Berlin de Berlin à Berlin (1969-2014)
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26 juin 1963 : Kennedy à Berlin. "Ish been ein Bearleener."


9 h 45.
Le président des Etats-Unis d'Amérique, J.F. Kennedy, atterrit à l'aéroport de Tegel, il se rend aussitôt à la Kongresshalle, où il reçoit le syndicat du bâtiment. Tout au long des kilomètres qu'il parcourt à Berlin, il est ovationné par des dizaines de milliers de Berlinois massés sur son passage.

 

11 h 35.
Kennedy arrive à la porte de Brandebourg. Les autorités est-allemandes y ont placé des tentures rouges qui l'empêchent de voir ce qui se passe à l'Est. Il peut ainsi concentrer son attention sur le panneau placé spécialement pour lui devant la porte, en anglais :

"Dans les accords de Yalta et de Potsdam, les présidents américains Roosevelt et Truman ont signé qu'il fallait :
– éliminer le militarisme allemand et le nazisme
– arrêter les criminels de guerre et les punir
– empêcher la renaissance du militarisme allemand
– garantir que l'Allemagne ne menace plus jamais ses voisins ou la paix mondiale
Ces exigences ont été satisfaites en République démocratique allemande.
Quand seront-elles satisfaites en Allemagne de l'Ouest et à Berlin-Ouest, monsieur le président ?"

jfk

12 h 05.
Visite à Check Point Charlie.

jfk

12 h 50.
Point culminant du voyage : Kennedy arrive à la mairie de Schöneberg où l'attend une foule compacte de dizaines et de dizaines de milliers de personnes massées sur la Rudolph--Wilde-Platz. "Ken-ne-dy Ken-ne-dy", scande la foule. Brève allocution, au cours de laquelle il prononce sa phrase célèbre : "Ish bin ein Bearleener." Extrait du discours (mp3)


Notes de Kennedy pour une prononciation correcte de la célèbre phrase.

jfk

15 h 30.
Kennedy va à la fac – l'université libre de Berlin –, où il est fait docteur honoris causa (vite fait bien fait).

Visite au quartier général américain pour dire bonjour à ses troupes.

 
17 h.
Retour à Tegel. Départ.
 

Cette journée rassure les Berlinois de l'Ouest sur l'engagement américain en faveur de leur ville, et elle restera gravée dans les mémoires de tous les présents. Dix ans plus tard, les kiosques de souvenirs proposaient toujours des diapositives et des cartes postales de l'événement.

Mais à peine quatre mois plus tard, le 22 novembre, Kennedy est assassiné. Dans la soirée, les gens se rassemblent en une veillée funéraire sur la place devant la mairie où il avait prononcé son discours. Et le 25, lors d'une cérémonie solennelle, la place est rebaptisée John.-F.-Kennedy-Platz, du nom du "grand ami" des Berlinois. Une plaque à la mémoire de Kennedy est apposée sur la mairie de Schöneberg.


Pendant ce temps, à l'Est...

Le 27 juin, l'organe du Parti, Neues Deutschland, titre en une "Demain Khrouchtchev vient à Berlin". Et le journal appelle les Berlinois à se masser sur le parcours du "dirigeant du peuple des cosmonautes"(*), de l'aéroport de Schönefeld jusqu'à sa résidence dans l'arrondissement de Pankow.

On prête à Khrouchtchev une phrase qu'il aurait prononcée lors de sa visite à la porte de Brandebourg : "Ich liebe die Mauer." (J'aime le mur). Mais il est bien possible que ce ne soit qu'une invention.

(*) On est en pleine rivalité américano-soviétique pour la conquête de l'espace et l'URSS a, pour l'instant, une longueur d'avance sur les USA.

 

Ci-contre, dessin figurant à la une de Neues Deutschland, 27 juin 1963.

nikita

– Le site du Musée historique allemande présente de nombreux documents sur la visite de Kennedy, tous exposés en 2003 – à l'occasion du 40e anniversaire (http://www.dhm.de/ausstellungen/kennedy/berlinbesuch/Inszenierung/voraussetzungen.htm, consulté le 1er octobre 2006).

Sources. – Photos de Robert Knudson et discours de Kennedy : http://www.jfklibrary.org. – Neues Deutschland : facsimilé sur le site de la ZLB.

© Jacques Poitou 2016.