Jacques Poitou
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Transcription de l'oral


Alphabet phonétique international

L'alphabet phonétique international (API, IPA en anglais – International Phonetic Alphabet) est né dans le cadre de la didactique des langues étrangères : il a été créé en 1886 par une association de professeurs de langues (Association Phonétique internationale). Régulièrement révisé, sa dernière mouture date de 2005. L'objectif est clair : transcrire dans un même code de signes la prononciation de langues diverses (et de plus en plus diverses au fur et à mesure de l'élargissement des recherches et des connaissances).

voirForme phonique

Il comprend des signes pour la représentation des voyelles et des consonnes, des tons, des accents et des ruptures mélodiques et un ensemble de signes diacritiques nécessaires pour la représentation de certaines particularités des sons (aspiration, arrondissement, valeur syllabique, etc.).

– Voir la liste des signes de l'API sur le site de l'International Phonetic Association (IPA) :
http://www.langsci.ucl.ac.uk/ipa/IPA_chart_(C)2005.pdf.

– Ecouter la prononciation des sons (consonnes et voyelles) représentés dans l'API sur le site de l'université de Victoria (Canada) :
http://web.uvic.ca/ling/resources/phonlab/ipatut/.

Vu les évolutions qu'a connues cet alphabet, on trouve souvent pour un même mot des transcriptions différentes dans des ouvrages différents. A ceci s'ajoute le fait qu'en fonction de leurs besoins spécifiques, les transcripteurs ne recourent pas toujours à tous les détails du système de transcription – assez complexe parce que précis. Il y a aussi des usages conventionnels. Ainsi, le <r> du français (<roule>) ou de l'anglais (<rule>) est souvent transcrit [r], alors qu'il correspond dans les deux langues à des sons très différents (rien qu'en français, il peut donner lieu à des réalisations très différentes)... mais leur transcription nécessite des caractères spéciaux... et est aussi, de ce fait, moins immédiatement lisible. – Ecrire avec l'alphabet phonétique n'est jamais une fin en soi, mais un moyen pour indiquer les faits phoniques pertinents (souvent dans le cas de discordances avec la représentation graphique standard).


Utilisation de l'alphabet phonétique sur ordinateur : Unicode

voirPrincipes d'Unicode

Le standard Unicode a étédéveloppé comme système unique de codage pour transcrire les différentes langues du monde. Voir à ce sujet, sur ce site, la page Traitement des écritures sur ordinateur.

Les signes phonétiques spécifiques sont contenus dans plusieurs blocs, dont le principal est "IPA Extensions" (codes 0250 à 02AF). Indispensables aussi : les signes diacritiques (codes 0300-036F).

– Les blocs correspondants peuvent être téléchargés sur le site d'Unicode à partir de :
http://www.unicode.org/charts/.

– La page http://www.phon.ucl.ac.uk/home/wells/ipa-unicode.htm fournit aussi une liste des signes phonétiques avec leurs codes décimal et hexadécimal.

Le fait qu'il s'agisse d'un standard unique pour tous les signes des écritures connues a un avantage décisif : pour un code donné, on obtient le même signe quelle que soit la police utilisée. De nombreuses polices installées actuellement sur les ordinateurs permettent d'obtenir une grande partie des signes de l'alphabet phonétique. Il existe aussi des polices spécifiques dédiées à l'alphabet phonétique. La plus complète semble être Doulos SIL, en téléchargement libre et gratuit :

http://scripts.sil.org/cms/scripts/page.php?site_id=nrsi&item_id=DoulosSIL_download#FontsDownload

N.B. Comme les logiciels et les standards Unicode, les polices évoluent. Il est prudent de vérifier que l'on dispose des dernières versions.

Pour saisir les caractères phonétiques non disponibles à partir du clavier standard, on peut soit recourir à une palette de caractères, soit saisir le code de chaque caractère – à condition de le connaître ! Ces deux solutions ne sont pas vraiment rapides. La plus rapide est d'utiliser une configuration de clavier spécifique (keyboard layout), ce qui implique de la créer, de la configurer à son goût, de l'installer et de la sélectionner. Une fois cela fait, la saisie des caractères phonétiques est aisée. La modification d'une configuration de clavier se fait avec un logiciel spécifique (différent selon le système d'exploitation).


Transcription de l'oral spontané

La transcription de l'oral spontané autrement que par l'écriture (avec les transformations que cela implique) répond exclusivement à des objectifs d'analyse scientifique. Aussi est-elle conditionnée par les objectifs spécifiques que le chercheur se fixe. D'où différents systèmes de transcription et une attention variable portée aux différents aspects spécifiques de l'oral.

voirCaractéristiques de l'oral

En ce qui concerne les réalisations segmentales elles-mêmes, le transcripteur a le choix entre une transcription en API et en orthographe standard. La première peut être plus précise, mais a) elle peut dans certains cas être difficile à établir (difficulté, p. ex., de trancher entre [e] et [E] pour certaines réalisations (C'est difficile), b) elle est plus longue à écrire et à lire que la seconde et surtout c) elle n'est pas nécessairement utile en fonction des objectifs de l'analyse linguistique. Une transcription orthographique pose aussi quelques problèmes et doit parfois être précisée (segments non réalisés p.ex. "I(l) faut pas êt(re) difficile.")

En revanche, d'autres phénomènes non transcrits dans l'écrit standard peuvent (et souvent doivent) être l'objet d'un marquage spécifique :

– les séquences incompréhensibles ;
– les hésitations, les reprises, les corrections (un logiciel qui soit plus [plys] plus [plys] plus [ply] convivial) ;
– la prosodie (qui peut être marquée avec les signes de l'API, mais nécessite parfois plus de précision) – accentuation et intonation ;
– la longueur des pauses, très variable ;
– dans les dialogues, les chevauchements.

Les conventions de transcription n'ont pas encore été l'objet d'une standardisation comme l'a été la réalisation phonétique.


© Jacques Poitou 2018.