronibus, qui eſt une certaine paſte filée, & cuiſinée auec des ingrediens qui la rendent l'vn des agreables mets de leurs feſſtins & débauches.

Ce type de texte a été pratiqué principalement dans plusieurs pays d'Europe occidentale à tradition latine (voir Delepierre 1852), surtout aux XVIe et XVIIe siècles, c'est-à-dire à une époque où l'usage des langues modernes commençait à s'affirmer face au latin et où, également, la connaissance du latin était encore bien développée dans les milieux cultivés (voir Waquet [1996] sur l'histoire de la pratique du latin en France). Garavini (1982) montre bien que l'émergence des premières productions macaroniques en Italie du Nord a été favorisée par trois facteurs : outre l'existence d'importants centres universitaires, la situation de di- ou triglossie (dialecte local, toscan, latin) et la proximité linguistique de l'italien (toscan) avec le latin. La distance plus grande entre le français et le latin fait que le latin macaronique a été moins prisé en France, et le déclin de l'apprentissage du latin, surtout à partir de la fin du XVIIIe siècle, a entraîné la quasi-extinction de ce genre.

Anthologie

La distinction entre latin de cuisine et latin macaronique est claire sur le plan théorique. On peut la résumer en disant que le latin de cuisine est à base de solécismes et le latin macaronique à base de barbarismes. Mais en pratique, ils sont souvent mêlés dans un même texte, et mêlés également avec du latin classique, voire aussi avec du français.

XVIe siècle

– Rabelais : La harangue de maiſtre Ianotus de Bragmardo faicte à Gargantua, pour recouurer les cloches. (Gargantua, chapitre XVIII, Rabelais 1542 : 85-86) – Extrait.

Par ma foy domine, ſi uoulez ſoupper auecq' moy, in camera, par le corps Dieu charitatis, nos faciemus bonum cherubin. Ego occidi unum porcum, & ego habet bonus uina**. Mais de bon uin on ne peult faire mauluais latin. Or ſus, de parte Dei, date nobis clochas noſtras. Tenez, ie uous donne de par la faculté ung ſermones de Vtino, que utinam uous nous baillez noz cloches, Vultis etiam pardonos ? per diem, uos habebitis, & nihil poyabitis. O monſieur domine, clochidonna minor nobis. Dea eſt bonum urbis. Tout le monde ſ'en ſert. Si uoſtre iument ſ'en trouue bien : auſſi faict noſtre faculté, quæ comparata eſt iumentis inſipientibus : & ſimilis facta eſt eis, pſalmo neſcio quo, Si Pauoys ie bien quotté en mon paperat***. Hen, hen, ehen, haſch. Ca ie uous prouue, que me les debuez bailler. Ego ſic argumentor.

Omnis clocha clochabilis, in clocherio clochando, clochans clochatiuo clochare facit clochabiliter clochantes Pariſius habet clochas. Ergo gluc, Ha, ha, ha. C'eſt parlé cela. Il eſt in tertio primæ en Darii, ou ailleurs. Par mon ame, j'ay ueu le temps, que ie faiſoys diables d'arguer. Mais de preſent ie ne fays plus, que reſuer. Et ne me fault plus doreſnavant, que bon uin, bon lict, le doz au feu, le uentre à table et eſcuelle bien profonde. Hay domine : ie vous prie in nomine patris, & filii, & ſpiritus ſancti Amen, que uous rendez noz cloches : & Dieu uous guard de mal, & noſtre Dame de ſante, qui uiuit, & regnat per omnia ſecula ſeculorum, Amen. Hen, ehaſch, granhenhaſch !

* Dans d'autres éditions, chapitre XIX. – ** Dans d'autres éditions : bonum uino. – *** Dans d'autres éditions est inséré après paperat : & est unum bonum Achilles.

Notes sur les termes latins. – Les indications issues des notes qui figurent dans l'édition de Rabelais de 1875 (et qui reprennent celles figurant dans plusieurs éditions antérieures) sont indiquées par (R). Les citations directes sont entre guillemets.

domine = maître, seigneur (vocatif). – in camera charitatis = dans la chambre de charité. Il s'agit de la pièce où les moines mendiants mangent ce qu'on leur donne par charité. (R). – nos faciemus bonum cherubin : "Nous ferons bonne chère, et à force de boire nous nous rendons la face Chérubique." (R) < chérubin = ange du second chœur de la première hiérarchie. "On dit prov. d'Un homme qui a le visage rouge & enflâmé, qu'Il est rouge comme un cherubin." (Académie 1ère). – ego occidi porcum = j'ai tué un porc. En latin classique, la présence du pronom personnel (ego) est une marque d'insistance. – ego habet bonus uina : 1er solécisme : ce devrait être ego habeo (1ère personne), habet est la forme de 3e personne. Mais la construction est licite selon "un grand nombre de docteurs de toutes les facultés", dans la mesure où cela se comprend aisément (R) ; bonus vina : 2e solécisme : ce devrait être bonum vinum (accusatif signulier, neutre). – De parte Dei = par Dieu (R). – date nobis clochas nostras = donnez-nous nos cloches. cloche = campana en latin classique ; clocha formé sur cloche avec flexion sur le modèle de rosa. – Ung sermones de Vtino […] utinam : – Utinum est une ville italienne (nom italien : Udine). En était originaire un dominicain dont les sermons étoient en vogue à l'époque. "La Faculté, qui croyoit flater le goût du Prince, s'étant persuadée que Gargantua pourroit se laisser fléchir à rendre les Cloches, si dans le même tems qu'on l'en prieroit de sa part, elle lui faisoit présenter un Exemplaire des Sermones de Utino, le Pédant Janotus crut ne pouvoir faire plus à propos son present, qu'en accompagnant d'un affectueux Utinam [plût aux dieux/au Ciel] la très-humble supplication qu'il faisoit à Gargantua de rendre les Cloches de l'Eglise Notre-Dame." (R) – Vultis etiam pardonos ? = voulez-vous aussi des pardons ? – Per diem : juron à la place de per Deum [dies = jour] (R). – Uos habebitis, & nihil poyabitis = vous en aurez et ne paierez rien. Base lexicale française *poyare (< payare < latin pocare). – clochidonna minor nobis : donne-nous la petite cloche (?). Construction complexe : impératif d'un verbe composé clochi-donnare (latin dare) et adjectif minor. – est bonum urbis = c'est le bien de la ville. – quæ comparata est iumentis insipientibus & similis facta est eis : qui est comparée aux bêtes stupides et a été faite semblable à elles. Citation du psaume 49 : "homo, cum in honore esset, non intellexit ; comparatus est iumentis insipientibus et similis factus est illis." "L'homme dans les honneurs ne comprend pas /] Il ressemble aux bêtes réduites au silence (La Bible II, 998) – Psalmo nescio quo = je ne sais dans quel psaume.paperat = (ici) brouillon (R). – hen hen ehen hasch : toussotement prémédité, imitation du comportement d'Olivier Maillard. (R) – ergo sic argumentor = donc, j'argumente ainsi.

Omnis clocha clochabilis, in clocherio clochando, clochans clochatiuo clochare facit clochabiliter clochantes Parisius habet clochas : Toute cloche apte à clocher, dans un clocher destiné à clocher, fait clocher d'une façon clochative celles qui clochent clochablement. Le Parisien a des cloches. – Base lexicale française : substantif clocha, ae, f., verbe : clochare. Dérivés adjectivaux en -bilis et en -iuus, dérivé nominal : clocherius (masc.) = clocher ; dérivé adverbial en -biliter.Ergo gluc : deux hypothèses. 1. gluc est peut-être la contraction de Goguelu. Goguelu est un terme de mépris, < (selon Ménage) cucullutus [< latin cucullus = capuchon], "c'est-à-dire comme les Moines encoqueluché, qui autrefois prêtoient le collet à tous venans dans les Disputes & qui le plus souvent concluoient fort mal. (R). 2. : "Ergo-glu : Façon de parler du style plaisant et moqueur, dont on se sert pour se moquer de ceux qui font de grands raisonemens qui ne concluent rien. C'est l'abregé de, ergo glu capiuntur aves, donc on prend les oiseaux avec de la glu" (Féraud 1787) Littré (1874 : II, 1479) donne la même explication avec les deux orthographes ergo-glu et ergo-gluc. – in tertio primæ en Darii : Darii = troisième syllogisme de la première figure dans la logique aristotélicienne : "Tout A est B, or quelque C est A, donc quelque C est B" (Tout homme est mortel, or Socrate est mortel, donc Socrate est mortel). en est la préposition française. Hay : interjection d'origine italienne, français : eh. (R).in nomine patris, & filii, & spiritus sancti Amen = au nom du Père [= dieu unique dans la mythologie chrétienne], du Fils [= Jésus, mis au monde par Marie, et considéré comme fils du dieu unique] et du Saint-Esprit [responsable de la prétendue '"immaculée conception" de Marie, considérée comme vierge]. Amen (< hébreu) : ainsi soit-il. – qui uiuit, & regnat per omnia seculorum = qui vit et règne dans tous les âges. – granhenhasch : grand hen hasch (R).

XVIIe siècle

– Molière : Le Malade imaginaire, III, 10 (Molière 1947 : X, 163-164)

    Toinette [en médecin]
Le poulmon, le poulmon, vous dis-je. Que vous ordonne vostre Medecin pour vostre nourriture ?

    Argan
Il m'ordonne du potage.

    Toinette
Ignorant.

    Argan
De la volaille.

    Toinette
Ignorant.

     Argan
Du veau.

    Toinette
Ignorant.

     Argan
Des boüillons.

    Toinette
Ignorant.

     Argan
Des œufs frais.

    Toinette
Ignorant.

     Argan
Et le soir de petits pruneaux pour lâcher le ventre.

    Toinette
Ignorant.

    Argan
Et sur tout de boire mon vin fort trempé.

    Toinette
Ignorant.

    Toinette
Ignorantus, ignoranta, ignorantum.

Le participe présent de ignorare est ignorans, ignorantis. Ce que dit Toinette est formé à partir du français ignorant avec terminaisons latines sur le modèle de bonus, bona, bonum.

– Molière : Le Malade imaginaire, troisième intermède (Molière 1673 : 28)

Scavantißimi Doctores,
Medicinæ Profeſſores,
Qui hic aſſemblati eſtis ;
Et vos altri Meßiores,
Sententiarum Facultatis
Fideles executores,
Chirurgiani & Apothicari,
Atque tota compania aussi,
Salus, honor, & argentum,
Atque bonum appetitum.
[…]

– Bases lexicales françaises (mais certaines sont également latines) pour les catégories majeures, fléchies comme en latin classique : nominatif pluriel en -i ou en -es, nominatif singulier de finales diverses (masculin en -us, -or, féminin en -a, neutre en -um), verbe esse à la deuxième personne du pluriel (estis). Traduction : Très savants docteurs, professeurs de médecine qui êtes assemblés ici ; et vous Messieurs, fidèles exécutants des sentences de la Faculté, chirurgiens et apothicaires, et aussi toute la compagnie, salut, honneur et argent, et bon appétit.

XVIIIe siècle

Micheli Morini funestissimus trepassus

Le texte macaronique sur Michel Morin, homme à tout faire, a été publié en 1758 (Arena 1758 : 92-94). Une édition bilingue (français et latin macaronique) est parue chez Guillemot à Paris (elle est recensée dans la Bibliographie de la France en 1816). Mais le personnage lui-même et sa mort tragique sont l'objet de plusieurs textes antérieurs en français. Le plus ancien recensé à la BnF est l'Oraison funèbre de Michel Morin, magister et bedeau de l'église du village de Beauséjour en Champagne, publié en 1713. (Pour une étude détaillée des éditions du texte et du personnage, v. Bologne 2018.)

Voici les circonstances de la mort de Michel Morin : "le pauvre homme gagea pour chopine, qu'il iroit denicher des Pies ſur le grand Orme ; il y monta ſans échelle à ſon grand malheur ; & quand il fût au haut de l'arbre, il ſ'écria, j'ay gagné : il tourna la tête, en montrant le nid, mais la branche rompit, il tomba de branche en branche du haut en bas, breda breda, il ſe caſſa cric crac les bras & les jambes, il tomba à la renverſe & ſ'écraboüilla le cœur et le ventre, ah ! pour chopine pauvre MICHEL MORIN, que tu eſt mort à bon marché." (Oraison funèbre 12-13)

Fin du texte macaronique en vers dans deux versions – celle de l'édition de 1758 et celle de Barbier-Vémars (1817 : 401-403) ; en dessous figure la version en français de l'édition Guillemot :

          Statuunt ſed fata quod inde
Suivabit Michelus. Ramo tunc fortè ſedebat
Vermibus intùs rongato ſub cortice pulchro ;
Cumque ſuo reliqnæ gloriantes pondere branchæ
Portaſſent Heroëm, caſſat illa, ſedenſque Morinus
Ex arbro cadit & clunes ſubvertit Olympo.
Hurlat oh ! oh ! païſana cohors, junctiſque priantes
In cœlum recriant manibus, ſed fruſtra : Morini
Tombantis caput & collum gribouillantur, ejuſque
Cuncta rabotoſo fracaſantur membra paveto.
          Statuunt sed fata quòd illas
Suivabit. Michelus branchâ tùm fortè sedebat
Ronjatâ à vermis ; tunc illa, crac : ecce Morinus
De branchâ in brancham degringolat, atque facit pouf.
Hurlat ho ! ho ! paysana cohors, junctisque priantes
In cœlum recriant manibus, sed frustra : Morini
Tombati caput et cœurum tribouillantur, ejusque
Tota rabotoso fracassantur membra paveto.

Mais les destins ont décidé de la perte de Morin ; il s'était posé sur une branche pourrie, quoique sûre en apparence ; tandis que d'autres plus solides seraient fait honneur de porter un si vaillant Champion. Celle-là craque, casse, et Morin glisse les jambes en l'air, le derrière vers le ciel. Toute la jeunesse pousse des cris épouvantables, en joignant les mains vers le ciel ; leurs cris, leurs prières, leurs vœux, tout est superflu. Morin perd la tramontane ; de branche en branche, degringole et tombe. Sa tête, son cou en tombant se disloquent, et ses membres restent étendus sur le pavé raboteux.

morin

– Ci-dessus, à droite : chute de Morin. Source : Nisard (1864 : 396), selon qui l'image provient de l'imprimerie Pellerin (Epinal). Elle ne figure cependant pas dans les éditions de 1823 et 1827 de l'Eloge funèbre.

– Une estampe représentant La Vie et tous les explois Glorieux de Michel Morin, Bedeau de l'église du Village de Beauséjour a été publiée chez Crépy (Paris) dans la 2e moitié du XVIIIe siècle :
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52507698b, consulté le 2018-12-27.

XIXe siècle

– expression vulgum pecus

Selon le TLFi, la première attestation de vulgum pecus date de 1843.

Je ne crois pas avoir fait un travail indifférent en rendant accessibles au Public de 1843 (à l'occasion du Déserteur de Monsigny) les beautés d'ouvrages qu'il n'aurait pas appréciées si on les lui avait offertes dans la la langue que l'on chantait en 1769. ll fallait, pour les faire comprendre, les traduire dans le style auquel le Public s'est habitué. L'œuvre textuelle du maître n'est pas perdue pour le savant et le curieux : elle restera dans sa bibliothèque. Pour le vulgum pecus, elle se révèle avec les seules conditions possibles d'existence, des formes moins surannnées que celles qui auraient déguisé à des oreilles inexpérimentées la pensée du créateur de l'œuvre. (Lettre de Ad. Adam datée du 1er novembre 1843, in : Descombes 1865 : 241-242)

En latin, vulgus et pecus sont deux substantifs. Le créateur de cette expression a certainement cru utiliser une citation latine comme celles rencontrées chez Horace, seruum pecus, mutum et turpe pecus. Il en a alors conservé un moule "CV.C_um pecus" et l'a rempli avec vulg, du français vulgaire (cf. le vulgaire). En tout cas, cette expression est une création bien française : elle n'est pas usitée dans d'autres langues.

Du vulgum pecus au vulgus pecum.L'existence en latin de finales en -us et en -um peut favoriser aussi des confusions entre les deux termes : voir les expressions figurant chez Horace : mutum pecus, seruum pecus ou profanum uulgus. En tout cas, dans les résultats des requêtes de recherche de Google (pages en français, consulté le 2018-12-11), vulgus pecum est également représenté, bien que trois fois moins que vulgum pecus.

Du vulgum pecus au vulgue homme Pécusse.Dans Zazie dans le métro, Raymond Queneau (1959 : 40-41) réanalyse l'expression sur les plans morphologique et graphique :

[Turandot] revient au problème concret et présent, à la liquette ninque, celle qu'il n'est pas si facile de laver.
– Tu devrais courir après la gamine, qu'il conseille à Gabriel.
– Pour qu'il m'arrive la même chose qu'à toi ? pour que je me fasse linnecher par le vulgue homme Pécusse ?
Turandot haussa les épaules.
– Toi aussi, qu'il dit d'un ton méprisant, tu causes, tu causes, c'est tout ce que tu sais faire.

N.B. Les graphies employées par Queneau correspondent à la prononciation française traditionnelle du latin, telle qu'elle était enseignée au lycée jusque dans les années cinquante du siècle dernier. On prononçait donc [vyl.gɔm.pe.kys], alors que la prononciation dite restituée serait, compte non tenu des accents, [wul.gum.pe.kus]. De même, deux lignes plus haut, "la liquette ninque" est issu de l'expression latine hic et nunc prononcée traditionnellement [i.kɛt.nœ̃k].

voirplus de précisions sur vulgum pecus

– Alphonse Allais : Graves déclarations (Allais 1990 : 813)

Pie X ne s'exprime pas volontiers en français.
De leur côté, mes parents négligèrent de me pousser dans la langue italienne.
Nous colloquâmes donc en latin.
Quid pro tuo servitio, fili mi ? s'informa le Saint-Père.
Primo, répondit son indigne serviteur, obtenire benedictionem tuam, ensuito, tibi extirpare petitam interviewam.
Interviewam ! Pesto ! Non y vas manu morte, fili mi !
Habeo, ô Suprême pontifex, maximum culotum. – Devisa mia : "Nihil homini impossibile. Quid non possit facere, laissit."
Habes bonas ! fili mi, habes bonas ! […]
Je crus tout de même bon de manifester le regret de ce que le gouvernement de mon pays se fût si mal conduit à l'égard de l'Administration centrale de l'Eglise catholique.
Sancte Pater, éprouvo maximam hontam videndo Combum persecutare tuam Sacratam Apostolicamque Entreprisam. Combensis attitudo non est digna boni Galli !

– Latin macaronique. Traduction : Qu'y a-t-il pour ton service, mon fils ? – Primo, obtenir ta bénédiction, ensuite, t'extirper une petite interview. – Une interview ! Peste ! Tu n'y vas pas de main morte, mon fils ! – J'ai, ô suprême pontife, un culot maximal. Ma devise : "Rien n'est impossible à l'homme. Ce qu'il ne peut faire, il le laisse." – Tu en as de bonnes, mon fils ! Tu en as de bonnes ! – Saint Père, j'éprouve une honte maximale en voyant Combes persécuter ton Entreprise Apostolique Sacrée. L'attitude de Combes n'est pas digne d'un bon Gaulois. [Emile Combes (1835-1921), président du Conseil de 1902 à 1905, partisan de la laïcité.]

– Alphonse Allais : Un bizarre correspondant (Allais 1894 : 251-253)

[L'auteur se promène sur le boulevard Saint-Michel quand un collégien, le képi à la main, l'aborde et lui demande de le rentrer au lycée Saint-Louis comme s'il était son oncle.]

Dans le parloir, devant le censeur qui préside à la rentrée des élèves, je redouble de respectability.
– Bonsoir, mon neveu.
– Bonsoir, mon oncle.
– Travaille bien, mon neveu, et fais en sorte de n'être point collé dimanche. Que ta devise soit celle de Tacite : Laboremus et bene nos conduisemus, car, ainsi que l'a très bien fait observer Lucrèce en un vers immortel : Sine labore et bona conduita, arrivabimus ad nihil. Et surtout, sois poli et convenable avec tes maîtres : Maxima pionibus debetur reverentia.
Le pauvre potache, durant ce laïus, semblait un peu gêné de la cuisinière latinité de son oncle improvisé. Il risqua un timidement définitif Bonsoir, mon oncle !
A ce moment, je ne sais quelle démoniaque idée me sourdit à la cervelle. Je venais d'apercevoir, luisant sur le gilet du potache, une superbe chaîne de montre en or.
– Comment, m'écriai-je, tu emportes ta montre au lycée ! Ne sais-tu pas qu'à Rome, à la porte de chaque école, se trouvait un fonctionnaire chargé de fouiller les petits élèves et de leur enlever les sabliers ou clepsydres qu'ils dissimulaient sous leur toge ? On appelait cet homme le scholarius detroussator, et Salluste avait déjà dit à cette époque : Chronomentrum juvenibus discipulis procurat distractiones. Remets-moi ta montre.
– Mais, mon oncle…
– Remets-moi ta montre, te dis-je !
Le censeur intervint.
– Remettez votre montre à monsieur votre oncle. D'ailleurs, vous n'en avez nul besoin au lycée.
Le potache commençait à éprouver de sérieuses inquiétudes pour son horlogerie, quand, touché dans mon cœur de cette junéville angoisse, je dis :
– Allons, mon enfant, garde-la, ta montre, mais qu'elle soit, pour toi, le symbole du temps qui fuit et ne saurait se rattraper : Fugit irreparabile tempus…

– Latin macaronique, avec quatre citations inventées. conduisemus (subjonctif présent 1ère pl.), conduita (ablatif singulier), arrivabimus (indicatif futur 1ère pl.) et pionibus (datif pluriel) sont créés à partir du français avec désinences latines. – Traduction : Travaillons et conduisons-nous bien. Sans travail et bonne conduite, nous n'arriverons à rien. Un respect maximal est dû aux pions. Un chronomètre procure des distractions aux jeunes élèves. – La dernière citation (Fugit irreparabile tempus) est authentique. Selon les pages roses du Larousse (1924 : 1078), "Le temps irréparable fuit. Fin d'un vers de Virgile (Géorgiques, III, 284). Le poète se gourmande lui-même de se laisser aller à des digressions. Se cite pour marquer la fuite du temps."

voirlaïus

XXe siècle

– Raymond Queneau : Exercices de style (Queneau 1982 : 126 ; première édition 1947)

Sol erat in regionem zenithi et calor atmospheri magnissima. Senatus populusque parisiensis sudebant. Autobi passebant completi. […]

– Les deux premières phrases relèvent du latin de cuisine (atmospheri au lieu de atmospherae, sudebant au lieu de sudabant) : le soleil était dans la région du zénith et la chaleur de l'atmosphère maximale. La troisième phrase est du latin macaronique (autobi < français autobus et terminaison de nominatif pluriel sur le modèle de domini ; passebant < français passer et terminaison d'imparfait sur le modèle de delebant).

– Jean Yanne : La circulation à Rome (Yanne 2013), sketche de 1963.

Une rue de Rome, Altercation entre eux conducteurs de char, suite à un léger accrochage.

Arrive un flic (romain).
Flicum : Eh là ! Eh là ! Quad discutionem ? Qued se pasetilotum ?
Ben Hur : Agentus Temoinem…
Flicum : Ouais…
Ben Hur : Imbecilum enfoncem parechocum !
Messala : Ah… Conduisus comme un mancheum !
Ben Hur : Faisoum exprem !
Messala : Mais boucham la rue avec son gros ventrum !
Ben Hur : Attentionem, repetum…
Messala : Gros ventrum !
Ben Hur : Approcham !
Messala : Eh ben, essayam !
Flicum : Oh Oh… Calmous !

– Texte d'inspiration macaronique, mais aux termes lexicaux français sont seulement accrochées de façon aléatoire des finales existant en latin – -am, -em, -um, -oum, -us, -ous (= -us latin) – sans aucun rapport avec leur fonction grammaticale.

– de l'agrégation de lettres classiques au latin de cuisine

Lors d'une émission sur France-Info le 13 juillet 2015, l'homme politique François Bayrou, reçu à l'agrégation de lettres classiques en 1974, indique qu'il lui arrive d'échanger des SMS avec Fred Vargas… en latin de cuisine.
    Source : http://www.franceinfo.fr/emission/tout-et-son-contraire/2015-ete/francois-bayrou-l-ecole-je-ne-faisais-pas-mes-devoirs-aujourd-hui-ca-me-fait-rire-13-07, consulté le 2015-11-09.


Pseudo-versions latines

Il s'agit, à l'exception des équivoques de Tabourot, d'une parodie des exercices scolaires de version latine, qui, pour nombre de potaches, s'apparentaient à de véritables rébus…

XVIe siècle : Estienne Tabourot

Dans les Bigarrures du seigneur des Anneaux, Tabourot donne, au chapitre V (équivoques latin-français), différents exemples de pseudo-traductions. Un premier type consiste en une réanalyse de la séquence phonique du latin. Echantillon :

    Natura diuerſo gaudet.
C'eſt vne ſentence, qui ſignifie, Que nature ſe delecte de varieté : qui fait ceſt Equiuoque biberonique,
    Nature a dit verſe au godet.
Godet, c'est à dire au gobelet.

    Requieſcant in pace
C'eſt à dire, qu'ils repoſent en paix : Pour equiuoquer, on feint qu'il y a à la porte vn homme, nommé Quentin, qui tire vne racle (certaine eſpece de marteau) laquelle de ſon bruit fait Rré. Celuy qui eſt à la maiſon, demande, Qui eſt-ce ? Il dit, Quentin. Puis on dit ouurant la porte, Paſſez.
    Ré, qui eſt-ce ? Quentin, paſſez.

    Habitauit, c'eſt à dire vne brayette, quaſi, Habit à vit.

brayette = braguette. – vit = membre viril (< latin vectis = barre, levier).

Dans un second type, chaque mot latin est traduit en un mot français, et l'ensemble est réanalysé en une phrase cohérente.   

    Ponere lapidem ianua magna vidit,
    Maiſtre Pierre porte grand vid.

Traduction de la phrase latine : il voit poser une pierre à la grande porte. – ponere : verbe à l'infinitif = mettre. – lapidem : accusatif singulier du substantif lapis = pierre. – ianua : substantif féminin à l'ablatif singulier = porte. – magna : adjectif, ablatif féminin singulier = grand. – vidit : indicatif présent 3e singulier du verbe videre = voir.

– Créations scolaires

De minimis non curat praetor. Le curé des Minimes n'est pas prêteur.

Traduction correcte : Le préteur ne s'occupe pas des petites affaires. Axiome que l'on cite pour signifier qu'un homme dans une certaine situation n'a pas à s'occuper de vétilles. (Pages roses, Larousse 1924 : 1073)
praetor (< prae-ire = marcher devant) = préteur (différent de prêteur) ; le préteur était le plus haut magistrat civil à Rome à l'époque de la République.

– Alfred Jarry : Le père Ubu traducteur

Omnis a deo scientia, ce qui veut dire : Omnis, toute ; a Deo, science ; scientia, vient de Dieu. (Ubu Roi, Jarry 1962 : 120)

– Alfred Jarry : dialogue entre le père Ubu et sa Conscience

P.U. : – J'ai bien profité de mes premières études au séminaire de Saint-Sulpice.
CON. : – … Où vous traduisiez Ego sum Petrus "Les gosses ont pé…"
P.U. : – Silence. Maintenant à présent on n'ose même plus souffler quand je traduis citrus par citron ; et si on se permet de trouver que cela n'est pas suffisant, je n'hésiterai pas, sachez-le, à le traduire par citrouille, cornegidouille !
    (Almanach illustré du père Ubu, Jarry 1962 : 410-411)

– Hergé : Dupont latiniste et Dupond traducteur

dupont

Dupont. – Car, ne l'oublions pas : "Hic fecit qui prodest" !…
Dupond. – Oui ! Hic ! fait celui qui proteste !
Dupont. – Mais non !… C'est du latin !… C'était la devise du commissaire de police de la Rome antique et ça signifie… euh… ça signifie… à peu près… "Cherche à qui le crime profite" !…

L'or noir, publié dans Le Petit Vingtième en 1939-1940, 6e page. Les mêmes propos sont repris, à quelques différences graphiques près, dans la version publiée en 1948 dans le journal Tintin : "Hic fait celui qui proteste !" y est-il écrit. Ils ne figurent pas dans les deux versions des albums publiés respectivement en 1950 et en 1971.
    http://www.bellier.org/ornoir%20petit%20vingtieme/vue6.htm, consulté le 2018-12-09
    http://www.bellier.org/or%20noir%201948/vue3.htm, consulté le 2018-12-09
(liens caducs au 2019-06-07)

La devise citée par Dupont a son origine dans une réplique de Médée dans la tragédie du même nom de Lucius Annaeus Seneca (Sénèque, 1er s. de notre ère) :

Jason. – Objicere crimen quod potes tandem mihi ?
Medea. – Quodcumque feci. Jason. – Restat hoc unum insuper,
Tuis ut etiam sceleribus fiam nocens.
Medea. – Tua illa, tua sunt illa : cui prodest scelus,
Is fecit

Jas. De quel crime peux-tu m'accuser ?
Méd. Tous ceux que j'ai commis.
Jas. Il ne te restait plus que de m'imputer tes forfaits.
Méd. Oui, ils sont les tiens. L'auteur du crime est celui qui en profite.
      (v. 497-501, Nisard 1866 : 125)

– Le verbe prodesse a deux actants : le sujet, au nominatif (scelus = crime), et un second actant au datif (cui = pronom relatif).

Dans des co-textes français, on trouve plusieurs variantes de cette devise :

Is fecit cui prodest. Fecit cui prodest, Hic fecit cui prodest. – A remarquer qu'aucune n'est une reprise de l'ordre originel.

Fecit qui prodest. – qui à la place de cui, comme dans la bouche de Dupont. La substitution de qui (nominatif latin) à cui dans des co-textes en français peut être motivée par la ressemblance graphique entre cui et qui, seul le second subsistant en ancien français. Dans des co-textes en allemand ou en anglais – cf. wer et who correspondant au qui français –, on ne trouve que cui prodest.

Le sens attribué actuellement à cette expression diffère sensiblement de ce que Médée veut dire. Pour Médée, le vrai criminel n'est pas celui qui commet l'acte criminel – c'est-à-dire elle-même –, mais celui qui en profite – son mari Jason. L'emploi actuel de cette expression repose au contraire sur le principe de l'identité entre l'auteur de l'acte criminel et le bénéficiaire de cet acte. Mais elle peut toucher aussi à la distinction entre l'exécutant d'un acte criminel et le commanditaire.

     – Merci à Philippe Cibois pour son aide décisive dans la recherche de la source de cette devise. JP


Réécriture d'expressions latines

A la différence des textes ci-dessus, il ne s'agit pas ici de productions volontaires…

in mediotas virtus

Le 5 mai 2015, Le Figaro révèle que François Bayrou et Alain Juppé, tous deux hommes politiques et anciens agrégés de lettres classiques, s'envoient parfois des SMS en latin. Le 7 mai, interrogé par Jean-Claude Bourdin sur BFMTV et RMC, Bayrou confirme :

ça nous arrive en matière de plaisanterie […] Simplement, ça peut nous faire rire, vous savez, dire en latin In medio stat virtus "C'est au centre que se trouve le courage" (les gens traduisent par "la vertu", non). Mais ça peut être aussi un clin d'œil dans les moments où cette idée est mise à mal.
    Transcription d'après la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=lxmO-qk43Xo bfmTV, consulté le 2015-10-15.

Cette citation se trouve dans les pages roses, avec la traduction "La vertu est au milieu" et cette précision : "C'est-à-dire également éloignée des extrêmes."

Sur la base d'une dépêche de l'AFP, plusieurs organes de presse (notamment RTL, France 3, Le Dauphiné, Le Point, Sud-Ouest) se font l'écho des propos de Bayrou et les rapportent ainsi :

Cela peut nous faire rire. Vous savez, dire en latin in mediotas virtus, c'est au centre que se trouve le courage -les gens traduisent par la vertu, non-, cela peut être aussi un clin d'oeil dans les moments où cette idée est mise à mal. [souligné par moi, JP]
    Source : http://www.sudouest.fr/2015/05/07/quand-francois-bayrou-et-alain-juppe-echangent-des-sms-en-latin-1914442-4344.php, consulté le 2015-10-15.

Belle transformation du latin "in medio stat virtus" en "in mediotas virtus", écrit par un journaliste et reproduit consciencieusement par d'autres…

Précision : la citation correcte se trouvait dans d'autres organes de presse, notamment Libération, Le Journal du Dimanche, L'Obs. Sites de presse consultés le 2015-10-15.

urbi et torbi

L'expression d'origine latine urbi et orbi (= à la ville et au monde > partout) a été transformée à Pâques 2015 en "urbi et torbi" sur un bandeau de la chaîne iTélé : "Bénédiction "urbi et torbi" du pape François". Forme également employée consciencieusement par Bertrand Pancher, député "Les Républicains" de la Meuse, sur son blog le 6 avril 2015 : "Lors de sa bénédiction « Urbi et Torbi » il [= le pape] a aussi rappelé nos responsabilités […]". – Ledit député, réélu en 2017, est, d'après son site, diplômé de l'enseignement supérieur (bac + 4).
    Source : http://www.bertrandpancher.fr/le-billet-de-la-semaine-du-6-avril-2015, consulté le 2018-12-10.

voirurbi et orbi

Hic fecit qui prodest

– voir plus haut.


Hors classe – Alphonse Allais : Réponse à monsieur Ousquémont-Hyatt, à Gand (Allais 1895 : 197-198)

  Car le vélo, cher monsieur, n’est pas d’invention aussi récente que vous semblez le croire.
  Des morceaux de silex me tombèrent sous la main dernièrement qui sont les fragments de vélocipèdes préhistoriques.
  Sans remonter si haut, le tandem, ce fameux tandem dont vous faites votre Dieu, était une machine courante (courante est le mot) à l’époque de la vieille Rome.
  Une des marques les plus appréciées alors était le Quousque tandem dont se servait, à l’exclusion de tout autre, l’équipe des frères Catilina.
  Quand Cicéron (voyez la première Catilinaire) avait parlé du Quousque tandem aux Catilina, il avait tout dit.
  Et il ajoutait, ce Marcus Tullius, abutere patienta nostra, ce qui signifiait : Est-ce que l’équipe des frères Catilina ne nous fichera pas bientôt la paix avec leur dangereux Quousque tandem ?
  Allusion transparente au recordium Roma-Tusculum établi, la veille, par les frères Catilina, recordium fertile en accidents de toute sorte : écrasement d’un puer en train d’abiger muscas, le cheval effrayé d’un vieux magister equitum, fraîchement débarqué des guerres puniques, etc., etc.
  (De ces frères Catilina, l’histoire a conservé le nom d’un seul, Lucien, que les courtisanes appelaient familièrement Lulu.)
  Cicéron, d’ailleurs, se couvrit de ridicule dans cette affaire. Il y mêla des noms qui n’avaient rien à y voir. O Tempora ! O Mores !
  Le marquis de Morès — est-il nécessaire de l’ajouter ? — ne connaissait même pas Catilina de vue.
  Le plus comique, c’est que Cicéron invectivait ainsi le Quousque tandem des frères Catilina… en hémicycle, lequel, ainsi que l’indique son nom, était une sorte de vélocipède composé de la moitié d’une roue. (Comme ça devait être commode de rouler là-dessus !)

– La première Catilinaire – discours prononcé par Cicéron contre Catilina en 63 avant notre ère – débute ainsi : "Quousque tandem, Catilina, abutere patentia nostra ? […] O tempora ! o mores !". (Jusqu'à quand, Catilina, abuseras-tu de notre patience ? […] O temps ! ô mœurs !). – recordium : < latin médiéval recordor = se rappeler. – Tusculum : ville de la province de Roma. – puer = enfant. – abiger : < abigere = chasser. – muscas = mouche (accusatif pluriel). – magister equitum = maître de cavalerie. – Lucien : Lucius Sergius Catilina. – marquis de Morès : personnage authentique qui fit parler de lui à la fin du XIXe siècle.


Références bibliographiques

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© Jacques Poitou 2019.